À quand une voiture «made in Vietnam» ?

Le premier groupe vietnamien Vingroup, suite à la mise en chantier de son usine de voitures et motos à Hai Phong, a réveillé le rêve d’une marque automobile vietnamienne.

Hanoi (VNA) – Le premier groupe vietnamien Vingroup, suite à la mise en chantier de son usine de voitures et motos à Hai Phong, a réveillé le rêve d’une marque automobile vietnamienne. Qu’en est-il exactement ? Éléments de réponse.

 À quand une voiture «made in Vietnam» ? ảnh 1Lancement des travaux de Vinfast dans la zone industrielle de Dinh Vu - Cat Hai (ville de Hai Phong), en présence du Premier ministre Nguyên Xuân Phuc (centre). Photo : VNA

Vingroup a démarré tout récemment la construction d’une usine de voitures et motos à Hai Phong, la grande ville portuaire du Nord,  qui devrait produire sa première moto électrique en 2018, sa première voiture et son premier SUV en 2019, et sa première voiture électrique en 2020.

Le complexe, qui sera géré par la filiale Vinfast, couvrira un site de 335 hectares avec cinq grands ateliers. Les moteurs et les composants majeurs seront achetés auprès des meilleurs constructeurs européens et américains, tandis que les modèles seront conçus par de célèbres designers italiens, qui ont créé les plus belles voitures au monde des marques Alfa Romeo, Aston Martin, Audi, Bentley, Jaguar, Porsche ou encore Rolls-Royce. Vinfast utilisera des technologies avancées et soucieuses de l’environnement, en recourant notamment aux énergies renouvelables, pour respecter les normes d’émission Euro 5.0 et Euro 6.0.

Afin de devenir un important constructeur automobile en Asie du Sud-Est avec une capacité annuelle de 500.000 unités par an en 2025, Vinfast a signé un protocole d’accord avec Credit Suisse AG concernant un emprunt d’une valeur de 800 millions de dollars. La filiale travaillera également avec des partenaires vietnamiens dans la fabrication de pièces de rechange, afin d’atteintre un taux de composants faits sur place de 60%.

L’espoir mis dans le Vingroup

La naissance du complexe Vinfast marque l’émergence du Vietnam sur la carte des constructeurs automobiles mondiaux et l’incursion de Vingroup dans l’industrie lourde, en dehors de ses six domaines principaux que sont l’immobilier, le tourisme de divertissement, la vente au détail, la santé, l’éducation et l’agriculture. La production portera sur 100.000 à 200.000 unités par an dans une première phase (berlines à 5 places, SUV à 7 places et motos électriques).

L’industrie automobile jouera un rôle important dans l’industrialisation et la modernisation du pays. Promis à une forte croissance économique ces prochaines années et disposant d’une population jeune, le Vietnam affiche de grandes perspectives en matière de consommation d’automobiles. En outre, grâce à son intégration économique internationale, les opportunités d’exportation de tels véhicules sont nombreuses. Le développement de l’industrie automobile nationale est très important pour rogner les parts de marché encore laissées aux constructeurs étrangers.

«L’initiative d’une industrie automobile vietnamienne est née dans les années 1990, après le VIIIe Congrès du Parti communiste du Vietnam (PCV) en 1996», a fait savoir Luu Bich Hô, ancien directeur de l’Institut de stratégie pour le développement, relevant du ministère du Plan et de l’Investissement. «À cette époque-là, l’industrie automobile est introduite dans la Résolution du PCV sous la définition d’industrie de base », a ajouté Luu Bich Hô.

Pourtant, selon le rapport du ministère de l’Industrie et du Commerce daté d’avril 2017, l’industrie automobile nationale s’arrête seulement à l’assemblage simplifié. Concrètement, la chaîne de construction automobile du pays est composée de quatre processus : soudage, peinture, assemblage et expertise. La faillite du plan de création d’une industrie automobile vietnamienne s’est traduite par le faible taux de localisation des pièces détachées. Le taux actuel n’est en effet que de 7-10% contre l’objectif de 40% ciblé pour 2005, il y a 12 ans déjà... Le taux de localisation est élevé dans certaines usines : 37% chez Toyota Vietnam, 15-18% chez Truong Hai Auto (Thaco), même si cela reste très éloigné du taux moyen dans la région (65-70%).

