Ce que dit le village des Pamplemousses

Le village de Buoi au sud-ouest du lac de l’Ouest (Hô Tây) dans la capitale Hanoï raconte beaucoup de choses aux habitants locaux d’un certain âge.

Hanoi, 31 décembre (VNA) - Le village de Buoi au sud-ouest du lac de l’Ouest (Hô Tây) dans la capitale Hanoï raconte beaucoup de choses aux habitants locaux d’un certain âge.

Ce que dit le village des Pamplemousses ảnh 1L’une des entrées du village de Buoi.
Photo : CTV/CVN


En réalité, Ke Buoi désignait plutôt une dizaine de villages relevant de plusieurs cantons. Là se situait le confluent d’une rivière dont le colmatage avait donné une bande de terre mamelonnée baptisée Gò Ma (Mamelon des fantômes) où on décapitait les condamnés à mort.

La population croyait que les jours de marché avant le Nouvel An (Têt), les fantômes revenaient des enfers pour faire des achats parmi les vivants, ce qui obligeait les marchands à vérifier la monnaie en jetant les sapèques dans une cuvette d’eau, l’argent infernal étant en papier flotterait.

À la découverte du village de Papier

Une légende circule sur le Génie tutélaire de Buoi : il aurait été un marchand d’huile, jeté ou se serait jeté de son propre gré, dans le confluent. Cette immolation aurait sauvé les yeux gravement malades d’un roi des Lý.

Au temps de la colonisation, les Français appelaient Buoi ”village de Papier”. Cet artisanat traditionnel nourrissait plusieurs villages qui se spécialisaient chacun dans la fabrication d’un type différent : papier absorbant pour écrire des idéogrammes avec un pinceau (giây ban), papier pour ordonnance royale (giây lênh), papier pour la fabrication de feuilles d’or (giây quy), papier jaune safran pour les brevets royaux décernés aux génies (giây sac ou giây nghê), papier pour emballage (giây moi)... La matière première essentielle était l’écorce du cây dó (Rhammoneuron balansae) qui provient de la moyenne région.

Ce que dit le village des Pamplemousses ảnh 2Le village de Buoi est spécialisé dans la fabrication de papier.
Photo : CTV/CVN

Le métier était pénible. Les hommes broyaient les écorces (macérées et cuites) dans de grosses meules de pierre avec des pilons pesant plusieurs dizaines de kilos, le village retentissait de coups de pilon du premier chant du coq jusqu’à midi. La pâte à papier était diluée dans des réservoirs de bois contenant de l’eau et une sorte de sève servant de liant. Les femmes mettaient alors le produit obtenu dans des cadres en bois sur fond de treillis. Elles enlevaient au fur et à mesure les feuilles, mises sous presse pour extraire l’eau, puis séparées et séchées.

La soie noire dite linh est une autre spécialité de Buoi. Les jupes et les pantalons de linh étaient le dernier cri de l’élégance féminine au Nord du Vietnam. Ce tissu était vendu dans toutes les capitales de l’Indochine.

La soie et surtout le papier étaient écoulés dans le plus grand marché de la région (marché de Buoi, du village de Yên Thái jadis exemplaire pour ses bonnes mœurs), terminus d’une ligne de tramway (supprimée depuis une dizaine d’années) traversant le Vieux quartier de Hanoï avant de longer une rue de trois kilomètres appelée par les Français ”Rue du village de Papier” (aujourd’hui rue Thuy Khuê). Près du marché de Buoi qui reste très animé avec ses six foires mensuelles, signalons le temple du génie-patron de la fabrication du papier, Thái Luân.

L’École de Buoi et le patriotisme discret

Ce que dit le village des Pamplemousses ảnh 3L’École de Buoi, aujourd’hui lycée de Chu Van An.
Photo : CTV/CVN

Ce qui a contribué aussi à la célébrité de la région de Buoi, c’est l’École de Buoi (Truong Buoi), bien que cette dernière soit située plutôt sur le territoire du village de Thuy Khuê. Fondée en 1907, sous le nom de Collège du Protectorat, elle fut d’abord consacrée à l’enseignement primaire supérieur. En 1930, elle se dota d’un cycle secondaire et devint le Lycée du Protectorat. Sous l’administration coloniale, elle fut avec le Lycée Albert Sarraut (destiné aux enfants des Français et des couches privilégiées indigènes) les uniques établissements d’enseignement secondaire dans le Nord du Vietnam.

