Collection des égrugeoirs en pierre, une passion envoûtante

Si la passion pour la collection des voitures luxueuses ou des motos de grosses cylindrées est un hobby en vogue, dans la ville balnéaire de Nha Trang (Centre), un homme a un passe-temps complètement diffé
Collection des égrugeoirs en pierre, une passion envoûtante ảnh 1La porte d’entrée du "Village des anciens mortiers". 

Hanoï (VNA) - Si la passion pour la collection des voitures luxueuses ou des motos de grosses cylindrées est un hobby en vogue, dans la ville balnéaire de Nha Trang (Centre), un homme a un passe-temps complètement différent: les égrugeoirs en pierre.

Âgé de 44 ans, Huynh Huu Lôc a collectionné, ces dix dernières années, des milliers d’égrugeoirs. Il en possède actuellement plus de 5.200, de toutes sortes. Un record au Vietnam.

Auparavant, les mortiers en pierre étaient un outil caractéristique et essentiel dans la vie quotidienne de chaque famille rurale vietnamienne. Ils étaient rattachés à de nombreuses activités de leur quotidien comme le décorticage du paddy, du maïs ou le pilonnage du riz.

"Il y en a deux sortes: l’une pour décortiquer et l’autre pour pilonner, explique-t-il. Le poids d’un objet varie entre 20 et 100 kg et il en existe plusieurs dimensions".

Comme un archéologue

À l’âge de 20 ans, Huu Lôc est entré en possession de son premier égrugeoir, qui lui a été offert par sa grand-mère. Le deuxième, il l’a obtenu en 2008. "À ce moment-là, lors d’un voyage dans le district de Tây Son, province centrale de Binh Dinh, je l’ai acheté après avoir vu ce mortier jeté dans un jardin. C’est aujourd’hui la plus belle pièce de ma collection", se souvient-il.

Huynh Huu Lôc dispose maintenant de nombreux égrugeoirs dont un fabriqué en 1916. Cet objet appartenait à une famille Nguyên vivant dans la commune de Diên Son, district de Diên Khanh, province de Khanh Hoà (Centre). Transmis à travers cinq générations, il est le plus vieux de sa collection.

Pour acquérir tous ces mortiers durant cette dernière décennie, M. Lôc a dû se rendre dans différentes régions lointaines du pays, du Nord au Centre surtout.

"La plupart des égrugeoirs sont jetés dans les jardins, les haies de bambous ou les poulaillers puisqu’ils ne sont plus utilisés. Cependant, lorsque je demandais à les acheter, beaucoup de personnes ont refusé de me les vendre. D’après eux, ce sont de vieux objets hérités de leurs ancêtres", raconte-t-il. 

Par contre, bien des gens ont eu connaissance du plaisir de collectionner de Huynh Huu Lôc et lui ont même offert leurs mortiers.

M. Lôc se compare lui-même à un archéologue. "J’ai trouvé beaucoup d’artefacts sous terre et dû les déterrer soigneusement pour éviter de les abîmer".

Témoins de l’histoire

"Ces objets se sont souvent transmis de génération en génération. Ainsi, chacun est considéré comme un témoin historique familial", dit-il. Ils permettent de se rappeler la vie quotidienne des ancêtres.

Selon lui, l’égrugeoir a été présent dans les cultures rizicoles du Vietnam durant plusieurs siècles. Maintenant, il disparaît de la vie tant citadine que rurale.

Huynh Huu Lôc est train de construire un espace touristique dénommé "Village des anciens mortiers" dans le hameau de Ngoc Hôi, commune de Vinh Ngoc, situé à 3 km de la ville de Nha Trang. Sur plus de 9.000 m², cette zone est décorée par plus de 5.200 égrugeoirs en pierre, dans un espace architectural vert avec des constructions en bois, un étang de lotus, des plaqueminiers et des banians. Tous créent un trait caractéristique d’anciens villages vietnamiens.

"Je vais inviter des artisans de fabrication de nattes, d’articles en céramique, des menuisiers… à ce Village des anciens mortiers afin de présenter leurs métiers traditionnels aux visiteurs. Cela permettra de les promouvoir", informe M. Lôc.

À l’avenir, il prévoit d’élargir le site pour attirer davantage de touristes tant vietnamiens qu’étrangers. -CVN/VNA

Voir plus

À Hanoï, l’eau et la couleur racontent une histoire

À Hanoï, l’eau et la couleur racontent une histoire

L’exposition « Histoires d’Aquarelle – Vietnam Watercolor Artists » se tient actuellement à Art Space, à Hanoï. Organisé à l’approche du Nouvel An lunaire 2026, l’événement propose au public un parcours artistique riche en émotions à travers les œuvres de neuf artistes vietnamiens.

Le site de fouilles d'Oc Eo-Ba Thê. Photo: VNA

Le site archéologique d’Oc Eo-Ba Thê se cherche un nouveau destin

La civilisation d’Oc Eo, qui a prospéré dans le Sud du Vietnam du Ier au VIIe siècle, a été découverte en 1942 par l’archéologue français Louis Malleret grâce à des artefacts mis au jour dans la région montagneuse de Ba Thê, qui fait aujourd’hui partie de la commune d'Oc Eo.

Le développement des plateformes numériques et du streaming légal, ainsi que de grands concerts et programmes musicaux réunissant des dizaines de milliers de spectateurs, a témoigné du potentiel du marché intérieur et d’une capacité d’organisation de niveau international. Photo: VNA

Les industries culturelles, nouveau moteur de croissance

Entre 2021 et 2025, les industries culturelles vietnamiennes ont connu une croissance soutenue dans des secteurs clés tels que le cinéma, la musique, le tourisme culturel et les jeux vidéo, générant des recettes de plusieurs milliards de dollars. Devenues un pilier économique et social, elles contribuent désormais de manière croissante au renforcement du "soft power" et de la position internationale du Vietnam.

L’exposition d’art célèbre le Têt du Cheval dans le vieux quartier de Hanoi.

Le printemps revient en touches de couleur dans le vieux quartier de Hanoi

Une exposition d’art intitulée «Saluer le printemps Binh Ngo 2026 » a ouvert ses portes à Hanoi, insufflant couleurs vibrantes et esprit festif au cœur de la capitale. Présentant près de 100 peintures de quatre artistes vietnamiens, elle célèbre les valeurs traditionnelles du Têt, le renouveau et l’espoir d’une nouvelle année paisible.