Une centaine de nouvelles espèces découvertes au Vietnam

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) vient de publier un rapport dévoilant 234 nouvelles espèces de vertébrés et de plantes dans le Grand Mékong, dont 112 au Vietnam. Cette découverte souligne l’importance de cette région, véritable hotspot de la biodiversité mondiale.

Rhabdophis hmongorum, également connu sous le nom de carène H’mông, est une espèce de Colubridés découverte sur le mont Fansipan au Vietnam. Photo : WWF/CVN
Rhabdophis hmongorum, également connu sous le nom de carène H’mông, est une espèce de Colubridés découverte sur le mont Fansipan au Vietnam. Photo : WWF/CVN

Hanoï (VNA) - Le Fonds mondial pour la nature (WWF) vient de publier un rapport dévoilant 234 nouvelles espèces de vertébrés et de plantes dans le Grand Mékong, dont 112 au Vietnam. Cette découverte souligne l’importance de cette région, véritable hotspot de la biodiversité mondiale.

Un étonnant triton crocodile si coloré qu’il est difficile de croire qu’il est resté caché jusqu’à présent, un gecko à doigts de feuilles avec des rangées de pointes bosselées descendant le long de son dos et une orchidée qui ressemble à une étoile de mer - voilà quelques-unes des 112 nouvelles espèces découvertes au Vietnam en 2023, selon un rapport publié par le WWF.

Écrin de biodiversité

Le rapport du WWF fait état de 234 nouvelles espèces découvertes dans la région du Grand Mékong l’année dernière, y compris 112 découvertes au Vietnam, mais note que de nombreuses espèces sont déjà menacées d’extinction par les activités humaines.

L’organisation de protection de la nature appelle également les gouvernements de la région à contribuer à la préservation de ces créatures rares et fascinantes, ainsi que de leurs habitats.

Le rapport documente le travail de centaines de scientifiques d’universités, d’organisations de conservation et d’instituts de recherche du monde entier qui ont découvert 173 espèces de plantes vasculaires, 26 reptiles, 17 amphibiens, 15 poissons et trois mammifères au Cambodge, au Laos, au Myanmar, en Thaïlande et au Vietnam. Cela porte à 3.623 le nombre total de plantes vasculaires et d’animaux vertébrés décrits dans la région du Grand Mékong depuis 1997.

“Bien que ces espèces n’aient été décrites par la science que l’année dernière, elles vivent dans les habitats uniques de notre région depuis de nombreux millénaires”, informe Chris Hallam, responsable régional de la faune et de la flore en Asie-Pacifique pour le WWF.

Selon lui, chacune de ces espèces est un élément essentiel d’un écosystème sain et fonctionnel et un joyau du riche patrimoine naturel de la région. Les chercheurs ont travaillé avec passion et sans relâche pour décrire ces espèces dans des conditions difficiles, malheureusement souvent avec peu de ressources.

Parmi les points forts du rapport figurent une espèce de gingembre dont la racine sent la mangue ; une orchidée sans feuilles trouvée sur un marché et probablement déjà menacée par la surexploitation ; un poisson-lune rose, tout juste décrit par la science bien que courant dans les aquariums ; et un triton crocodile orange vif vivant à une altitude record pour son type, entre 1.800 et 2.300 m au-dessus du niveau de la mer.

La liste comprend également un lézard dragon du karst - un nom que l’on croirait sorti de Game of Thrones - qui représente non seulement une nouvelle espèce mais aussi un nouveau genre, une couleuvre vipérine “tout simplement magnifique” dont les belles écailles donnent l’impression qu’elle a de longs cils, ainsi qu’une couleuvre à carène nommée d’après l’ethie H’mông.

Il existe également une taupe musaraigne qui ne pèse que huit grammes - ce qui la place dans le Top 10 des espèces de mammifères terrestres les plus légères de la planète - et un hérisson à fourrure douce et aux crocs acérés, nommé d’après le mot vietnamien signifiant vampire.

Action collective

Les espèces sont découvertes de différentes manières. Certaines sont collectées lors de visites sur le terrain et restent dans les musées d’histoire naturelle et les jardins botaniques pendant des années, voire des décennies, avant d’être analysées et identifiées. Gernot Vogel, l’un des chercheurs ayant contribué aux découvertes présentées dans le rapport, souligne l’importance de ces collections, qu’il qualifie de mémoire de la vie sur notre planète.

Parfois, des espèces sont trouvées dans le commerce, comme c’est le cas de nombreuses espèces d’orchidées et de poissons d’aquarium. “Nous devons nous assurer que ces espèces sont décrites et comprises afin de ne pas les perdre à cause de la surexploitation avant qu’elles ne soient décrites dans la nature”, affirme Jedsada Taweekan, responsable du programme régional sur le commerce illégal d’espèces sauvages du WWF-Grand Mékong.

“Nous devons agir rapidement pour veiller à ce que ces espèces nouvellement découvertes ne soient pas perdues à cause de la destruction de l’habitat, du commerce des espèces sauvages ou de la surexploitation avant que nous ne comprenions pleinement leur rôle”, déclare Nguyên Van Tri Tin, responsable de la biodiversité au WWF Vietnam.

“Chaque espèce est un élément crucial du réseau de la vie qui soutient nos écosystèmes, nos moyens de subsistance et notre culture. Au Vietnam, la protection de ces espèces nouvellement décrites et de leurs habitats n’est pas seulement un impératif de conservation ; il s’agit d’une responsabilité partagée pour préserver le patrimoine naturel de notre pays pour les générations futures”, ajoute-t-il.

D’après le rapport Planète vivante, la biodiversité du Grand Mékong est soumise à une forte pression due à la perte et à la dégradation des habitats, à la surexploitation, notamment par le commerce illégal d’espèces sauvages, au changement climatique, à la pollution, aux espèces envahissantes et aux maladies.

Pour enrayer le déclin, le WWF travaille avec les communautés, les gouvernements et de nombreuses autres parties prenantes afin de mieux comprendre les espèces, de renforcer leur conservation et de lutter contre les menaces graves telles que la criminalité liée aux espèces sauvages et la surexploitation.-WWF/CVN/VNA

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