Ciné-débat à Choisy-le-Roi sur les séquelles de l’agent orange

Ciné-débat du documentaire "Agent Orange - Une bombe à retardement" à Choisy-le-Roi

La projection du film "Agent Orange - Une bombe à retardement" a été suivie par la rencontre avec Trân Tô Nga, une Viêt kiêu, victime de l’écocide au Vietnam, auteure du livre "Ma terre empoisonnée".

Paris (VNA) –  "Nous n’abandonnons pas le combat ! Nous vous invitons à nous rejoindre". C’est la déclaration de Mme Nicole Duchet Trampoglieri, présidente du Comité Choisy-le-Roi - Val De Marne, dépendant de l’Association d’amitié France-Vietnam (AAFV), quand elle invite la population locale à assister à un ciné-débat du film documentaire intitulé "Agent Orange - Une bombe à retardement", tenu le 10 février au cinéma Paul Eluard.

Ciné-débat du documentaire "Agent Orange - Une bombe à retardement" à Choisy-le-Roi ảnh 1Le ciné-débat du film documentaire "Agent Orange - Une bombe à retardement", tenu le 10 février au cinéma Paul Eluard. Photo : CVN

 
Organisée par ladite Comité de l’AAFV, la projection a attiré un grand nombre de spectateurs. L’ambassadeur du Vietnam en France Dinh Toan Thang et le maire de Choisy-le-Roi, Tonino Panetta, ont assisté à l’événement.
 
La projection de ce film, réalisé par Hô Thuy Tiên et Laurent Lindebrings en 2013, a été suivie par la rencontre avec Trân Tô Nga, une Viêt kiêu, victime de l’écocide au Vietnam, auteure du livre "Ma terre empoisonnée". Le débat se portait sur les effets de ce poison destructeur sur la santé et l’environnement.

À cette occasion, le Comité de l’AAFV de Choisy-le-Roi a appelé aux dons pour soutenir les victimes de l’agent orange/dioxine au Vietnam, en exprimant sa solidarité avec Mme Trân Tô Nga dans son procès contre les entreprises multinationales qui fabriquaient ou fournissaient des herbicides à l’armée américaine pendant la guerre.

Prenant la parole à cet événement, l’ambassadeur du Vietnam en France Dinh Toan Thang a exprimé ses remerciements pour les soutiens que la ville de Choisy-le-Roi et le comité municipal de l’AAFV ont apportés au peuple vietnamien et en particulier aux victimes de l’agent orange/dioxine. Il a affirmé que l’aide et la solidarité des amis français contribueraient à soulager la douleur orange des victimes et à renforcer leur détermination dans la lutte pour la justice.
 
Selon le maire Tonino Panetta, la projection du film vise à rendre hommage au combat judiciaire de Trân Tô Nga et constitue aussi une preuve de soutien que la ville de Choisy-le-Roi veut lui apporter, ainsi qu’aux victimes de l’agent orange au Vietnam. "À travers cet événement, je voulais aussi faire comprendre les habitants de la ville que la guerre n’est jamais une solution. Qu’on soit vainqueur ou vaincu, à la fin d’une guerre, il y a toujours une tragédie. Au Vietnam c’est la tragédie de l’agent orange", a-t-il insisté.

Pour Mme Nicole Duchet Trampoglieri, la projection du film vise à "faire connaitre la population de Choisy une cause qu’elle ne connait pas nécessairement, surtout les jeunes". L’évènement a aussi pour objectif d’essayer d’aboutir quand même ce procès. "Si le gouvernement américain pouvait reconnaitre sa responsabilité et ses devoirs vis-à-vis des Vietnamiens, ce serait vraiment une grande victoire. Elle n’est pas encore acquise, mais on continue à se battre et on y croit", a-t-elle insisté.

Ciné-débat du documentaire "Agent Orange - Une bombe à retardement" à Choisy-le-Roi ảnh 2Mme Trân Tô Nga a partagé son histoire orange avec le public. Photo : CVN


"Il est vraiment bouleversant et très intéressant aussi, historiquement et politiquement, pour expliquer la tragédie de l’agent orange, un crime de guerre qui mérite d’être jugé", a observé Marine Bachelot Nguyen, autrice et metteuse en scène qui a vu ce film pour la deuxième fois. Cette tragédie de l’agent orange ainsi que le courage de ses victimes vietnamiennes lui ont même donné une inspiration pour écrire un spectacle qui serait mis au public en février 2023. "Je trouve qu’il est parfait pour sensibiliser à cette histoire de l’agent orange et à cette continuation du combat au Vietnam, contre toutes les conséquences humaine, écologique, sociale de la guerre au Vietnam et de l’épandage de l’agent orange", a-t-elle confié.  

La bataille continue

Après la projection du film, le public a écouté les partages de Mme Trân Tô Nga de la douleur physique et mentale qu’elle a subie au cours d’un demi-siècle dernier, son parcours ardu pour demander la justice pour elle et pour les victimes de l’agent orange/dioxine, ainsi que les contributions et soutiens considérables qu’elle a reçu et reçoit dans cette lutte.
 
En 2014, Mme Trân Tô Nga, une française d’origine vietnamienne qui travaillait comme correspondante de guerre dans le Sud pendant la guerre, a intenté un procès contre les multinationales qui produisaient ou fournissaient des herbicides à l’armée américaine pendant la guerre, dont notamment la firme agrochimique Monsanto - Bayer. Le 10 mai 2021, le tribunal d’Evry a rendu son verdict, en jugeant "irrecevables" ses demandes. Avec détermination, Trân Tô Nga a immédiatement donné instruction à ses avocats d’interjeter appel de la décision rendue. 

"Le soutien des amis et avocats m’a encouragé de poursuivre le procès et de continuer le combat. L’affaire de l’agent orange est de plus en plus connue dans le monde et est devenue maintenant la base des organisations vertes dans leur lutte pour la protection de l’environnement", a-t-elle confié.

Parlant de son projet à venir, elle a exprimé son souhait de mobiliser de dons pour construire des centres de formation professionnelle destinés aux enfants handicapés des victimes de l’agent orange, d’abord dans les hauts plateaux du Centre afin que ces infortunés puissent avoir des emplois pour gagner leur vie eux-mêmes. Cette femme octogénaire a partagé : "Si la poursuite du procès est mon dernier combat de ma vie, la construction de ces centres est le dernier rêve que je veux réaliser."

• De 1961 à 1971, l’armée américaine a déversé au Vietnam 80 millions de litres d’herbicides contenant environ 400 kg de dioxine, l’un des poisons les plus puissants, affectant la santé humaine et l’environnement. Au cours des 60 dernières années, les séquelles de ce poison mortel sont toujours présentes, dans le sol, dans l’eau et sur le corps de nombreuses personnes. Jusqu’à présent, il y a encore une quantité importante de dioxine dans certaines régions, affectant l’environnement, les terres et les ressources en eau. Les séquelles de l’agent orange, transmises de génération en génération, ont fait souffrir plus de 4,8 millions de Vietnamiens. Les dommages à la santé, à l’environnement et à la société sont incommensurables.

Dans les efforts de résolution des conséquences de la guerre en général et de la guerre chimique en particulier, le peuple vietnamien a reçu un grand appui de la part des peuples du monde et des amis internationaux. Particulièrement en France, depuis de nombreuses années, des associations telles que l’UGVF, l’UJVF, l’AAFV, le Collectif Vietnam Dioxine... organisent également de nombreuses activités concrètes pour venir en aide aux victimes de l’agent orange au Vietnam et soutenir la lutte pour la justice de Mme Trân Tô Nga. – CVN/VNA

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