Infrastructures routières : le financement au cœur des débats

Construction d'infrastructures routières : le financement au cœur des débats

Mécanismes et politiques d'encouragement spéciaux seront nécessaires pour la construction d'autoroutes, afin d'aider les localités défavorisées et montagneuses à bénéficier des retombées socio-économiques.
Hanoi (VNA) – Mécanismes et politiques d'encouragement spéciaux seront nécessaires pour la construction d'autoroutes, afin d'aider les localités défavorisées et montagneuses à bénéficier des retombées socio-économiques.
Construction d'infrastructures routières : le financement au cœur des débats ảnh 1L’autoroute Ha Long-Hai Phong (Nord) est la première à être financée et mise en œuvre par une localité en utilisant le budget provincial et des capitaux mobilisés à partir du modèle de PPP. Photo : VNA

Trân Chung, président de l’Association vietnamienne des investisseurs dans les infrastructures routières (VARSI), a déclaré que la politique du gouvernement consistant à décentraliser le pouvoir vers les localités pour construire des autoroutes s’avérait pertinente.

Dans le cadre des objectifs du gouvernement en matière d’infrastructures routières, la construction de 5.000 km d’au-toroutes doit être achevée d’ici 2030.
Ces 20 dernières années, seule-ment 1.200 km d’autoroutes ont été construits, ce qui signifie que 3.800 km doivent être achevés ces les 10 prochaines années pour atteindre cet objectif.

Situations locales contrastées

Pour ce faire, le budget de l’État ne pouvant couvrir qu’une partie des besoins financiers, les localités devront mobiliser des ressources, notamment sur le modèle du partenariat public-privé (PPP).
"La construction d’une l’autoroute apporte des avantages socio-économiques aux localités et la décentralisation des opérations améliorera le processus de construction mais aussi de contrôle", a souligné M. Chung. "Plus tôt l’autoroute sera construite, plus la localité en bénéficiera. C’est pourquoi il est aujourd’hui nécessaire d’adopter des mesures incitatives. Sans cela, de nombreuses localités hésiteront à se lancer dans de tels projets", a-t-il ajouté.

Il est vrai que, selon les réalités géographique et économique des provinces, la situation peut etre différente. Bùi Van Khanh, président du Comité populaire de la province de Hòa Bình, a déclaré par exemple que Hòa Bình était une zone montagneuse et qu’il était ainsi compliqué de construire un large réseau de routes. En conséquence, il sera vraisemblablement difficile pour la province d’attirer des investissements pour des projets d’une telle envergure.

Selon Bùi Van Khanh, "les villes et provinces du delta du fleuve Rouge ont des conditions de circulation favorables avec un grand nombre de véhicules, il sera donc plus facile de mobiliser des ressources financières pour construire des autoroutes. Il devrait y avoir une politique spéciale pour la région Nord-Ouest", a-t-il demandé.

Le président du Comité populaire de la province de Cao Bang, Hoàng Xuân Anh, va dans le même sens, affirmant que les projets de construction ne pourront être mis en œuvre avec succès qu’avec un grand soutien financier de l’État. Il a cité en exemple l’autoroute Dông Dăng-Trà Linh. Outre le soutien financier, le projet a été soutenu techniquement par des experts du ministère des Transports.

À la recherche de fonds

Selon un rapport dudit ministère, le Vietnam exploite actuellement 1.046 km d’autoroutes et devrait en achever 916 km supplémentaires d’ici 2023. Le ministère s’efforcera de porter la longueur totale des autoroutes à 2.079 km d’ici 2025, 5.000 km d’ici 2030 et plus de 9.000 km d’ici 2050. Pour l’objectif de 5.000 km à atteindre, un projet de plan précis de réseau pour la période 2021-2030 envisage la réalisation d’un grand nombre de nouveaux tronçons.
Construction d'infrastructures routières : le financement au cœur des débats ảnh 2L'autoroute Nôi Bài - Lào Cai (Nord) contribue au développement socio-économique du Nord-Ouest. Photo : VNA

Concernant la planification, le ministère s’attend à ce que des conditions de transport favorables assouplissent progressivement les distances géographiques entre les régions, réduisant ainsi les temps de déplacement et accélérant l’urbanisation dans les zones défavorisées. Le ministère a calculé qu’environ 350,93 billions de dôngs, dont 219,52 billions provenant du budget de l’État seront nécessaires pour la période 2021-2025. Les chiffres pour 2026-2030 seront d’environ 395,67 billions et 209,16 billions de dôngs, respectivement.

