VNeID : le carnet de santé électronique au cœur de la stratégie nationale de prévention

Face à l’augmentation des maladies non transmissibles et au vieillissement rapide de sa population, le ministère de la Santé du Vietnam déploie une stratégie nationale de prévention axée sur le dépistage précoce et la numérisation des données médicales via l’application VNeID.

Les personnes âgées subissent un examen complet des oreilles, du nez et de la gorge. Photo : VNA
Les personnes âgées subissent un examen complet des oreilles, du nez et de la gorge. Photo : VNA

Hanoi (VNA) - Face à l’augmentation des maladies non transmissibles et au vieillissement rapide de sa population, le ministère de la Santé du Vietnam déploie une stratégie nationale de prévention axée sur le dépistage précoce et la numérisation des données médicales via l’application VNeID.

Fin mars 2026, le carnet de santé électronique intégré à VNeID a été déployé dans l’ensemble des 34 provinces et villes du pays, avec près de 30 millions de dossiers créés. Cependant, les informations disponibles proviennent principalement des services de soins couverts par l’assurance maladie, tandis que les données issues des examens périodiques et des dépistages restent partiellement déconnectées.

Le Centre national d’information sanitaire propose ainsi des solutions visant à relier les données collectées auprès des établissements de santé, des postes sanitaires de proximité ainsi que des campagnes mobiles organisées dans les administrations, les établissements scolaires et les entreprises. Ces données seront intégrées dans la base nationale de santé et synchronisées avec la base de données nationale sur la population, afin d’être accessibles via l’application VNeID.

vnanet-2jpg.jpg
Les habitants viennent se faire soigner à la station de santé de la commune de Cưor Dang (province de Dak Lak). Photo : VNA

Un dispositif de dépistage renforcé et accessible

Selon le ministère de la Santé, les établissements chargés des examens périodiques devront répondre aux normes en vigueur. Les consultations seront prioritairement organisées dans les postes de santé communaux ou dans les structures où les citoyens sont enregistrés pour les soins de base, sans distinction entre secteurs public et privé, à condition de respecter les critères réglementaires et de proximité.

Dans les zones aux infrastructures limitées, hôpitaux et centres médicaux seront mobilisés pour appuyer les activités, notamment via des unités mobiles de dépistage.

Les examens gratuits seront adaptés aux tranches d’âge : pour les moins de 18 ans, les examens complémentaires (analyses, imagerie) seront réalisés sur prescription médicale. Pour les adultes, un ensemble de tests standards est prévu, comprenant analyses sanguines, examens urinaires, radiographie thoracique et échographie abdominale, complétés si nécessaire par d’autres examens prescrits par les médecins.

Une réponse aux défis croissants de santé publique

Le ministère souligne que, conformément aux pratiques internationales, la mise en œuvre de programmes de dépistage et d’examens périodiques à l’échelle communautaire constitue un levier efficace pour détecter précocement les maladies, réduire la mortalité prématurée et limiter les coûts de santé à long terme.

Le Vietnam fait face à une double charge sanitaire : la persistance de maladies infectieuses émergentes et la progression rapide des maladies non transmissibles, telles que l’hypertension, le diabète, les cancers, les troubles lipidiques et les maladies cardiovasculaires. Ces pathologies représentent plus de 70 % de la charge de morbidité et de mortalité, avec un taux encore élevé de diagnostics à un stade avancé, entraînant des coûts de traitement importants et une pression accrue sur le système de santé.

Par ailleurs, une tendance au rajeunissement des maladies non transmissibles est observée, avec une augmentation des cas parmi la population active. Cette évolution intervient dans un contexte de vieillissement démographique accéléré : d’ici 2035, près de 20 % de la population aura plus de 60 ans, inscrivant le pays dans une phase de population vieillissante.

Face à ces défis, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de renforcer les stratégies de prévention, le dépistage ciblé et la gestion des risques selon l’âge, le sexe et les facteurs de vulnérabilité. L’objectif est de réduire la mortalité précoce, de maîtriser les dépenses de santé et de garantir la durabilité du système de protection sociale.

