Une start-up vietnamienne sur le toit du monde

MimosaTEK a remporté la finale régionale de Seedstars World organisée à Hô Chi Minh-Ville. Son projet d’agriculture «intelligente» pourrait la couronner en mars 2017 de meilleure start-up au monde.
Une start-up vietnamienne sur le toit du monde ảnh 1Les participants tout sourire de cette nouvelle édition de Seedstars World à Hô Chi Minh-Ville.

Ho Chi Minh-Ville (VNA) - MimosaTEK a remporté la finale régionale de Seedstars World organisée à Hô Chi Minh-Ville. Son projet d’agriculture «intelligente» pourrait la couronner en mars 2017 de meilleure start-up au monde.

Ils étaient sept au départ de la journée du 29 mai. Mais il ne pouvait en rester qu’une seule. La meilleure. Et cette année, c’est MimosaTEK. L’heureuse élue a remporté dans les locaux de Dreamplex à Hô Chi Minh-Ville son ticket pour représenter le Vietnam lors de la prochaine finale de Seedstars World. Depuis quatre ans, cette compétition internationale est organisée dans 60 pays, et déniche les start-ups les plus prometteuses et innovantes. Les finalistes partiront en mars prochain pour la Suisse, dans l’espoir de remporter près d’un million de dollars d’investissement.

Pourquoi elle et pas une autre ? «Le jury a senti que la start-up proposait un produit qui s’adresse non seulement à un des plus grands défis du Vietnam, mais elle peut aussi avoir un impact dans toute la région, et dans le monde», explique Nick Feneck, un des organisateurs de Seedstars World en Asie. MimosaTEK s’attaque en effet à une problématique de taille au Vietnam : le futur de l’agriculture, et ce en proposant des solutions modernes et high-tech, découlant de l’Internet des objets.

Une aide des plus précieuses

«Les agriculteurs vietnamiens n’ont pas d’information sur les conditions des semences ou leurs besoins en eau ou engrais», indique Nam Dang, responsable de la stratégie pour MimosaTEK. Un manque de données qui les amènent par exemple à irriguer plus qu’il n’en faut ou une sur-utilisation d’engrais, engendrant un faible rendement et une augmentation des coûts.

La solution de MimosaTEK permet aux agriculteurs de connaître en temps réel les besoins du sol et des semences. Des capteurs «intelligents» placés dans le sol contrôlent le niveau d’eau et d’engrais, et ces derniers vont envoyer les données sur un serveur localisé à distance. De là, elles sont traitées par des algorithmes qui vont déterminer les divers besoins. Ces informations sont ensuite envoyées directement sur le téléphone portable de l’agriculteur, qui peut suivre en direct les diverses données relevées, mais également recevoir des conseils et des alertes. L’application permet également d’enclencher à distance les équipements, en fonction des résultats.

Mieux informés, les fermiers savent quand ils doivent planter leurs semences ou effectuer les récoles, mais également la durée et la quantité optimales pour l’irrigation. Selon la start-up, le concept permet d’améliorer au final la qualité des cultures.

Une start-up vietnamienne sur le toit du monde ảnh 2Nguyên Khac Minh Tri (4e à gauche), directeur général de MimosaTEK, et ses collègues.

À l’heure où le pays fait face à la fois à une sécheresse intense et à la salinisation du delta du Mékong, la solution de MimosaTEK est des plus prometteuses. Ses fondateurs ont été à la rencontre de nombreux agriculteurs, et une grande partie a témoigné des difficultés pour accéder à l’eau. «On a toujours pensé que le delta du Mékong ne souffrirait jamais de pénurie», explique Nam Dang. «Mais dans la région du Centre, beaucoup d’entre eux n’arrivent pas à trouver de l’eau, même s’ils percent à plus de 100 m sous la surface». Il raconte notamment le cas des agriculteurs dans la province de Hà Tinh (Centre), pour qui la gestion efficiente de l’eau est devenue cruciale, cette dernière étant maintenant exclusivement utilisée pour la production d’acier. Il faut également tenir compte de la diminution croissante des surfaces de récoltes, précise le responsable de la stratégie de MimosaTEK. En clair, les agriculteurs doivent produire plus, mais avec moins à disposition.

