«Communiquer - Raccourcir les distances»

Le centre «Force vive» a ouvert un cours de technique de tournage de film, et ce dans le cadre d’un projet intitulé “Communiquer - Raccourcir les distances”.

Hanoï (VNA) - C’est le désir d'intégrer les personnes handicapées à la société et de susciter des vocations artistiques auprès de la jeune génération qui a poussé le centre «Force vive» à ouvrir un cours de technique de tournage de film, et ce dans le cadre d’un projet intitulé “Communiquer - Raccourcir les distances”.

«Communiquer - Raccourcir les distances» ảnh 1Une image dans le film «Me va Be». Photo: VOV

Le film «Me va Be» - la mère et son enfant, en français - raconte le quotidien d'une mère handicapée, qui ne mesure qu’un mètre trente alors que sa fille dépasse déjà un mètre. Pour une femme, la maternité est un accomplissement, mais pour celle-ci, elle est source d’angoisse. «Comment vais-je pouvoir nourrir mon enfant, compte tenu de mon handicap?», semble-t-elle nous dire, en substance. Et le film déroule ainsi le fil d’une relation mère-fille souvent très émouvante à force d’être atypique.   

«Communiquer - Raccourcir les distances» ảnh 2Photo: Sai Gon Tiep Thi

Ce film ​a été projeté au siège du bureau de l’ONU à Hanoï, avec trois autres, à savoir «Comment vas-tu aujourd'hui?», «Réveille-toi», et «Expérience en fauteuil roulant». Tous ces films font partie du projet «Communiquer - Raccourcir les distances», un projet lancé à l’initiative du centre «Force vive» et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Nguyen Thi Van souffre de malformations dues à l’agent orange. C’est elle qui dirige le centre «Force vive».   

«Ce n’est pas tout le monde qui peut partager des expériences de vie», estime-t-elle. «Quand on est handicapé, on se sent souvent inférieur, et ce n’est pas le fait d’avoir quelqu’un qui parle à sa place qui arrange forcément la situation. Un handicapé ressent toujours les choses de manière très différente et croyez-moi, il vaut mieux laisser la parole se libérer, sans chercher à faire écran, fût-ce avec la meilleure volonté du monde…»     

«Communiquer - Raccourcir les distances» ảnh 3Nguyen Van Hung, 29 ans, 1 mètre 20 et 19 kilos, est l'un des étudiants du cursus.

Lancé en mai 2017, le projet a rassemblé 15 étudiants handicapés. Le but est de les aider à acquérir des notions de communication et à partir de là, de leur permettre d’exprimer leurs points de vue sur leur propre situation et sur la manière dont ils sont perçus en société. Nguyen Van Hung, 29 ans, 1 mètre 20 et 19 kilos, est l'un des étudiants en question. Pour lui, l’expérience a été comme un déclic.   

«Avant, beaucoup d’entre nous avaient des idées, mais étaient incapables de les mettre en forme, d’en faire quelque chose », confie-t-il.  «Ici, on a appris à filmer, à faire un scénario, à écrire un script… Alors on est à la fois réalisateur, cameraman et acteur, finalement… mais moi, ce qui me frappe le plus, c’est que j’ai appris à questionner les gens, à oser les questionner… Ça, c’est une chose que je ne savais pas faire, avant»

Après cinq mois de travail, quatre films sont donc sortis. La remise des diplômes qui vient d'avoir lieu a été l’occasion de saluer le courage dont ont fait preuve toutes les équipes de tournage. Quant aux films, ils apportent un nouveau regard sur les personnes handicapées, sur les difficultés qu’elles rencontrent au quotidien. Nguyen Thi Bich Hang est la mère de Mai Anh, l’une des jeunes handicapées participant au projet.  

«Les handicapés s'entraident et partagent beaucoup entre eux», constate-t-elle. «Ma fille arrive à exprimer ce qu'elle ressent profondément, mais jamais autant ni aussi bien que lorsqu’elle se retrouve avec d’autres jeunes handicapés. Maintenant, je la trouve plus ouverte, plus souriante… Et ça, c’est un vrai bonheur…»  

«Communiquer - Raccourcir les distances» ảnh 4Nguyen Thi Van (centre), la directrice du centre «Force vive»​. Photo: Baomoi

Pour Nguyen Thi Van, la directrice du centre «Force vive», cette formation est plus qu'une réussite.  

«Je suis contente, très contente du travail qui a été fait», se félicite-t-elle. «Beaucoup des participants m’ont dit qu’ils s’étaient découverts un talent caché. Et ça, c’est vraiment fantastique!...»    

Pour Akiko Fujii, la directrice adjointe du PNUD au Vietnam, chacun de ces films est une main tendue à la société toute entière. Tout un programme… -VOV/VNA

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