À Hanoi, les artistes entretiennent la flamme du chant xâm

Dans le monde de la musique folklorique du Vietnam, le chant xâm fait partie de l’identité culturelle nationale, d’où la nécessité de préserver ses valeurs artistiques.

Hanoi (VNA) – Dans le monde de la musique folklorique du Vietnam, le chant xâm fait partie de l’identité culturelle nationale, d’où la nécessité de préserver ses valeurs artistiques.

À Hanoi, les artistes entretiennent la flamme du chant xâm ảnh 1Le "hat xâm" interprété sur le grand théâtre. Photo : VNA

Le hat xâm (chant des aveugles) représente un des arts vocaux originaux des Vietnamiens. À Hanoi, bien que ce chant soit apparu plus tard que dans les autres provinces et villes, il comprend cependant des figures réputées comme Vu Duc Sac et Nguyên Van Khôi, qui ont tous deux contribué à créer un nouveau style de hat xâm. Le xâm tàu diên (littéralement "xâm au tram" - tirant son nom de l’ancien mode de transport à Hanoi, le tramway) comprend des mélodies courtes, entraînantes aux rythmes rapides, inspirées d’œuvres de poètes célèbres tels que Nguyên Khuyên, Nguyên Binh et Tan Dà, notamment.

"Il existe plusieurs airs différents de hat xâm mais le xâm tàu diên symbolise véritablement l’originalité et la fierté des Hanoiens", a déclaré l’"Artiste du Peuple" Xuân Hoach. Malgré l’enthousiasme des spectateurs, cet art est peu à peu tombé dans l’oubli en raison notamment de la disparition de certaines figures emblématiques dont Hà Thi Câu.

Plus tard, avec le fort développement des médias et la multiplication des divertissements modernes, le nombre de personnes qui se souviennent de ce chant folklorique est devenu dérisoire. Les artistes ne cachent pas leur regret devant le déclin de cet art. Néanmoins, de par leurs efforts inlassables, Thao Giang, Thuy Ngân, Xuân Hoach ou Van Ty ont su le faire renaître de ses cendres. Ils ont changé l’idée reçue selon laquelle le hat xâm était le seul moyen de subsistance des mendiants d’autrefois.

Des représentations ont lieu désormais dans de grands théâtres du pays et même à l’étranger. L’accueil chaleureux du public de Hanoi n’a pas diminué depuis 2005 lorsque le compositeur Thao Giang s’était alors produit au carrefour de la rue Hàng Dào dans le Vieux quartier. Des souvenirs qui resteront encrés dans sa mémoire à jamais. 

Il raconte : "Je ne pensais pas que le hat xâm pouvait attirer autant de spectateurs. Malgré la superficie étroite du théâtre, les habitants affluaient pour assister au spectacle. Par la suite, grâce à diverses sources de soutiens financiers, nous avons pu déplacer le théâtre à côté du marché de Dông Xuân. Et, depuis, les interprétations sont maintenues. Les applaudissements et acclamations ces 15 dernières années nous ont poussés à continuer à nous consacrer à notre passion afin d’offrir les meilleures représentations au public".

On ne peut parler du hat xâm contemporain sans mentionner les contributions de jeunes dont l’"Artiste Émérite" Mai Tuyêt Hoa et les membres du groupe Xâm Hà Thành. Artistes, journalistes, enseignants et poètes, tous sont guidés par un amour commun pour cet art populaire.

À Hanoi, les artistes entretiennent la flamme du chant xâm ảnh 2Des fillettes chantent du "xâm" dans le district de Yên Mô, province de Ninh Binh (Nord). Photo : VNA

Étant une des meilleures élèves de la défunte artiste Hà Thi Câu, Mai Tuyêt Hoa est capable de chanter les airs les plus difficiles. Elle compose également des œuvres dont les contenus abordent des thèmes différents, allant de l’amour envers le pays natal à la mer et aux îles du pays en passant par Hanoi et ses 36 rues et corporations, notamment. Plus récemment, de plus jeunes encore ont composé des morceaux plus modernes inspirés de la beauté et de la gastronomie de la capitale.

À côté de publications de chansons sur YouTube, Xâm Hà Thành se produit tous les weekends au cœur de la zone piétonne autour du lac de l’Épée restituée. Mai Tuyêt Hoa partage : "Nous faisons de notre mieux pour rapprocher au mieux le xâm du public. Au travers de certains arts populaires, nous souhaitons présenter aux touristes vietnamiens et étrangers la quintessence de la musique du pays, contribuant ainsi à développer le tourisme de la capitale".

