Bouddhisme et bénévolat : “vivre pour le bien des autres, c’est la voie des sages”

Depuis plus de dix ans, le vénérable Thich Quang Tinh, abbé de la pagode Phuc Long, dans la province de Hai Duong (Nord), et les fidèles offrent des repas à titre gracieux et mènent des actions bénévoles au service des plus démunis.

Le vénérable Thich Quang Tinh et des bénévoles de la cuisine caritative de la pagode Phuc Long distribuent des repas gratuits à l’Institut central d’hématologie et de transfusion sanguine à Hanoï. Photo : NVCC/CVN
Le vénérable Thich Quang Tinh et des bénévoles de la cuisine caritative de la pagode Phuc Long distribuent des repas gratuits à l’Institut central d’hématologie et de transfusion sanguine à Hanoï. Photo : NVCC/CVN

Hanoi (VNA) – Depuis plus de dix ans, le vénérable Thich Quang Tinh, abbé de la pagode Phuc Long, dans la province de Hai Duong (Nord), et les fidèles offrent des repas à titre gracieux et mènent des actions bénévoles au service des plus démunis.

Avec un regard paisible et un sourire bienveillant, le vénérable Thich Quang Tinh raconte comment son engagement pour les autres a débuté : “La naissance, la vieillesse, la maladie et la mort sont des réalités inévitables de la vie. Chacun traverse la souffrance. Un jour, à l’hôpital, j’ai vu la douleur des malades et les difficultés des familles. Ces moments m’ont ouvert les yeux sur leurs épreuves”.

Il se souvient des paroles de son maître, le vénérable Thanh Vân : “En tant qu’enfants de Bouddha, nous ne devons pas seulement pratiquer les enseignements dans les livres, mais aussi à travers nos pensées et nos actions quotidiennes. Vivre pour le bien des autres, c’est la voie des sages”. C’est ainsi qu’il a décidé d’aider les personnes en difficulté, même par de petits gestes comme un repas ou des mots de réconfort.

Semer des bénédictions

La cuisine caritative de la pagode Phuc Long a vu le jour peu après son retour de l’hôpital. Le vénérable Thich Quang Tinh a partagé son vœu avec ses fidèles et tous se sont unis pour cette noble cause “Unissons-nous pour aider les autres”.

Chacun y met du sien, selon ses moyens : l’un offre un peu d’argent, l’autre apporte du riz, des légumes ou des fruits, et d’autres encore donnent de leur temps et de leur énergie pour faire vivre la cuisine.

Aujourd’hui, les fidèles tra-vaillent bénévolement tous les weekends. Les femmes âgées continuent de préparer des soupes pour la charité.

Les premières distributions ont commencé modestement, dans des hôpitaux de la province de Hai Duong : hôpital provincial, celui des districts, établissement de réadaptation mentale, puis maternité. Peu à peu, l’élan de solidarité a grandi et l’hôpital Tân Kim, situé en ville, a été intégré au programme.

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La pagode Phuc Long dans la province de Hai Duong. Photo : NVCC/CVN

Le vénérable Thich Quang Tinh, humble, confie : “Comparé à d’autres groupes caritatifs, ce que je fais n’est qu’un grain de sable. Mais voir les fidèles agir avec tant de bonté me réchauffe le cœur. C’est cela, la pratique de Bodhisattva Avalokiteshvara : soulager la souffrance avec compassion. Servir les autres, c’est aussi se nourrir soi-même. Faire le bien, c’est semer des bénédictions. Et dans la vie, tout suit la loi de causalité”.

Nguyên Thi Trang, une jeune femme originaire de Hanoï, participe depuis sept ans à la cuisine caritative de la pagode Phuc Long. Aujourd’hui, elle est devenue une figure essentielle de cette grande famille solidaire.

À Hanoi, la cuisine gratuite réunit une dizaine de bénévoles réguliers : jeunes, employés de bureau, étudiants, parfois même retraités. Des parcours différents, mais un même élan du cœur-celui de consacrer un peu de temps et d’énergie à ceux qui en ont besoin.