Entretenir un écosystème favorable

La victoire de MimosaTEK est tout un symbole. Dans un univers entrepreneurial orienté majoritairement vers les services à la personne, le projet démontre que l’innovation, mise au service d’un enjeu sociétal, peut être une formidable force créatrice de valeurs, et surtout représenter un grand potentiel de marché. Un message que Seedstars World et MimosaTEK espèrent passer. Ces derniers souhaitent de ce fait une implication encore plus active des politiques pour soutenir les fermiers à mettre à jour leurs pratiques. Ou encore encourager les institutions financières à travailler main dans la main avec le secteur agricole pour développer un modèle économique durable.

C’est aussi une victoire qui illustre cette nouvelle vague entrepreneuriale qui submerge le Vietnam. «Par rapport aux éditions précédentes, le niveau des pitchs et de la compétition s’est grandement améliorée», confie l’organisateur de Seedstars World. «Les projets sont plus variés, de la santé à l’agriculture, du commerce à la publicité. L’écosystème change rapidement, et il devient de plus en fort». Il explique que le niveau technique des Vietnamiens et les divers partenariats créés, notamment avec les universités américaines et la Silicon Valley, favorisent l’émergence et surtout le développement de cet environnement.

«Il y a encore quelques années, personne ne savait ce qu’était un incubateur. Maintenant, TFI, Microsoft Expara, Hatch et bien d’autres encore, soutiennent près d’une centaine de startups chaque année», avance Nam Dang. En compétition directe avec des Venture Capitalists (VC) de Singapour, Malaisie, du Japon ou encore des États-Unis, l’écosystème vietnamien n’a plus le choix. Pour les représentants de Seedstars World, le pays doit se montrer plus attractif, en améliorant notamment le cadre et l’esprit commercial, tout en réussissant à retenir ses meilleurs talents.

D’ici mars 2017, MimosaTEK a encore du chemin et du temps avant d’arriver sur les bords du lac Léman en Suisse, mais Nick Feneck a  quelques derniers conseils pour la start-up vietnamienne : «Ils doivent s’entourer de mentors appropriés, et montrer qu’ils dominent le marché local pour pouvoir après prouver qu’ils peuvent répliquer leur modèle sur d’autres marchés. Nam et son équipe démontrent qu’ils sont des entrepreneurs compétents, et nous somment certains qu’ils vont briller à la finale !». -CVN/VNA

Voir plus

Des navires accostent au port de la Compagnie par actions du port de Hai Phong pendant les vacances du Nouvel An lunaire de l'Année du Cheval (2016). Photo : VNA

Les ports et postes frontières tournent sans interruption pendant le Têt

Le maintien des opérations dans les principaux hubs logistiques pendant le Têt a non seulement garanti la continuité du trafic de marchandises, mais a également insufflé un dynamisme nouveau aux activités de production et commerciales en ce début d’année 2026, jetant ainsi les bases d’une croissance économique et d’un développement des échanges.

Les fruits frais vietnamiens présentés aux consommateurs allemands. Photo: VNA

Exportations agro-forestières et aquatiques : valeur ajoutée et marchés élargis, nouveaux leviers de croissance

Face à un environnement international marqué par le ralentissement économique et le durcissement des normes commerciales, le secteur vietnamien de l’agriculture et de l’environnement mise sur la diversification des marchés, la transformation à forte valeur ajoutée et l’innovation technologique pour maintenir sa dynamique et atteindre un objectif d’exportation de 73 à 74 milliards de dollars.

À ce jour, 100 % des navires de pêche sont marqués et numérotés conformément à la réglementation, et leurs informations sont mises à jour dans la base de données nationale des pêches. Photo : VNA

Lutte contre la pêche INN : Da Nang accélère la restructuration de sa flotte de pêche

Da Nang engage une restructuration de sa flotte de pêche, combinant modernisation des navires, réduction progressive de la pêche côtière et renforcement des infrastructures portuaires, dans l’objectif de lever le « carton jaune » concernant la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) et de développer une filière halieutique durable.

