Créer des conditions favorables aux investisseurs dans l'agriculture

En 30 années de Renouveau, l'agriculture a toujours été l’une des premières priorités du gouvernement en termes de développement socioéconomique national. Néanmoins, selon le ministère de l'Agriculture et du Développement rural, le nombre d’investisseurs vietnamiens et étrangers s’intéressant au secteur agricole est toujours modeste.
En 30 années deRenouveau, l'agriculture a toujours été l’une des premières priorités dugouvernement en termes de développement socioéconomique national.Néanmoins, selon le ministère de l'Agriculture et du Développementrural, le nombre d’investisseurs vietnamiens et étrangers s’intéressantau secteur agricole est toujours modeste.

De fait, lesecteur agricole doit s'efforcer de se renouveler et de s'adapter à lasituation actuelle. En outre, c'est la bonne période pour lesentreprises de placer leurs capitaux dans ce dernier secteur qui recèlepleins de potentiels.

S’agissant d’investissement dans lesecteur agricole, le ministre de l'Agriculture et du Développement rural(MADR), Cao Duc Phat, a indiqué que depuis ces dernières années, denombreuses politiques d’incitation ont été prises pour ce secteur.Toutefois, beaucoup d’entre eux craignent les risques inhérents àl'agriculture comme les catastrophes naturelles, les épidémies,l’instabilité du marché domestique comme international…

D’autresproblèmes sont récurrents, notamment en termes de foncier, sauf pourl’élevage, car le pays ne possède que peu de terres agricoles à louer,ce qui oblige les investisseurs à louer à des agriculteurs afin depouvoir disposer de superficies suffisantes pour assurer un certainvolume de production, en particulier de matières premières...L’investissement dans le segment de la transformation est égalementproblématique compte tenu de la variabilité constante des volumes deproduction entre agriculteurs, voire dans le temps pour un mêmeagriculteur.

Le Docteur Dang Kim Son, directeur de l'Institutdes politiques et stratégies de l'agriculture et du développement rural(MADR), explique que le Vietnam compte 10 millions d’entreprisesfamiliales agricoles qui possèdent en moyenne 0,65 hectares de terresmorcelées en petites parcelles. La conséquence directe estl’impossibilité d’employer des méthodes agricoles modernes. Si lesentreprises coopèrent avec ces agriculteurs, le coût de revient desproduits est trop élevé et, inversement, les agriculteurs ne peuventnégocier seuls un contrat avec ces entreprises, du fait de leurvaleur...

Manque d’infrastructures

En outre,toujours selon le Docteur Dang Kim Son, les infrastructures du Vietnamdemeurent modestes, et plus encore en zone rurale. Leur insuffisance estévidente dans certaines régions de production comme le delta du Mékonget la zone montagneuse de l'Ouest.

Les plus grandsproducteurs agricoles travaillant pour l’export souffrentparticulièrement du manque d’infrastructures, notamment de voies ferréesou de grands axes de transport, sans compter que l’expédition de leursproduits ne peut guère être réalisée que dans les très grands portscomme ceux de Hô Chi Minh-Ville, avec, à la clé une perte decompétitivité en termes de prix comme de qualité. Enfin, les assurancesagricoles n’en sont encore qu’à une phase expérimentale, alors que lesrisques naturels sont élevés.

Selon le MADR, les investissementsréalisés dans ce secteur par des entreprises étrangères ne représententque 3% de l’investissement étranger au Vietnam, et encore, ces troisdernières années, ils sont au plus bas. Par ailleurs, la proportiond’investisseurs issus de zones rurale est très faible également.

Mêmeles acteurs économiques qui connaissent le succès dans la productionagricole, comme le groupe multisectoriel Vingroup, rencontrent desdifficultés. Selon Thai Hông Xuân Nguyêt, directrice du Centre derecherche en application des technologies et sur la qualité des produitsagricoles, Vingroup s’intéresse à l'agriculture pour approvisionner enaliments les chaînes d'hôtels et les distributeurs. Mais il a du mal àtrouver les informations nécessaires pour élaborer des projets. Unesituation qui a conduit Thai Hông Xuân Nguyêt à proposer la créationd’une base de données sur le foncier, la production agricole, lesproduits, les débouchés à l'export...

Dans l’aquaculture, Lê VanQuang, président exécutif de compagnie par action de produits aquicolesMinh Phu, indique aussi que cette dernière est confrontée à beaucoup dedifficultés en raison d’une industrie auxiliaire dans la transformationde fruits de mer qui est insuffisante. "Pour la transformation de nosproduits, nous avons dû importer de Thaïlande les emballages, lescondiments, etc., avec des formalités d'import d’une durée de 15 à 22jours, à supposer que l’opération ne soit irréalisable pour une raisonou une autre. Nous ne pouvons que très difficilement créer de produitsde haute valeur ajoutée", explique-t-il.

Créer un groupe de promotion de l’investissement

LeDocteur Dang Kim Son a indiqué que ce faible attrait du secteuragricole n’est pas très normal, mais aussi potentiellement dangereux :si l’agriculture ne peut attirer l’investissement, il lui sera nonseulement impossible d’exploiter tous ses potentiels, mais en outre,elle ne pourra bénéficier du dynamisme des entreprises au profit de sarestructuration. En effet, les entreprises n’apportent pas que descapitaux, mais aussi des technologies, des modèles, des techniques decommercialisation...

Afin d’inciter les investisseurs às’engager davantage dans ce secteur, le MADR a créé un groupe depromotion de l'agriculture sous forme de partenariat public-privé.Composé d’administrations, d’organismes publics et d’une vingtaine degrandes entreprises, ils "avanceront des propositions et des mesures envue d’attirer plus de capitaux comme de nouvelles technologies dansl’agriculture», a affirmé le docteur Dang Kim Son.

Le ministreCao Duc Phat a également indiqué que le gouvernement prépareactuellement un projet et des décisions de simplification des politiqueset d’application de la Stratégie nationale pour l’agriculture afin queles investisseurs vietnamiens comme étrangers soient plus confiants.Au-delà des intérêts économiques, l’aspect social est essentielégalement : les agriculteurs pourront, à travers l’apprentissage denouvelles technologies agricoles et la découverte de nouveaux modèleséconomiques, s’adapter puis animer une agriculture vietnamienne moderne.-CVN/VNA

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