Leur journée commence dès l’aube, entre 04h00 et 05h00 du matin. Les flammes s’allument dans la cuisine encore plongée dans le silence, et les gestes s’enchaînent dans une douce harmonie. À 09h00, les repas sont emballés, prêts à être livrés. Une heure plus tard, ils arrivent entre les mains des malades, de leurs familles, ou encore des sans-abri.

Mme Trang confie : “Ce qui nous pousse à continuer, même sous la pluie ou dans le froid, ce sont les sourires, les regards pleins de gratitude. Nous savons que, pour certains, ce repas ne nourrit pas seulement le corps. Il apporte un peu d’espoir. Il dit, silencieusement : vous n’êtes pas seuls”.

Elle se souvient d’un matin froid, l’hiver dernier. Elle distribuait des repas devant un hôpital avec ses camarades, lorsqu’une vieille dame s’est approchée, tremblante, serrant contre elle un manteau trop fin pour la saison. “Il vous reste un peu de riz ?” demanda-t-elle, d’une voix faible. Mme Trang lui tendit aussitôt un repas encore chaud. La vieille femme, les mains tremblantes, attrapa la sienne et murmura, les yeux brillants : “Ma petite, ce bol de riz chaud suffit à réchauffer tout mon cœur”. Ce moment-là est resté gravé en elle.

Engagement de cœur

De son côté, M. Huy, le père d’un petit garçon atteint de leucémie à l’Institut central d’hématologie et de transfusion sanguine, a lui aussi été marqué par ces gestes. En recevant leur repas, il a serré la main aux bénévoles et dit : “Grâce à vous, je me sens moins seul pour continuer à prendre soin de mon enfant. Merci de m’avoir montré que la compassion existe encore”.

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À la cuisine de la pagode Phuc Long, le vénérable Thich Quang Tinh, les fidèles et les villageois s'affairent à préparer le +banh chung+ (gâteaux de riz gluant de forme carré, farcis de viande de porc et de haricot mungo) et les repas pour les démunis. Photo : NVCC/CVN

Derrière chaque action de cette cuisine gratuite se tient l’ombre bienveillante du vénérable Thich Quang Tinh. Mme Trang raconte avec admiration : “Il est toujours le premier à arriver, le dernier à partir. Il veille sur chaque préparation, coordonne chaque distribution. Pour lui, ce n’est pas un travail. C’est un engagement de cœur”.

Elle garde aussi en mémoire un voyage de charité à Chiêng Son, dans les montagnes de Môc Châu, province de Son La (Nord), l’hiver dernier. La route, sinueuse et glissante, obligeait le groupe à s’arrêter à plusieurs reprises pour pousser le véhicule enlisé. Pourtant, au milieu du froid et de la fatigue, le vénérable gardait son sourire, répétant doucement : “Les difficultés ne sont que des épreuves passagères. Ce qui compte, c’est la sincérité de notre cœur”.

Dans une petite école perchée sur la montagne, ils ont remis des couvertures chaudes, du riz et des sachets de nouilles aux enfants. Mme Trang se souvient des regards émerveillés, des petites mains serrant leurs cadeaux contre eux.

•Un foyer spirituel et solidaire

La pagode Phuc Long, datant de la dynastie des Mac (1527-1683), est située dans le village de Lang Xuyên, commune de Gia Tân, district de Gia Lôc, province de Hai Duong (Nord).

Au fil des années, les vicissitudes du temps ont détérioré l’édifice. En 2010, le vénérable Thich Quang Tinh en est devenu abbé. Avec le soutien des habitants et des fidèles bouddhistes, il a entrepris la restauration de la pagode. Aujourd’hui, elle est devenue un foyer spirituel solide et un centre de charité, offrant des repas gratuits aux patients démunis. – CVN/VNA

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