Hanoi, 5 juin (VNA) - Sur les rives de la rivière poétique Câu se trouve un petit village très attrayant, connu pour les chants populaires quan ho. Il s'agit du village de Diêm dépendant du hameau de Viêm Xa, la commune de Hoà Long, ville de Bac Ninh, province éponyme au Nord.

 

Un spectacle de "quan ho" à Bac Ninh (Nord). Photo: VNA


Le quan ho (chant alterné) est un des symboles de la culture de la contrée de Kinh Bac ainsi que du village de Diêm dépendant du hameau de Viêm Xa, la commune de Hoà Long, ville de Bac Ninh. Ces chants sont constitués de couplets interprétés en alternance par deux femmes d’un village qui chantent à l’unisson et auxquelles deux hommes d’un autre village répondent avec des mélodies similaires mais avec des paroles différentes. Les femmes portent traditionnellement des grands chapeaux ronds et des écharpes typiques, tandis que le costume des hommes se compose notamment d’un turban, d’un parapluie et d’une tunique.

Chaque année, à l’occasion des fêtes ou du Têt, les visiteurs se ruent dans ce petit village pour écouter avec attention les chants quan ho.

À l'occasion de notre visite chez Mme Bàn, l’"Artisan du peuple" Nguyên Thi Bàn âgée de près de 90 ans, nous avons eu la chance d’écouter ses chants quan ho qui nous ont laissé une impression inoubliable.

 

L’"Artisan du peuple" Nguyên Thi Bàn (gauche). Photo: Vu Duy/CVN

 
Mme Bàn est très amicale et ouverte. "Lorsque j'avais 7 ans, je vivais avec ma grand-mère, et il y avait beaucoup de personnes venant apprendre à chanter chez elle. Les techniques de chant ainsi que des mélodies de quan ho ont alors pénétré dans mon sang", durant ces années elle a alors appris les chants quan ho", a-t-elle confié en ajoutant "J’ai destiné toute ma vie aux chants quan ho . Donc, le quan ho , c’est mon âme".

Quand Mme Bàn avait 16 ans, elle fonda une troupe de chanteurs composée de dix personnes. Cette troupe a été maintenue durant les années de guerre.

Connaissant plus de 300 chants quan ho, chaque jour, elle les transmet de génération en génération. Les artistes connus comme Thuy Cai, Thuy Huong, Quy Trang ou encore Quang Vinh ont eu également la chance d’étudier ses techniques de chant.

"il y a aussi plusieurs étrangers aimant le quan ho dont Miro (Japonais) et Lorent (Américain), c'est deux hommes ont étudié cet art populaire durant plusieurs années", déclare-t-elle.

À l’heure actuelle, Mme Bàn est la seule personne du village qui sait chanter le Hu La (un chant quan ho le plus difficile). Elle a contribué à la préservation et à la promotion de cet art populaire qui est reconnu par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité depuis 2009. - CVN/VNA