Les chanteurs réunis sous les manguiers centenaires.
Hanoi (VNA) - C'est à la fin du XIXe siècle que le Don ca tài tu (chant folklorique vietnamien) est apparu et est devenu depuis une activité culturelle et spirituelle des habitants dans les 21 provinces et villes du Sud. Il se pratique en bord de mer, à la montagne ou dans les champs.

Le Don ca tài tu est une musique ethnique du Vietnam. Elle a été classée patrimoine culturel immatériel de l’Humanité depuis 2013. Il s’agit d’un art folklorique mêlant musique et chant. Les instruments adaptés à ce style musical sont le luth-lune (dàn nguyêt ou dàn kim), l’instrument à cordes dit dàn nhi ou dàn co, un autre à cordes pincées de la famille des cithares sur table (dàn tranh) ainsi que le monocorde (dàn bâu). La guitare de frette enfoncée peut être aussi utilisée. 

Les chanteurs sont des roturiers, des agriculteurs ou des pêcheurs. Ils se produisent lors de rencontres familiales, pour des noces, des anniversaires de décès ou de naissance, lors de fêtes agricoles (récolte du riz) ou pendant les nuits de pleine lune.

Bac Liêu, berceau du Don ca tài tu

La province de Bac Liêu est considérée comme le berceau du ce chant folklorique. Il s’apparente à un plaisir élégant et un genre musical populaire pour les enfants et les personnes âgées.

Cet art découle des compositions de Cao Van Lâu qui produisit en 1919 le chant célèbre Da cô hoai lang (chanson exprimant le sentiment intime nocturne d’une femme éloignée de son mari). «Les nouvelles générations apprennent et voudraient développer cet art», a affirmé Vu Duy Hai, responsable du club de Don ca tài tu de la commune Vinh Trach Dong, province de Bac Liêu. Ainsi, experts et novices se donnent rendez-vous sous les manguiers centenaires où ces derniers, amateurs de musique, peuvent se réunir afin de partager, d'échanger et de chanter ce fameux chant ethnique.

En effet, c'est à cette occasion que les artistes professionnels enseignent aux nouveaux participants. «Cette musique peut toucher tout le monde. D’ailleurs que l’on soit triste ou heureux, rien n’empêche de chanter un petit air de Don ca tài tu», a partagé Nguyên Thi Ngoc Lan, artiste dudit chant de la province de Bac Liêu.

Un art traditionnel à préserver

Outre à Bac Liêu, le Don ca tài tu est très aimé des habitants du Sud. Ces dernières années, dans les provinces du Sud, des clubs de chant de Don ca tài tu ont été créés afin de répondre aux besoins des touristes et aux activités communes.

À Hô Chi Minh-Ville, il y a 97 clubs de chant de Don ca tài tu et la province de Bà Ria – Vung Tàu compte 58 clubs contre 156  dans la province de Soc Trang.

Ce genre musical est très populaire dans les villages et les communes. «C’est une beauté traditionnelle du Vietnam. C'est un art qui me passionne réellement. Le trait particulier du Don ca tài tu est le mélange entre musiques et chants, de même que le mélange de sentiments dans les mélodies», a déclaré l’artisan Vân Hanh, province de Bà Ria – Vung Tàu, amoureux de cette musique depuis 17 ans.

Les jeunes générations aussi s’y mettent.  «J’ai choisi cette musique parce que mes parents me l’ont fait écouter dès mon enfance, du coup je m'y suis énormément attaché. Je trouve que le Don ca tài tu s'intègre parfaitement avec les émotions et le cœur des chanteurs. Les mélodies sont douces. C'est vraiment un chant qui me touche et auquel je m'identifie.», a conclu Trân Thi Kim Trâm, 9 ans, membre du club de Don ca tài tu du district de Dât Do, province de Bà Ria – Vung Tàu.

Actuellement, plusieurs provinces et villes du Sud mettent en place des projets afin de conserver et de développer cet art traditionnel sous forme de cours de Don ca tài tu, de concours, de nouvelles compositions et de festivals notamment. -CVN/VNA