Agriculture : «Les critères ne font pas tout»

Le colloque sur la situation du développement de l’agriculture et du monde paysan à Hô Chi Minh-Ville après 30 ans de Doi moi (Renouveau) a eu lieu le 17 septembre dans la mégapole du Sud.
Agriculture : «Les critères ne font pas tout» ảnh 1Colloque «Situation du développement de l’agriculture et du monde paysan de la ville après 30 ans de Dôi moi (Renouveau)», le 17 septembre à Hô Chi Minh-Ville. Photo : CVN

Le colloque sur la situation du développement de l’agriculture et du monde paysan à Hô Chi Minh-Ville après 30 ans de Doi moi (Renouveau) a eu lieu le 17 septembre dans la mégapole du Sud.

Ce colloque sur la situation du monde agricole a permis aux économistes intervenant de retracer les grandes lignes du développement agricole de Hô Chi Minh-Ville.

Ils ont insisté sur trois grandes périodes correspondant à la mise en œuvre des politiques de Renouveau. Primo : le renforcement de la production - et donc de la culture - de plantes industrielles annuelles visant à fournir des aliments et une partie des matières premières nécessaires à l’industrie de transformation de la ville entre 1986 et 1990. Secundo : la modification du mécanisme de production agricole afin de privilégier les produits à haute valeur économique, avec la mise sur pied et le développement d’une agriculture urbaine entre 1991 et 2010. Tertio : le renforcement de l’agriculture urbaine afin d’achever fondamentalement l’élaboration du programme de Nouvelle ruralité entre 2011 et 2015.

«Les critères ne font pas tout. Il s’agit seulement d’une évaluation des requis d’un processus, ce pour comparer le développement entre les régions tout en s’orientant vers l’amélioration de la qualité de vie», a affirmé Nguyên Phuoc Trung, directeur du Service de l’Agriculture et du Développement rural de Hô Chi Minh-Ville.

Des avancées notoires

Concrètement, selon le rapport du Service municipal de l’Agriculture et du Développement rural, pour la première période de mise en œuvre du Renouveau, la Ville s’est focalisée sur la construction de nombre de systèmes d’irrigation au service de la production et des activités quotidiennes des habitants. À commencer par le système d’irrigation du canal Est de Cu Chi, dont l’axe principal s’étire sur 11 km, avec 22 canaux annexes d’une longueur totale de 62 km capables de subvenir aux besoins en eau de 15.000 ha de cultures dans la région du district de Cu Chi.

Pour la période 1991-1995, à force d’appliquer le nouveau mécanisme de gestion et d’encourager l’ensemble des composantes économiques à investir dans l’agriculture, la valeur de la production des secteurs agricoles, sylvicoles et aquacoles a progressé en moyenne de 4,9% par an. Depuis lors, conformément aux programmes de modernisation et d’industrialisation, la ville a favorisé la mise en place de modèles de cultures en milieu urbain, avec notamment la sélection génétique des variétés adaptées à ces conditions. Les effets n’ont pas tardé à se faire sentir, puisqu’entre 2001 et 2005, le secteur agricole de la ville a connu une croissance moyenne de près de 6% par an, avec l’apparition de nouveaux modèles de production efficaces : élevage de crevettes, de vaches laitières, cultures maraîchères et fruitières sûres (sans pesticides nocifs pour la santé), etc.

Et cinq ans après l’application de la Nouvelle ruralité dirigée par le gouvernement, 56 communes sur 56 de cinq districts sélectionnés au préalable ont rempli la quasi-totalité des 19 critères définis par ce programme. Les conditions de vie des habitants se sont améliorées et en 2014, et la croissance du secteur agricole lato sensu de la ville a augmenté de 5,8% par rapport à l’exercice précédent.

Néanmoins, selon le directeur du Service municipal de l’Agriculture et du Développement rural, les critères imposés concernant la Nouvelle ruralité devraient être évolutifs et prendre en compte d’autres aspects que le simple revenu moyen, comme l’accès des habitants à l’éducation, à la santé, à la culture, à l’information et la qualité de vie.

Selon le Docteur Trân Anh Tuân, de l’Institut d’étude du développement de la ville : «La croissance de la valeur ajoutée du secteur agricole (4,7% par an entre 2008 et 2013) s’avère élevée. Ce qui, en revanche, n’est pas encore le cas pour le chiffre d’affaires dégagé par le secteur agricole». De fait, la ville doit poursuivre les politiques de développement de l’agriculture urbaine, en restructurant le secteur agricole vers la croissance de la valeur ajoutée. Le tout de manière durable, avec l’application de technologies avancées. -CVN/VNA

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