Faire renaître un rêve inachevé
 À quand une voiture «made in Vietnam» ? ảnh 2L’usine de Thaco Truong Hai dans la zone économique ouverte de Chu Lai, province de Quang Nam (Centre). Photo : VNA

Il y a sept ans, l’entreprise Xuân Kiên avait l’ambition de construire une voiture «made in Vietnam» labellisée Vinaxuki. Mais cette dernière n’a jamais foulé le tarmac et le patron de Xuân Kiên, Bùi Ngoc Huyên, a dû vendre tous ses biens pour s’acquitter de ses dettes. 

Cette année, certains constructeurs automobiles vietnamiens ont refait surface dans l’ambition d’exporter vers les pays de l’Asie du Sud-Est, en profitant des privilèges fiscaux. Thaco Truong Hai a mis en chantier une usine Mazda dans la province de Quang Nam (Centre), d’un investissement de 12.000 milliards de dôngs. Opérationnel en avril 2018, le complexe aura une puissance de 100.000 véhicules par an, lesquels seront notamment exportés vers le Laos et le Myanmar. «Le taux de localisation des pièces détachées sera porté à 40%», a assuré le président de Thaco Truong Hai, Trân Ba Duong.

Pour sa part, le groupe Hyundai Thành Công a signé un contrat avec le groupe sud-coréen Hyundai pour élargir la production de voitures de tourisme dans la province de Ninh Binh (Nord). L’usine sera inaugurée en 2018, avec une capacité de production de 40.000 unités par an.

Et enfin, comme il a été longuement mentionné, il y a la mise en chantier de l’usine de voitures et motos à Hai Phong de Vingroup, pour espérer enfin une implantation solide de l’industrie automobile vietnamienne après laquelle le pays court depuis 20 ans. – CVN/VNA

Voir plus

Le conditionnement local permet aux magasins magasins de proximité GS25 de ne commander que les quantités nécessaires. Photo d'illustration: VNA

Le sud-coréen GS25 désigne une bananeraie dédiée au Vietnam

La chaîne de magasins de proximité GS25 a mis en place une bananeraie dédiée au Vietnam afin de garantir une qualité constante et de sécuriser son système d’approvisionnement en produits frais. Cette stratégie vise à réduire les aléas susceptibles de survenir lors de la distribution et à instaurer un système logistique optimisé pour les spécificités des magasins de proximité.

Des étudiants s'exercent à la programmation de microcontrôleurs au Collège de technologie Vietnam-République de Corée, dans la province de Bac Ninh. Photo : VNA

Le Vietnam attire de plus en plus de grandes entreprises américaines de semi-conducteurs

Le Vietnam a bâti une solide industrie des semi-conducteurs et de l’électronique avant de rejoindre l’initiative ITSI, attirant ainsi de grandes entreprises américaines du secteur. Intel Products Vietnam compte parmi les plus importants sites d’assemblage et de test d’Intel à l’échelle mondiale, tandis que des sociétés de conception de puces telles que Synopsys, Cadence, Marvell et Qualcomm ont établi des centres d’ingénierie et de recherche dans ce pays d’Asie du Sud-Est.

Les exportations du secteur du textile et de l’habillement s'est élevée à 27,020 milliards de dollars au cours des sept premiers mois. Photo: VNA

Textile-habillement : les exportations dépassent 27 milliards de dollars en sept mois

En juillet 2026, les exportations du secteur s'est élevée à 4 672 millions de dollars, soit une hausse de 4,3 % sur un an. Sur les sept premiers mois de l’année, leur valeur totale s’est établie à 27,020 milliards de dollars, en progression de 2,67% par rapport à la même période de 2025. Ces résultats traduisent les efforts déployés pour trouver des commandes, diversifier les marchés et optimiser la production.

Photo d'illustration: VNA

Ha Tinh : plus de 7 800 milliards de dongs investis dans quatre projets éoliens

Les quatre projets éoliens seront implantés sur le territoire des communes de Ky Van, Ky Lac, Ky Hoa et Ky Thuong, province de Ha Tinh, et comprendront un total de 45 turbines. Selon les prévisions techniques, ces installations devraient injecter chaque année environ 591,456 millions de kWh dans le réseau électrique national.