Dans cette perspective, le ministère de la Santé réaffirme le principe selon lequel « prévenir vaut mieux que guérir », soulignant que les coûts liés à la prévention demeurent nettement inférieurs à ceux du traitement des maladies chroniques, en particulier les pathologies cardiovasculaires, les cancers et les troubles métaboliques. -VNA

Voir plus

À partir de 2026, tous les habitants de Hô Chi Minh-Ville bénéficieront d’un bilan de santé périodique, au moins une fois par an. Photo: VNA

Hô Chi Minh-Ville déploie un suivi de santé annuel pour toute la population

Selon ce plan, d’ici 2030, tous les enfants de moins de 24 mois bénéficieront d’examens, de dépistages, d’un suivi et d’une prise en charge médicale réguliers, conformément à la réglementation. Tous les élèves et étudiants auront droit à au moins un bilan de santé annuel. Par ailleurs, les employés des agences, organisations, entreprises, parcs industriels et zones franches d’exportation bénéficieront d’examens de santé périodiques et d’un dépistage des maladies professionnelles au moins une fois par an.

Scanner pulmonaire réalisé pour un patient à l’Hôpital des maladies pulmonaires de Nam Dinh. Photo: VNA

Tuberculose : l’intégration du dépistage dans les bilans de santé en ligne de mire

La Résolution n°72-NQ/TW du Bureau politique, adoptée le 9 septembre 2025, a orienté le secteur de la santé vers une approche centrée sur la prévention, avec les soins de santé primaires comme socle. Cette orientation crée des conditions favorables à l’intégration du dépistage de la tuberculose dans les examens médicaux périodiques et les campagnes de dépistage gratuit.

Le Vietnam progresse dans la chirurgie cardiaque pédiatrique complexe

Le Vietnam progresse dans la chirurgie cardiaque pédiatrique complexe

Au cours de la dernière décennie, le Centre cardiovasculaire de l’Hôpital national pédiatrique a réalisé plus de 10 000 opérations à cœur ouvert, 5 000 interventions à cœur fermé et près de 9 000 actes cardiovasculaires et traitements des troubles du rythme. Avec environ 300 chirurgies cardiaques néonatales par an, le centre est désormais la plus grande unité de ce type en Asie du Sud-Est.

L'équipe réalisant la transplantation multi-organes Domino à l'hôpital Viet Duc le 13 mars 2026. Photo : VNA

Première transplantation multi-organes en domino réussie au Vietnam

La première transplantation multi-organes en domino réalisée avec succès au Vietnam. Cette information a été rendue publique dans la matinée du 19 mars, à Hanoï, à l'issue d'une conférence de presse organisée par le Département de gestion des examens et traitements médicaux du ministère de la Santé, en collaboration avec l’Hôpital de l’amitié Viêt Duc.

Des patients s'enregistrent à l'accueil d’un hôpital. Photo : VNA

Hô Chi Minh-Ville vise la gratuité des soins hospitaliers de base d’ici 2030

La mégapole du Sud s’est fixé plusieurs objectifs de santé clés à atteindre d’ici 2030. La taille moyenne des enfants et adolescents de moins de 18 ans devrait augmenter d’au moins 1,5 cm, tandis que l’espérance de vie moyenne des habitants devrait atteindre environ 77 ans, dont au moins 68 ans en bonne santé.

Le prof. associé-Dr Trân Quang Nam, chef du service d’endocrinologie du Centre médical universitaire de Hô Chi Minh-Ville. Photo : S.X.

Près de 20% des Vietnamiens souffrent de surpoids

D’après un récent rapport publié par l’agence d’études de marché Decision Lab, parmi plus de 1.000 Vietnamiens interrogés, 83% reconnaissent l’obésité comme une maladie pouvant entraîner de nombreuses affections chroniques. Pourtant, la prise en charge précoce est freinée par la sédentarité généralisée, les conséquences sanitaires tardives et des croyances culturelles profondément ancrées.