Le village de la soie de Van Phuc applique les technologies et la transformation numérique à sa production. Photo : Bnews/VNA

L’artisanat vietnamien à l’ère du numérique : un levier pour la montée en gamme

Face à la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales et à l’essor des exigences en matière de durabilité, l’artisanat vietnamien engage sa mutation numérique. Entre préservation du savoir-faire traditionnel et adoption des technologies 3D, du commerce électronique et de la gestion fondée sur les données, le secteur ambitionne de renforcer sa compétitivité et de conquérir des segments à plus forte valeur ajoutée sur le marché international.

Résolution n° 79-NQ/TW du Bureau politique relative au développement de l'économie d'État

Résolution n° 79-NQ/TW du Bureau politique relative au développement de l'économie d'État

La Résolution n° 79-NQ/TW du Bureau politique relative au développement de l'économie d'État (promulguée le 6 janvier 2026 par le secrétaire général To Lam) définit pour objectif global de renforcer l'efficience et de valoriser le rôle moteur, pionnier et d'orientation stratégique de l'économie d'État dans les secteurs vitaux. Ce pilier doit entraîner et soutenir les autres composantes économiques vers une croissance durable, tout en garantissant la sécurité nationale et le progrès social. Cette dynamique vise à faire du Vietnam un pays en développement doté d'une industrie moderne et d'un revenu intermédiaire supérieur d'ici 2030, avant de concrétiser la vision 2045 d'un pays développé à revenu élevé. 

Des camions transportent des marchandises à l'exportation au port de Tan Vu, à Hai Phong. Photo : VNA

Un début d’année dynamique pour le commerce extérieur au port de Hai Phong

Du 14 au 20 février, le sous-département des douanes de la région III a reçu 734 déclarations douanières, pour un volume d’affaires global s'élevant à 5,45 milliards de dollars. Parmi celles-ci, 537 dossiers ont été dédouanés, générant plus de 22,6 milliards de dôngs (environ 870.000 dollars) de recettes pour le budget de l’État.

L’ambassadeur du Vietnam en France, Trinh Duc Hai (4e à partir de la gauche), et le vice-président de MEDEF International, Benoît Clocheret (3e) lors de la séance de travail, le 20 février. Photo: VNA

Le Vietnam vise un partenariat économique renforcé avec la France

L’ambassadeur du Vietnam en France, Trinh Duc Hai, le vice-président de MEDEF International, Benoît Clocheret, et des représentants de grandes entreprises françaises se sont penchés sur un large éventail de domaines de coopération potentiels, allant des infrastructures de transport (TGV, métros et aviation) aux énergies renouvelables et nucléaire, en passant par les industries de pointe, les semi-conducteurs, la santé, l’aérospatiale, la défense et l’économie maritime.

Objectif de croissance du PIB régional pour chaque ville et province en 2026

Objectif de croissance du PIB régional pour chaque ville et province en 2026

Le gouvernement a promulgué la Résolution n° 01/NQ-CP du 8 janvier 2026 relative aux principales missions et solutions visant à mettre en œuvre le Plan de développement socio-économique et le budget de l’État pour 2026. Il demande aux ministères, aux secteurs et aux autorités locales de concentrer leurs efforts sur la réalisation d’un objectif de croissance du PIB d’au moins 10 % en 2026. La Résolution fixe également des objectifs détaillés de croissance pour chaque province et ville, tout en garantissant la stabilité macroéconomique, la maîtrise de l’inflation et l’équilibre des grands indicateurs de l’économie.

Le ministre par intérim de l’Industrie et du Commerce, Le Manh Hung, et David Fogel, secrétaire adjoint au Commerce et directeur de l'Administration du commerce international des États-Unis. Photo: moit.gov.vn.jpg

Vietnam-États-Unis : renforcer le dialogue pour faciliter les activités des entreprises

En déplacement à Washington le 18 février, le secrétaire général du Parti, To Lam, a assisté à la signature d’accords de coopération dans des secteurs stratégiques, tandis que les responsables des deux pays ont réaffirmé leur volonté d’accélérer les négociations commerciales et de renforcer un partenariat économique équilibré et durable.