Pour mobiliser une telle somme, le ministère des Transports a proposé au gouvernement d’utiliser entre 3,5% et 4,5% du Produit intérieur brut (PIB) annuel du pays pour le développement des infrastructures de transport, avec des priorités données aux projets de PPP qui sont attrayants pour les investisseurs et apportent beaucoup en termes socio-économiques aux zones défavorisées.

PPP, un mécanisme indispensable

Selon des experts, le mécanisme de financement suivant le modèle de PPP s’avère indispensable pour attirer les investisseurs dans les grands projets d’infrastructure de transport.

Le ministère des Transports a ainsi déclaré qu’il était nécessaire de développer un mécanisme apportant aussi bien des avantages pour le gouvernement, les investisseurs et les utilisateurs. Le but étant de créer des conditions favorables et de confiance pour attirer les investisseurs et les établissements de crédit dans les projets PPP.

D’après Vu Tiên Lôc, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam, trois sujets prioritaires doivent être abordés concernant les projets PPP : garantir l’équité entre les entreprises de l’État et les investisseurs ; trouver des solutions pour faire face aux changements de mécanismes et de politiques qui pourraient affecter les projets de PPP ; faire en sorte d’arriver à un meilleur partage des risques entre les organes de l’État et les investisseurs.

Le ministère des Transports a également suggéré que le gouvernement continue d’attirer et d’utiliser efficacement l’aide publique au développement (APD) et les prêts préférentiels des bailleurs de fonds internationaux. En conséquence de ces discussions, le gouvernement devrait former rapidement des paquets de crédit pour soutenir les projets de PPP et inclure les projets routiers parmi ceux qui ont droit à un crédit préférentiel tel que réglementé dans le décret gouvernemental No32/2017.

En outre, le gouvernement devrait également promouvoir une forte décentralisation vers les localités pour gérer les investissements dans les infrastructures de transport. Le capital de l’État pour un projet provenant des budgets central et local n’inclut pas les coûts de déblaiement du site et de réinstallation, et ne pourra pas dépasser 50% de l’investissement total.

Le Premier ministre Pham Minh Chinh a demandé à ce ministère de recueillir les avis des autres ministères et des parties prenantes, et de rendre compte prochainement d’un plan précis au gouvernement. – CVN/VNA

Voir plus

La parc industriel de Châu Duc, à Hô Chi Minh-Ville. Photo: VNA

IDE : le choix de la qualité pour Hô Chi Minh-Ville

Au-delà des chiffres, la structure des IDE connaît une mutation profonde. Délaissant les secteurs à forte intensité de main-d'œuvre, les capitaux étrangers s'orientent désormais vers la haute technologie, l'intelligence artificielle (IA), les centres de données, la logistique et les services à forte valeur ajoutée.

Les autorités municipales félicitent l'Union des associations scientifiques et technologiques de Da Nang à l'occasion de la Journée vietnamienne de la science et de la technologie (18 mai). Photo : VNA

Da Nang place les ressources humaines au centre de sa stratégie numérique

À la suite d’une restructuration administrative et d’un réaménagement territorial, Da Nang entre dans une nouvelle phase de développement. Les autorités locales ambitionnent de porter la part de l’économie numérique à 35-40 % du PIB régional d’ici la fin de la décennie, soit un niveau nettement supérieur à la moyenne nationale.

Récolte de crevettes à Ca Mau. Photo : VNA

Le Vietnam mise sur la montée en gamme de sa filière crevettière

Le Vietnam ne peut rivaliser ni avec l’Équateur sur les coûts ni avec l’Inde sur les volumes. La stratégie la plus pertinente consiste donc à abandonner la course aux bas prix et aux volumes massifs afin de se concentrer sur la qualité, l’innovation et l’intégration technologique.