Il est loin le temps des débuts avec un seul club en 2005. En effet, on en recense à présent plus de 20, dans l’ensemble du pays. Dans certaines localités du Nord comme Hai Phong, Hai Duong, Nam Dinh et Quang Ninh, les clubs prospèrent même et attirent de nombreux participants.

Le hat xâm s’exporte également à l’étranger dans de nombreux pays tels que le Japon, la République de Corée, la France et l’Allemagne, entre autres. Nombreux sont les Vietnamiens d’outre-mer qui, en raison de leur engouement pour le chant, établissent des clubs. Il y a également des adeptes étrangers qui font des demandes de bourses afin de se rendre au Vietnam pour y apprendre le xâm.

Si la route reste encore longue pour un développement fort et florissant de ce chant, les artistes ne cessent de s’évertuer pour raviver et maintenir la flamme d’un art folklorique unique. – CVN/VNA

Voir plus

Le festival offre un espace d’échanges et de rencontres entre artisans, entreprises, chercheurs et passionnés de gastronomie, au Vietnam comme à l’étranger. Photo : VNA

Le pho vietnamien, entre héritage et modernité, à l’honneur à Ninh Binh

Le Festival du Pho 2026, visant à honorer les racines historiques du métier du pho et à mettre en lumière le développement continu de ce patrimoine à travers les différentes régions du pays, a débuté le 20 mars dans l’espace piétonnier de Thien Truong (cité urbaine de Thong Nhat, quartier de Thien Truong, province de Ninh Binh). 

Ces tableaux sont méticuleusement composés à partir de grains de riz aux nuances variées. Photo : VNA

Un jeune de Can Tho et son modèle d’entrepreneuriat innovant à partir de grains de riz

Khuu Tan Buu, domicilié dans le quartier de Ninh Kieu à Can Tho, a concrétisé son projet d’entrepreneuriat en créant des tableaux artistiques à partir de grains de riz. Ses œuvres, d’une grande richesse thématique - paysages du terroir, scènes des marchés flottants de Can Tho, portraits du Président Ho Chi Minh ou encore commandes personnalisées - se distinguent par une signature esthétique singulière. Au-delà de la dimension entrepreneuriale, cette initiative contribue à valoriser le patrimoine culturel et à promouvoir l’image des habitants du delta du Mékong, en mettant en lumière un savoir-faire original ancré dans les traditions locales.

Le Banh cuon Thanh Tri se distingue par sa finesse, sa texture soyeuse et son parfum délicat de riz. Photo: VNA

Le "banh cuon" de Thanh Tri : Un savoir-faire ancestral élevé au rang de patrimoine culturel immatériel national

La décision du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme classant cet artisanat dans la catégorie des savoir-faire traditionnels et des connaissances populaires, a été officiellement rendue publique le 18 mars. Cette reconnaissance consacre une valeur culturelle séculaire et met en lumière le rôle essentiel de la communauté locale dans la préservation et la transmission de ce patrimoine unique.

Des visiteurs contemplent les photos exposées. Photo: VNA

Exposition «Vietnam, Une Terre, Un Peuple » à Perpignan, en France

Ouverte au public jusqu’au 10 avril, l’exposition «Vietnam, Une Terre, Un Peuple » présente 45 œuvres du photojournaliste Le Van Minh, de l’Agence vietnamienne d’information (VNA). Ses clichés offrent un regard authentique sur la beauté des paysages, la vie sociale et la physionomie du Vietnam dans sa dynamique de développement et d’intégration internationale.

Scène du film "Le Bleu du caftan", délicate chronique d'une renaissance amoureuse par la cinéaste marocaine Maryam Touzani.

Le Festival du film francophone revient avec sept films en tête d’affiche

Le public aura l’occasion de découvrir une sélection de sept films présentés par les ambassades de France, de Suisse, du Canada, d’Haïti et de la République dominicaine, ainsi que par la Délégation Wallonie-Bruxelles et le Bureau régional Asie-Pacifique de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Un stand de Mockingbird Pictures (Vietnam) lors de l'événement. Photo :VNA

Le cinéma vietnamien en vitrine au FILMART 2026 à Hong Kong (Chine)

La 30ᵉ édition du Hong Kong International Film & TV Market (FILMART) qui se déroule entre le  17 et le 20 mars à Hong Kong attire plus de 790 exposants issus de 38 pays et territoires, dont le Vietnam, représenté par le pavillon de l’Association vietnamienne pour le développement du cinéma (VFDA), ainsi que par des sociétés telles que BHD et Mockingbird Pictures.