Une doctoresse américaine au grand cœur à Dà Nang

Virginia Mary Lockett exerce de nombreuses activités philanthropiques dans le cadre de son ONG Steady Footsteps. Elle a vendu sa maison aux États-Unis pour réaliser son rêve: aider les patients vietnamiens
Dà Nang (VNA) - Depuis des années, l’Américaine Virginia Mary Lockett, 64 ans, exerce de nombreuses activités philanthropiques dans le cadre de son ONG, Steady Footsteps. Elle a vendu sa maison aux États-Unis pour réaliser son rêve : aider les patients vietnamiens.
Une doctoresse américaine au grand cœur à Dà Nang ảnh 1Virginia Mary Lockett (2e à droite) a un excellent contact avec les patients. Photo : TT/CVN

Pendant une journée d’été, une jeune femme a été transférée à l’Hôpital de médecine traditionnelle de Dà Nang, rue Trân Thu Dô. Cette patiente de 22 ans n’a pu plus bouger ses jambes suite à un accident de la route trois mois auparavant. Les médecins de l’hôpital ont déjà fait un examen complet de son état, malgré la détresse émotionnelle et le manque de coopération de la patiente.

Très vite, une femme étrangère, vêtue d’un manteau blanc, s’assit à côté de la jeune femme en larmes, et lui demanda en vietnamien : «Est-ce que ça fait mal ?».

Après un entretien chaleureux en présence d’un interprète, la patiente s’est finalement calmée et les équipes médicales ont pu appliquer un soin sur ses jambes douloureuses.

«C’est de la psychothérapie, a expliqué Hà Thi Nhung, technicienne à l’hôpital. Elle tente de comprendre le comportement et l’état d’esprit du patient avant d’étudier son état de santé. Elle aide les patients à nous faire plus confiance».

Depuis des années, Nhung et ses collègues de l’Hôpital de médecine traditionnelle de Dà Nang (Centre) sont habitués à la présence de la physiothérapeute américaine Virginia Mary Lockett.

Cette sexagénaire est très active quand il s’agit de prodiguer des soins aux patients ou de former la jeune génération de médecins dans le pays.

L’évènement déclencheur

Virginia Mary Lockett et son époux sont arrivés au Vietnam pour la première fois en 1995 pour adopter un enfant dans la ville de Nha Trang, province de Khanh Hoa (Centre). C’est par hasard que leur interprète de l’époque a appris que Lockett était médecin. Quand il l’a connue, il l’a invitée chez lui pour demander des conseils en vue d’aider son père paralysé à aller mieux.

Ce dernier s’était brisé le fémur dans un accident de la circulation, puis avait subi des complications ayant entraîné une paralysie de ses membres. Les médecins de l’époque n’avaient pas la formation appropriée pour pouvoir l’accompagner et améliorer son quotidien.
Une doctoresse américaine au grand cœur à Dà Nang ảnh 2Virginia Mary Lockett (2e à droite) donne une formation aux techniciens à l’Hôpital de médecine traditionnelle de Dà Nang (Centre). Photo : TT/CVN

«J’ai dit à l’interprète que son père n’aurait pas été dans une situation pareille s’il avait été traité aux États-Unis. Cette phrase les avait fait beaucoup pleurer», s’est souvenu Lockett. 

Leurs sanglots ont hanté Lockett bien après son retour aux États-Unis. Cet épisode  l’a incitée à retourner au Vietnam dix ans plus tard en tant que bénévole de Health Volunteers Overseas (HVO), un organisme à but non lucratif basé à Washington (États-Unis) ayant pour objectif d’améliorer la qualité des soins de santé dans les pays à ressources limitées.

L’installation définitive au Vietnam

En tant qu’experte en physiothérapie, Lockett a passé trois semaines à travailler avec des médecins dans un centre de réadaptation à Dà Nang, où elle a animé des séances de formation. Cependant, ce court programme de bénévolat était loin de satisfaire son envie de modifier en profondeur l’état des services de soin dans la ville.

De nouveau de retour aux États-Unis, Lockett n’a pas abandonné la cause pour autant. «Au Vietnam, le nombre de patients qui ont vraiment besoin de moi est plus élevé qu’aux États-Unis. Je me suis dit : pourquoi ne pas s’installer au Vietnam pour s’occuper des patients et partager mon expérience en médecine», a-t-elle expliqué. Sa décision a été totalement approuvée par son mari.

Des mots qui ont rapidement été suivis des actes puisque dès l’été 2006, Lockett et son mari ont vendu leur maison pour venir au Vietnam avec un visa en poche.

Avant de vendre leur maison, Lockett avait contacté l’ambassadeur du Vietnam à Washington D.C, pour lui demander si elle pouvait travailler à long terme en tant qu’experte médicale au Vietnam.

Quand elle a reçu la réponse de l’ambassadeur qui lui conseillait d’aller travailler pour une organisation non gouvernementale, elle a décidé de fonder la sienne. Steady Footsteps a été créée dans le but de fournir une assistance aux personnes handicapées au Vietnam. Elle compte trois membres fondateurs : le couple et son interprète vietnamien Nguyên Huu Huy.

«Ils ont un grand cœur, un style de vie frugal et une volonté inconditionnelle de faire de leur mieux pour aider les patients, a déclaré Huy. Ils éprouvent de la joie de voir des patients de mieux en mieux soignés».

