An Hôi, un village artisanal au cœur de la ville

En plein cœur de la tumultueuse Hô Chi Minh-Ville, dans le hameau de An Hôi, des artisans fabriquent depuis 100 ans des brûleurs d’encens en bronze, si chers à la vie spirituelle des Vietnamiens.

Hanoi, 9 janvier (VNA) - En plein cœur de la tumultueuse Hô Chi Minh-Ville, dans le hameau de An Hôi, des artisans fabriquent depuis 100 ans des brûleurs d’encens en bronze, si chers à la vie spirituelle des Vietnamiens.

An Hôi, un village artisanal au cœur de la ville ảnh 1Dans un atelier de production des produits en bronze à An Hôi. Photo: Trung Kiên/CVN

Le village des brûleurs d’encens, connu sous le nom d’An Hôi, longe la route Nguyên Duy Cung, dans le 12e quartier, arrondissement de Go Vâp à Hô Chi Minh-Ville. S’il existe depuis 100 ans, l’art qui s’y produit date de 200 ans.

Le renom d’un village séculaire

Il y a 10 ans, le village vivait son âge d’or. Pour le Têt, les commerçants du Nord et du Centre s’y précipitaient pour acheter des brûleurs d’encens qu’ils revendaient partout dans les provinces du delta du Mékong, au Laos, au Cambodge, au Myanmar, en Thaïlande… Les artisans passaient des nuits blanches à travailler pour répondre à ce pic de demande annuel!

"Deux mois avant le Têt, les marchands venaient fixer leur commande. Le volume des commandes augmentait tant que nous devions déléguer à d’autres ateliers pour produire à temps", a raconté Pham Thi Liên, la patronne de l’atelier Ba Cô.

Les brûleurs d’encens en bronze d’An Hôi sont connus pour les motifs raffinés qui les ornent et font leur beauté. Pour les fabriquer, les artisans respectent strictement les 14 techniques transmises par les ancêtres. Ils commencent par former des moules en cire d’abeille et en bougies, qui sécheront au soleil pendant près de 10 jours jusqu’à devenir solides.

Puis ils y versent du bronze qu’ils ont d’abord fait fondre. La cuisson du bronze est elle aussi un véritable art. La couleur dorée, la beauté et la qualité du produit dépendent beaucoup de cette étape. "Il nous faut utiliser du bronze pur sans impuretés et contrôler strictement le temps et la température de fusion du cuivre", a fait savoir M. Kiên, artisan riche d’expériences et patron de l’atelier de Ut Kiên.

An Hôi, un village artisanal au cœur de la ville ảnh 2Un brûleur d'encens en bronze.
Photo: Trung Kiên/CVN


Grâce aux exigences des techniques ésotériques de la production artisanale, les brûleurs d’encens sont très appréciés des habitants de la mégapole du Sud et des localités alentours.

"J’achète un ensemble de brûleurs d’encens depuis des années. Sa qualité est très bonne. Chaque occasion de fêtes ou de Têt, je ne dois que les nettoyer. Elles deviennent brillantes", a confié Van Minh,  qui réside dans l’arrondissement de Binh Tân.

Un métier menacé

Les derniers jours de l’année lunaire, l’ambiance est aussi paisible que d’ordinaire dans le village d’An Hôi. Actuellement, 5 familles y travaillent.  Plus de 100 ans se sont écoulés, et le village maintient ses techniques de production traditionnelles et artisanales.

Avec ses 50 ans d’expériences, le septuagénaire Trân Van Thang est quotidiennement présent à l’atelier familial afin de transmettre ses expériences aux jeunes générations. "Autrefois, tout le village était agité par le son des machines. Mais depuis quelques années, beaucoup ont quitté ce métier en raison des difficultés du travail. C’est pourquoi, notre hameau n’a plus que 5 ateliers".

Le métier se perd à cause du prix élevé des ingrédients, du risque de pollution, etc. "Le bronze constitue la matière principale pour mouler des brûleurs d’encens, le salaire des employés est haut. Les 5 ateliers profitent la main-d’œuvre familiale pour économiser des frais de production", a partagé M. Thang.

Les brûleurs d’encens fabriqués à An Hôi adoptent des formes rondes ou carrées, ils sont décorés de vignettes traditionnelles comme le dragon, le phénix…

Leur prix (incluant des bougeoirs, des assiettes à offrandes, des tasses en bronze…) varie de deux à six millions de dôngs. Les produits fabriqués sur commande spéciale des consommateurs peuvent atteindre des dizaines millions de dôngs.

An Hôi, un village artisanal au cœur de la ville ảnh 3Un artisan termine la dernière étape d'un brûleur d'encens. Photo: DT/CVN



La fille de M. Thang, Mme Thu Xuong, confie qu'"en raison de la fabrication manuelle, notre atelier ne fait chaque mois que 100 ensembles de brûleurs d’encens. Avec cette productivité modeste, on n’ose pas penser à élargir l’envergure de production".