La station-service Tran Phu, dans le quartier de Nghia Lo, province de Quang Ngai, distribue de l’essence E10 aux clients. Photo: VNA

Le Vietnam généralisera l’essence E10 à partir du 1er juin

Le Vietnam franchira une nouvelle étape dans sa transition énergétique avec la généralisation de l’essence biologique E10 à partir du 1er juin 2026. Cette mesure vise à réduire les émissions polluantes, diminuer la dépendance aux énergies fossiles et encourager l’utilisation de carburants plus respectueux de l’environnement.

Pham Thi Minh Huong, membre du Comité permanent de l’Union générale des Vietnamiens du Laos et vice-présidente de l’Association des entrepreneurs vietnamiens à l’étranger (BAOOV), répond à une interview de l'Agence vietnamienne d'information. Photo: VNA

La diaspora salue les avancées de la Résolution 68 sur l’économie privée

Grâce à la détermination réformatrice de l’État et au dynamisme du secteur privé, la Résolution 68 continuerait de produire des résultats positifs, devenant un moteur important du développement innovant de l’économie privée vietnamienne et contribuant à la réalisation des deux objectifs stratégiques centenaires du pays.

Confection de vêtements destinés à l'exportation vers le marché de l'Union européenne chez TDT Garment Company à Thai Nguyen. Photo : VNA

Le textile-habillement vietnamien attire les flux d’IDE de haute technologie

Porté par une croissance soutenue des exportations et l’objectif d’atteindre 50 milliards de dollars d’exportations en 2026, le secteur vietnamien du textile-habillement confirme sa place parmi les trois premiers exportateurs mondiaux. Le Vietnam devient progressivement une destination stratégique pour les investissements étrangers orientés vers les technologies avancées, l’automatisation et la production verte.

Rodolfo Cáffaro Kramer, président de la Chambre de commerce MERCOSUR-ASEAN (MACC). Photo : VNA

Un expert argentin optimiste sur un accord commercial MERCOSUR - Vietnam

Selon Rodolfo Cáffaro Kramer, président de la Chambre de commerce MERCOSUR-ASEAN (MACC), les perspectives de négociation d'un accord commercial préférentiel (PTA) entre le Vietnam et le Marché commun du Sud (MERCOSUR), ainsi que les perspectives de coopération future entre l'Argentine et le Vietnam, sont jugées très prometteuses.

Parc éolien de la centrale éolienne de Duyên Hai, dans le quartier de Truong Long Hoa, province de Vinh Long (Sud). Photo : VNA

L’énergie, pilier essentiel des ambitions de croissance verte à deux chiffres du Vietnam

La demande énergétique du Vietnam continuera d’augmenter fortement, exerçant une pression considérable sur les investissements dans la production d’électricité. Selon Petrovietnam, pour maintenir une croissance du PIB d’environ 10%, la demande d’électricité devrait croître de 12 à 15% par an, nécessitant une capacité supplémentaire de 7.000 à 8.000 MW chaque année.

Collecte de lait dans une ferme laitière de la Compagnie générale par actions du lait du Vietnam (Vinamilk). Photo: VNA

L’autonomie des matières premières, levier stratégique pour un développement durable de la filière laitière vietnamienne

Plusieurs grands groupes ont choisi d’investir dans l’autonomie des approvisionnements et le développement du lait frais local. Vinamilk a ainsi développé un réseau de fermes écologiques répondant aux standards internationaux afin de sécuriser l’approvisionnement en lait cru de haute qualité et s’affirmer avec confiance sur les marchés internationaux.

Vue de la zone où est mis en œuvre le projet global d'investissement et de construction du port à conteneurs de Lien Chieu. Photo: VNA

Renforcer la position du Vietnam dans les chaînes d’approvisionnement mondiales

Face à la reconfiguration rapide des chaînes d’approvisionnement mondiales, le Vietnam mise sur la modernisation de son secteur logistique pour renforcer sa compétitivité. Entre transition numérique, logistique verte et développement de grands centres régionaux, le pays ambitionne de devenir un maillon stratégique des échanges et de la production en Asie du Sud-Est.