À Tokyo, le banh mi se vend comme des petits pains

"Taste banh mi, taste Vietnam", telle est la devise du restaurant de banh mi des deux frères Bùi Thanh Tâm et Bùi Thanh Duy, originaires de la province centrale de Quang Nam.

Tokyo (VNA) – Depuis son apparition début 2017 dans le Chunichi Shimbun, un quotidien japonais prestigieux, le restaurant Banh Mi Xin Chào à Tokyo est devenu un des lieux très fréquentés non seulement par les Vietnamiens mais aussi par de nombreux Japonais et étrangers.

À Tokyo, le banh mi se vend comme des petits pains ảnh 1Bùi Thanh Tâm, fondateur du restaurant Banh Mi Xin Chào à Tokyo. Photo: NVCC/CVN


10h00 du matin un dimanche d’août, la rue Waseda Dori à Tokyo est encore peu encombrée. Le restaurant Banh Mi Xin Chào vient d’ouvrir ses portes et déjà les employés se hâtent à la préparation des ingrédients pendant que deux clients japonais attendent de déguster leur fameux banh mi (sandwich vietnamien).

"Taste banh mi, taste Vietnam", telle est la devise du restaurant de banh mi des deux frères Bùi Thanh Tâm et Bùi Thanh Duy, originaires de la province centrale de Quang Nam. Elle peut être traduite en français par "savourer le banh mi, savourer le Vietnam". "Nous souhaitons que le banh mi puisse contribuer à promouvoir la cuisine vietnamienne au Japon, ainsi que dans le monde", partage Bùi Thanh Tâm. Tous deux diplômés de la faculté d’économie de l’Université de Yokkaichi (préfecture de Mie), Tâm et Duy, son grand-frère, ont fait leurs études et travaillé au Japon plusieurs années avant de créer leur restaurant en octobre 2016.

L’idée d’ouvrir un restaurant de banh mi a commencé à germer dans la tête de Thanh Tâm un jour où il se rendait avec son amie au marché d’Ameyoko à Tokyo. Sur place, ils virent une longue file de personnes qui attendaient devant un magasin de kebab (sandwich à la viande grillée à la broche, originaire de Turquie). Intrigués, ils firent la queue à leur tour pour goûter au sandwich et voir de quoi il en retournait. Après avoir terminé son encas, il ne pouvait s’empêcher de penser que c’était "certes bon mais la saveur est incomparable à celle du banh mi vietnamien", a-t-il partagé.

C’est à ce moment-là qu’il a décidé d’ouvrir son restaurant de banh mi. "Présenter cette spécialité vietnamienne au Japon, pourquoi pas?", s’est-il demandé. En ce qui concerne le nom du restaurant, "Xin Chào" (bonjour, en vietnamien), semble toujours être le premier mot que toute personne étrangère désire apprendre lorsqu’elle s’intéresse à une culture. Il s’agit d’une notion universelle, simple et accueillante, qui lui est venue de manière naturelle. "C’est pour ça que j’ai choisi ce nom pour le magasin".

Très soutenu à Tokyo

"L’après-midi même, j’ai téléphoné à Duy qui travaillait à Osaka pour lui faire part de mon idée et il a tout de suite été emballé. Nous nous sommes alors mis au travail presque immédiatement, nous avons effectué des études de marché et nous avons dressé un plan d’ouverture du restaurant", ajoute Tâm. 

À Tokyo, le banh mi se vend comme des petits pains ảnh 2Chaque jour, 200 "banh mi" sont vendus au restaurant Banh Mi Xin Chào à Tokyo. Photo: NVCC/CVN

 
Thanh Tâm et Thanh Duy ont arrêté leur choix sur la ville de Tokyo pour installer leur restaurant. "Le nombre d’étudiants et stagiaires vietnamiens à Tokyo augmente de jour en jour. De plus, la ville accueille le plus grand nombre de touristes", explique Thanh Duy. À noter que parmi la pléthore de types de sandwich existant au Vietnam, les deux frères ont jeté leur dévolu sur le banh mioriginaire de Hôi An (province de Quang Nam).

Un an et demi après sa programmation, le restaurant Banh Mi Xin Chào voit enfin le jour. Les deux fondateurs ont dû faire face à de nombreux obstacles. Ils ont dû notamment réunir les fonds nécessaires, rechercher un lieu adapté, obtenir les papiers et formalités requis et rechercher une usine de pain "à la vietnamienne", entre autres. 

"Il nous a fallu bien six mois pour trouver le bon lieu et presque autant pour se procurer toutes les formalités nécessaires pour le louer et bâtir le restaurant. Nous ne parlons même pas du fait que nous avons dû contacter près d’une cinquantaine d’usines différentes pour enfin trouver celle qui nous convient parfaitement", confie Thanh Tâm.

Aujourd’hui, après deux ans de mise en œuvre, Banh Mi Xin Chào gagne aisément son pain en vendant en moyenne 200 banh mi par jour au prix de 500 yen la portion (équivalant à 5 dollars). La clientèle comprend non seulement des Vietnamiens et des Japonais, mais aussi des Américains, Hollandais, Français, Chinois et Sud-Coréens.

"Quand j’étais au Vietnam, je mangeais du banh mi au moins deux fois par semaine. C’est excellent, ce plat! Ma petite amie, qui est venue me rendre visite, est également une grande fan", partage Yamaguchi Takashi, un client japonais qui a travaillé et vécu au Vietnam.

Outre les fameux sandwichs vietnamiens, le restaurant propose également d’autres spécialités du pays tels que cà phê sua da (café au lait concentré glacé), chè thâp câm (compote sucrée) ainsi que banh trang trôn (salade mixte). 

Un plat réputé dans le monde

Fodor’s, un site web américain spécialisé dans le tourisme, a reconnu le banh mi comme l’un des 30 meilleurs sandwichs dans le monde. Le site a conseillé en 2016 à ses lecteurs de goûter à cette spécialité car elle figure parmi les 20 plats à ne pas manquer. "Ce plat est de plus en plus populaire. Mais le meilleur banh mi se trouve dans des rues de Hô Chi Minh-Ville", fait savoir Fodor’s.

Début août, CNN travel, une filiale de la chaîne d’information en continu américaine CNN, a honoré la mégapole du Sud comme l’une des 23 villes comptant les meilleurs plats dans le monde, dont le banh mi, un incontournable! – CVN/VNA
 

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