Les élèves de cette école ont fait preuve de patriotisme discret, parfois aussi explosif (boycottage du tramway, grèves de soutien aux lettrés militants Phan Châu Trinh et Phan Bôi Châu). Ils ont fourni la fine fleur de l’intelligentsia vietnamienne, celle qui a contribué efficacement aux deux guerres d’indépendance (1946-1954 et 1965-1975) et à la construction du pays dans tous les domaines.

Depuis 1945, le Lycée du Protectorat a changé d’enseigne, prenant le nom de Chu Van An, l’éducateur modèle du Vietnam. La relève est assurée. - CVN/VNA

Voir plus

Le mont Non Nuoc abrite 43 stèles rupestres (appelées « Ma nhai », soit des inscriptions gravées directement sur la roche naturelle), datant du XIVe au XXe siècle. Photo: dangcongsan.vn

Deux ensembles du patrimoine documentaire vietnamien inscrits au Registre régional de l’UNESCO

Deux ensembles du patrimoine documentaire vietnamien, les inscriptions rupestres du mont Non Nuoc à Ninh Binh et les stèles de pierre de Pho Hien à Hung Yen, viennent d’être inscrits au Registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO pour l’Asie-Pacifique. Cette double reconnaissance porte à 13 le nombre d’éléments du patrimoine documentaire vietnamien inscrits dans le cadre de ce programme.

Le permanent du Secrétariat du Comité central du Parti, Trân Câm Tu remet un cadeau aux autorités locales. Photo: VNA

À Da Nang, un haut responsable du Parti appelle à renforcer la grande union nationale et à préserver les valeurs culturelles

À l’occasion de la Journée de la grande union nationale, célébrée le 5 novembre dans le village de Bô Ban, à Da Nang, le permanent du Secrétariat du Comité central du Parti, Trân Câm Tu, a appelé à renforcer la solidarité communautaire, à préserver les valeurs culturelles traditionnelles et à mobiliser les habitants pour construire un village prospère, civilisé et heureux.

Le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, assiste à la célébration de la Journée de la grande union nationale et de la Journée de la culture vietnamienne 2026, le 5 novembre dans le hameau de Da Loc, commune de Chau Thanh, province de Vinh Long (Sud). Photo: VNA

Le dirigeant Tô Lâm appelle à renforcer la solidarité nationale et à préserver l’identité culturelle des communautés

À l’occasion de la Journée de la grande union nationale et de la Journée de la culture vietnamienne 2026, le secrétaire général du PCV et président de la République, Tô Lâm, a appelé à renforcer la solidarité entre les communautés et à préserver les identités culturelles, notamment celles des minorités ethniques, afin de consolider les liens sociaux et de transmettre le patrimoine aux jeunes générations.

Le spectacle artistique « Histoire de Hanoï – Une journée typiquement hanoïenne », présenté par le Théâtre de chant et de danse Thang Long, est une production conçue pour le tourisme, contribuant au développement des industries culturelles de la capitale. Photo : VNA

De la ressource patrimoniale à l’actif créatif

La valorisation du patrimoine par les technologies, l’innovation et la protection de la propriété intellectuelle constitue un levier essentiel pour développer l’économie créative et renforcer le rayonnement du Vietnam.

Les habitants de Binh Lu deviennent des « ambassadeurs du tourisme numérique »

Les habitants de Binh Lu deviennent des « ambassadeurs du tourisme numérique »

Avec ses paysages spectaculaires et son riche patrimoine culturel, la commune montagneuse de Binh Lu, dans la province de Lai Chau, mise sur le numérique pour promouvoir le tourisme. Les autorités locales et les habitants utilisent désormais les plateformes en ligne pour faire connaître leur région à un public plus large et contribuer au développement de l’économie locale.

Les délégués posent devant le nouveau plan de visite du Temple de la Littérature, à Hanoi, le 3 novembre. Photo: VNA

Le Temple de la Littérature s’offre un nouveau parcours de visite pour les 950 ans du Quôc Tu Giam

Conçus par une équipe d’architectes et de docteurs formés en France, aujourd’hui enseignants à l’Université d’architecture de Hanoi, ces outils allient recherche historique, analyse architecturale et techniques modernes de valorisation du patrimoine, visant à enrichir l’expérience des visiteurs tout en posant les bases d’une coopération durable pour la conservation et la promotion de ce patrimoine.