Les artisans doivent faire face à un autre défi, celui de la concurrence avec les produits industriels. La préservation du métier reste une question majeure, surtout pour les anciennes générations.

"J’ai transmis les techniques à mes 5 frères, mais seulement 2 d’entre eux poursuivent l’artisanat, les autres se sont orienté vers un autre  domaine parce que ce métier est très pénible", livre M. Thang d’un air tourmenté.

Malgré les difficultés, 5 ateliers persistent et font la vitalité du village artisanal. Bien que les modes de vie changent, les familles vietnamiennes ne sont pas prêtes d’abandonner la tradition nationale, et continuent de déposer des brûleurs d’encens en bronze sur leurs autels, en signe de reconnaissance aux ancêtres. - CVN/VNA

Voir plus

Le Banh cuon Thanh Tri se distingue par sa finesse, sa texture soyeuse et son parfum délicat de riz. Photo: VNA

Le "banh cuon" de Thanh Tri : Un savoir-faire ancestral élevé au rang de patrimoine culturel immatériel national

La décision du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme classant cet artisanat dans la catégorie des savoir-faire traditionnels et des connaissances populaires, a été officiellement rendue publique le 18 mars. Cette reconnaissance consacre une valeur culturelle séculaire et met en lumière le rôle essentiel de la communauté locale dans la préservation et la transmission de ce patrimoine unique.

Des visiteurs contemplent les photos exposées. Photo: VNA

Exposition «Vietnam, Une Terre, Un Peuple » à Perpignan, en France

Ouverte au public jusqu’au 10 avril, l’exposition «Vietnam, Une Terre, Un Peuple » présente 45 œuvres du photojournaliste Le Van Minh, de l’Agence vietnamienne d’information (VNA). Ses clichés offrent un regard authentique sur la beauté des paysages, la vie sociale et la physionomie du Vietnam dans sa dynamique de développement et d’intégration internationale.

Scène du film "Le Bleu du caftan", délicate chronique d'une renaissance amoureuse par la cinéaste marocaine Maryam Touzani.

Le Festival du film francophone revient avec sept films en tête d’affiche

Le public aura l’occasion de découvrir une sélection de sept films présentés par les ambassades de France, de Suisse, du Canada, d’Haïti et de la République dominicaine, ainsi que par la Délégation Wallonie-Bruxelles et le Bureau régional Asie-Pacifique de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Un stand de Mockingbird Pictures (Vietnam) lors de l'événement. Photo :VNA

Le cinéma vietnamien en vitrine au FILMART 2026 à Hong Kong (Chine)

La 30ᵉ édition du Hong Kong International Film & TV Market (FILMART) qui se déroule entre le  17 et le 20 mars à Hong Kong attire plus de 790 exposants issus de 38 pays et territoires, dont le Vietnam, représenté par le pavillon de l’Association vietnamienne pour le développement du cinéma (VFDA), ainsi que par des sociétés telles que BHD et Mockingbird Pictures.

Photo: Vietnam+

Le cirque du Vietnam à l'ère de la transformation numérique

La Fédération du Cirque du Vietnam a annoncé une série de programmes artistiques marquant de grandes célébrations, dont le 70e anniversaire de sa création. Parmi les spectacles figurent le gala « Les étoiles du cirque vietnamien », ainsi que des programmes à dimension culturelle et sociale tels que « Fête du Parti – Fête du Printemps » ou « Aspiration de la jeunesse ».

Reconstitution d'un spectacle de ca trù. Photo: VOV

Mille ans de sênh phách, un voyage artistique au cœur de la sauvegarde du ca trù

À travers le parcours des artisans et des passionnés du ca trù, le documentaire Ngàn năm sênh phách (Mille ans de sênh phách), réalisé par l’artiste du peuple Lê Viêt Huong, rappelle qu’en dépit des aléas de l’histoire, les traditions peuvent renaître dès lors qu’elles sont portées par la reconnaissance et par un engagement collectif en faveur de leur sauvegarde.

Nguyen Phu Binh, ancien vice-ministre des Affaires étrangères et président de l’Association de liaison avec les Vietnamiens résidant à l’étranger à la rencontre avec la presse. Photo: VNA

Reconstitution de la fête des Rois Hung : promotion de la culture vietnamienne au Japon

La 9ᵉ édition du « Festival de la culture vietnamienne au Japon – Reconstitution de la fête des Rois Hung » se tiendra le 19 avril 2026 à Osaka. L’événement vise à promouvoir les valeurs culturelles vietnamiennes, à renforcer les liens de la diaspora avec ses racines et à contribuer à l’amitié et aux échanges culturels entre le Vietnam et le Japon.