Selon Nguyên Vân Anh, directrice de l’Hôpital de médecine traditionnelle de Dà Nang, Lockett a apporté un nouveau souffle à l’unité de physiothérapie de l’hôpital.

Le nombre de patients recherchant un traitement physio thérapeutique a augmenté, au point que des extensions ont dû être faites, a déclaré Vân Anh.

«Pendant de nombreuses années, Virginia n’a pas compté ses heures et n’a pas pris de jours de congé, alors qu’elle était bénévole. Nous avions également fait le choix de fournir un soutien financier en payant son interprète, mais elle a rejeté l’idée tout de suite», a-t-elle ajouté.

Pour Lockett, ce qu’elle accomplit au Vietnam depuis une dizaine d’années correspond à ce qu’elle avait toujours voulu faire depuis qu’elle est diplômée de médecine. – CVN/VNA
 

Voir plus

La première greffe de pénis provenant d’un donneur en état de mort cérébrale au Vietnam. Photo: VNA

Le Vietnam réussit sa première greffe de pénis à partir d’un donneur en mort cérébrale

L’Hôpital d'amitié Viêt Duc à Hanoi a réalisé avec succès la première greffe de pénis provenant d’un donneur en état de mort cérébrale au Vietnam. Cette intervention constitue une étape importante dans le développement des greffes de tissus composites complexes et témoigne de la maîtrise croissante des techniques chirurgicales de pointe par les équipes médicales vietnamiennes.

Images tomodensitométriques du patient. Photo fournie par l’Hôpital d’oncologie de Dà Nang

L’Hôpital d’oncologie de Dà Nang traite un cas de mutations séquentielles rares

Les résultats recoupés des analyses d’échantillons ont mis en évidence une co-mutation des gènes EGFR et ALK. D’après les médecins, les patients atteints d’un cancer du poumon présentent le plus souvent une seule anomalie génétique dite «pilote» ou «guide». La présence simultanée de deux mutations pilotes majeures et mutuellement exclusives était considérée comme rarissime.

Des agents du poste de santé de la commune de Nâm Kè, dans la province de Diên Biên, dispensent des soins médicaux à la population locale. Photo : VNA

Le Vietnam accélère la modernisation de son système de santé

Dans le cadre de la mise en œuvre de la Résolution n°72-NQ/TW du Bureau politique, les localités vietnamiennes renforcent les soins de santé primaires, accélèrent la transformation numérique et développent des ressources humaines médicales de qualité afin de bâtir un système de santé moderne, équitable et centré sur les citoyens.

L'équipe médicale de de la province de Khanh Hoa assure des consultations médicales au profit des personnes âgées. Photo: VNA

Premier semestre 2026 : plus de 94 millions d’actes médicaux couverts par l’assurance maladie

Le Vietnam a enregistré près de 94,4 millions de consultations et d’hospitalisations prises en charge par l’assurance maladie au cours des six premiers mois de 2026, pour des dépenses avoisinant 84.766 milliards de dôngs. Face à la hausse continue des coûts médicaux, les autorités entendent renforcer le contrôle des dépenses tout en garantissant les droits des assurés.

La première greffe de pénis provenant d’un donneur en état de mort cérébrale au Vietnam. Photo: VNA

Le Vietnam réussit sa première greffe de pénis à partir d’un donneur en mort cérébrale

L’Hôpital d'amitié Viêt Duc à Hanoi a réalisé avec succès la première greffe de pénis provenant d’un donneur en état de mort cérébrale au Vietnam. Cette intervention constitue une étape importante dans le développement des greffes de tissus composites complexes et témoigne de la maîtrise croissante des techniques chirurgicales de pointe par les équipes médicales vietnamiennes.

Le Docteur Nguyên Thanh Xuân réalise une opération chirurgicale crânienne. Photo: VNA

Le Vietnam veut développer un écosystème national de santé spécialisé

La transformation fondamentale en matière de santé spécialisée dans la période à venir consiste à passer d’une approche d’investissement dans certains établissements de santé spécialisés dans chaque localité à l’organisation d’un réseau de santé spécialisé multiniveau dont les acteurs assument des rôles bien définis, sont étroitement interconnectés et se soutient mutuellement.

Le prélèvement multi-organes réussi à l’Hôpital de Bai Chay permet de sauver cinq patients. Photo: VNA

Cinq patients sauvés après un prélèvement multi-organes réussi à l’Hôpital de Bai Chay

L’Hôpital de Bai Chay s’est coordonné avec le Centre national de coordination des greffes d’organes et des spécialistes afin d’assurer une prise en charge optimale du donneur, d’évaluer la qualité des organes et de préparer les interventions chirurgicales. Les équipes médicales ont prélevé avec succès le cœur, un foie et deux reins, tandis que les poumons ne répondaient pas aux critères nécessaires pour une transplantation.

Séance de travail entre des responsables de l'Université de médecine de Hanoï et l'Université de médecine de Sofia. Photo: VNA

Le Vietnam et la Bulgarie elargissent leur cooperation dans la formation, la recherche medicale et la pharmacie

L'Université de médecine de Hanoï et l'Université de médecine de Sofia ont signé un protocole d'accord de coopération. L'accord a été paraphé par le Professeur-Docteur Nguyen Huu Tu et le Professeur Boycho Landjov, recteur de l'Université de Médecine de Sofia, établissant un cadre de coopération à long terme dans la formation, la recherche scientifique et les échanges académiques.