Hanoi, 16 février (VNA) - Pour maintenir une croissance économique supérieure à 7%, des réformes structurelles radicales ainsi qu’une amélioration du système juridique et de l’administration publique s’avèrent essentielles.

En 2018, le PIB du Vietnam a connu la croissance la plus élevée en Asie du Sud-Est, avec 7,08%. Photo: VNA

En 2018, le Vietnam a connu une croissance économique de 7,08%, soit la plus forte hausse en onze ans, dépassant l’objectif de 6,7% fixé initialement par le gouvernement. La situation macroéconomique étant stable, l’inflation a été bien contrôlée au taux de 3,54%, inférieur à l’objectif de 4% fixé au début de l’année par l’Assemblée nationale.

Les économistes estiment que le Vietnam a atteint un tel niveau de développement économique que pour progresser, il n’aura d’autre choix que de mener des réformes structurelles, notamment sur les plans institutionnel et financier. Ainsi, le gouvernement a élaboré des stratégies en la matière sur cinq, dix ans et plus. Il entend poursuivre l’économie de marché à orientation socialiste, destinée à rendre la population riche, le pays puissant, la société équitable, démocratique et civilisée. En d’autres termes, un régime économique censé engendrer une croissance inclusive. “Nous sommes en train d’édifier un État de droit socialiste capable d’une gouvernance économique plus efficace, qui servira mieux le peuple en étant à son écoute. En vue d’un perfectionnement institutionnel, il faut notamment instaurer un environnement des affaires et de l’investissement encore plus favorable, afin de libérer les forces de production”, a souligné le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc, lors du Forum économique du Vietnam tenu récemment à Hanoï.

Un point marquant du tableau économique 2018 était la résis-tance de l’économie nationale. Celle-ci, ouverte à l’international et par conséquent sensible aux bouleversements mondiaux, a su conserver son autonomie et maintenir une croissance stable. Cependant, les réformes structurelles n’en sont qu’à leurs débuts: la taille de l’économie vietnamienne demeure modeste, sa compétitivité et sa productivité restent à améliorer. Par ailleurs, malgré une forte croissance, l’économie privée peine encore à mobiliser suffisamment de ressources pour investir dans le développement.

L’année 2019 s’annonce prometteuse

En 2019, le pays prévoit d’accélérer la mise en œuvre de son plan de développement socio-économique 2016-2020, et d’en poser les bases d’une stratégie plus vigoureuse pour les dix années suivantes.

Le gouvernement a adopté deux résolutions visant à accroître la compétitivité nationale et à encourager les affaires en 2019. Les objectifs: consolider la macroéconomie, maîtriser l’inflation, accroître la croissance, augmenter les exportations, développer le marché domestique et le commerce électronique.
“Dans un monde instable, la stabilité sociopolitique et la solidité des fondements économiques sont des avantages comparatifs pour le Vietnam”, qui pourra enregistrer une croissance rapide et durable sans pour autant devoir en négliger la qualité, a fait remarquer le chef du gouvernement.

Dynamique et attractif, le Vietnam accueille des flux d’investissements étrangers qu’il cherche à maintenir par la mise en place des mesures consistant à développer le secteur privé, faciliter l’accès aux ressources, augmenter la productivité, améliorer la compétitivité de l’économie et renforcer le développement des infrastructures, tout cela sur la base du partenariat public-privé. En outre, il est nécessaire pour le pays d’accélérer les activités de rénovation et d’innovation. La croissance durable n’est pas contraire à la croissance rapide, elle lui est même nécessaire et suffisante, particulièrement dans le contexte de la 4e révolution industrielle.

Malgré l’émergence du protectionnisme et de la guerre commerciale au niveau international, le Vietnam entend tirer profit du libre-échange en renforçant l’intégration de ses entreprises aux chaînes de valeur mondiales. Car s’il a d’ores et déjà diversifié sa présence dans ces dernières, son implication n’est pas encore à la hauteur de son potentiel réel. À ce jour, seules 21% des PME vietnamiennes sont intégrées au marché international, contre 46% des PME des autres pays membres de l’ASEAN. Le gouvernement a ainsi mis en place un ensemble de mesures pour favoriser l’intégration des entreprises vietnamiennes au tissu économique mondial: simplification des procédures administratives, réduction des coûts de logistique, facilité d’emprunt... Les entreprises, de leur côté, doivent concevoir une stratégie à long terme pour satisfaire les normes et standards du marché international, améliorant notamment la compétitivité et la qualité de leurs produits et services.

Utilisation efficace des ressources

Un environnement politique stable, des indices économiques positifs, une main-d’œuvre jeune, abondante et qualifiée, des accords de libre-échange conclus avec les puissances économiques mondiales… Autant de structures et dispositifs mis en place par le Vietnam en 2018, qui devraient lui permettre de renforcer son implication dans le marché mondial en 2019.

Le politburo du Parti vient de publier une résolution sur l’amélioration de l’efficacité de la gestion, de l’exploitation, de l’utilisation et de la promotion des ressources de l’économie. Dans le contexte actuel, il s’agit d’un sujet central pour remédier aux faiblesses de l’économie nationale et promouvoir le développement socio-économique du pays. Concernant les ressources humaines, la résolution vise à réduire le taux de travailleurs dans l’agriculture, la sylviculture, l’aquaculture à moins de 33% en 2025, 25% en 2035 et 15% en 2045. Elle fixe l’objectif de perfectionner le système juridique et les outils de gestion en vue d’une utilisation économe et efficace des ressources naturelles. Il s’agit aussi d’assurer l’exploitation de 99% de la superficie de la terre naturelle et de restaurer 25% de celle des forêts dégradées.

La résolution prévoit également de réduire l’excédent budgétaire à moins de 4% du PIB en 2020, et moins de 3% en 2030. Les dettes publiques ne devraient pas dépasser 60% du PIB; celles du gouvernement, 50%; et les dettes extérieures, 45%. D’ici 2025, le Vietnam s’efforcera d’achever le déplacement des établissements polluants et le règlement des questions foncières dans l’ensemble du pays. La réserve nationale devrait atteindre 0,8% à 1% du PIB en 2025, 1,5% en 2035 et 2% en 2045. La résolution fixe aussi des missions et mesures essentielles: perfectionnement du système juridique; renouvellement du modèle de croissance; restruc-turation de l’économie nationale, régionale et sectorielle; amélio-ration de la créativité et de l’innovation des entreprises; recours actif aux technologies de l’information. -CVN/VNA