Un orthopédiste Viêt kiêu aux allures de magicien

De retour au Vietnam tous les trimestres depuis des ans, le Professeur orthopédiste René D. Esser, un Viêt kiêu de France a redonné le goût de vivre à des milliers d’infirmes.

Hanoi, 26 février (VNA) - De retour au Vietnam tous les trimestres depuis des ans, le Professeur orthopédiste René D. Esser, 67 ans, un Viêt kiêu de France internationalement reconnu par ses pairs, a redonné le goût de vivre à des milliers d’infirmes. Portrait.

Un orthopédiste Viêt kiêu aux allures de magicien ảnh 1

Sous les «mains magiques» du Professeur René D.Esser (centre), des milliers d’infirmes vietnamiens ont trouvé une vie normale. Photo : CTV/CVN

Depuis 2006, le Professeur en médecine René D. Esser fait la navette entre la France et le Vietnam, son pays d’origine. Son objectif : procéder à des opérations orthopédiques gratuites en faveur des personnes ayant une déformation corporelle, et partager ses expériences professionnelles avec ses collègues vietnamiens. Une mission bénévole. Car, sans parler des billets d’avion qu’il paie lui-même, le médecin Viêt kiêu prend totalement en charge les programmes d’opérations orthopédiques qu’il chapeaute. Et c’est toujours lui qui opère les cas compliqués.

«Le Professeur René D. Esser est vraiment un saint généreux qui a résolu mon infirmité. Maintenant, je peux marcher normalement et faire tous les travaux manuels. Avant l’intervention, je devais supporter sans le moindre répit une douleur aussi bien physique que morale. Je ne pensais plus qu’à la mort», confie Nguyên Thi Hà, de la ville de Hai Phong. Victime de l’agent orange, Hà est née avec les jambes et les bras tordus. Un fardeau terrible qu’elle a dû porter durant 28 ans, jusqu’au jour où son «sauveur» est apparu. Passée deux fois sur la table d’opération, Hà est devenue une personne bien portante et active. Actuellement, elle dirige un salon de coiffure à Hai Phong, capable de pratiquer excellemment le métier qu’elle a toujours rêvé d’exercer. Mieux encore, elle apprend la coiffure à des enfants locaux nés, comme elle, malformés.

Ces sept dernières années, sous les «mains magiques» du Professeur René D. Esser, un des meilleurs orthopédistes du monde, des milliers d’infirmes vietnamiens ont retrouvé une vie normale.

Le prince de Samoa

En 1946, le nouveau-né René D. Esser quitte le Vietnam avec sa famille pour s’installer en France. Plus grand, il a envie de renouer avec sa terre natale - un pays lointain qu’il ne connaît qu’à travers les souvenirs de ses parents. Il choisit d’apprendre la médecine dans l’espoir de pouvoir un jour rendre service à son pays d’origine.

Un orthopédiste Viêt kiêu aux allures de magicien ảnh 2

Sous les «mains magiques» du Professeur René D.Esser (centre), des milliers d’infirmes vietnamiens ont trouvé une vie normale. Photo : CTV/CVN

Frais émoulu de l’Université de médecine de Paris, spécialisation orthopédie, le médecin Viêt kiêu est envoyé pour un temps sur les Îles Samoa, dans le cadre d’une mission dite «Obligation de citoyen français».

De retour en France en 1975, il décide d’exercer en Allemagne. Après trois mois passé en qualité d’aide-chirurgien, René D. Esser se présente à un examen de sélection professionnelle difficile, et le passe avec brio pour devenir le directeur de la clinique de traumatologie-orthopédie d’un hôpital d’envergure, équipé de 220 lits. Il a alors 29 ans.

Quelques années après, l’orthopédiste en chef, accompagné de son épouse (une Viêt kiêu également), retourne aux Samoa sur l’invitation des autorités locales. Il lance une vaste campagne de collecte de fonds pour avoir de quoi construire un hôpital spécialisé en traumatologie-orthopédie, avant de le remettre à la gestion du gouvernement.

Les contributions de René D. Esser sont telles que le roi de Samoa en fait son «enfant adoptif» et lui remet l’Ordre d’honneur. «Le jour où je suis arrivé aux Samoa, le secteur de la médecine orthopédique de cet archipel était loin d’être idéal. Et puis, le jour où je suis parti, il n’y avait plus d’habitants handicapés. Tous ont été opérés et guéris. Les infirmes n’ont désormais plus besoin d’aller se faire traiter à l’étranger», confie le «prince de Samoa».

C’est durant son séjour aux Samoa que l’orthopédiste se forge une renommée mondiale. Expert maîtrisant cinq langues, il est invité à donner des conférences dans les universités les plus prestigieuses de la planète. En 1990, sur proposition de l’Université Stanford (États-Unis), il assume le poste de recteur du Département de traumatologie-orthopédie de cette université, où il est nommé professeur.

Il n’en oublie pas pour autant le territoire de son père roi adoptif, y retournant régulièrement pour des opérations orthopédiques gratuites, et accueillant à l’Université Standford plusieurs groupes de médecins stagiaires samoans.

En 1995, le Professeur décide de rentrer en France où ses parents âgés ont besoin de lui à leurs côtés.

Retour aux sources

Toute sa vie, René D. Esser l’a consacrée à la médecine. De retour au bercail pour la première fois en 2007, le Professeur orthopédiste Viêt kiêu, désormais à l’âge de la retraite, lance de son propre gré un programme d’opérations caritatives en faveur de ses compatriotes handicapés. Il décide d’y retourner tous les trois mois afin de mettre en œuvre des programmes similaires dans diverses localités du pays.

À Hô Chi Minh-Ville notamment, il se présente à l’hôpital de traumatologie-orthopédie, celui de Cho Rây, de Nhân Dân 115, de Nhân Dân Gia Dinh, à l’hôpital militaire 108, etc., où il prend part directement à nombre de cas d’opérations orthopédiques compliquées.

Chose admirable : ayant opéré des milliers d’handicapés lors de ses programmes caritatifs au Vietnam, le Professeur n’oublie aucun de ses patients. Il retient leur situation familiale, suit de près leur rétablissement postopératoire... «Les voyages de travail au Vietnam m’ont donné l’impression de pratiquer ma profession de médecin de tout mon coeur. C’est juste ce que je me suis promis de m’y consacrer jusqu’à la fin», confie-t-il.

Aux yeux de ses confrères vietnamiens, le Professeur René D. Esser est «un maître à la fois ingénieux, simple, sincère et dévoué», note le Docteur en médecine Nguyên Dinh Phu, directeur de l’hôpital Nhân Dân 115, Hô Chi Minh-Ville. «Il nous a transmis non seulement ses expériences professionnelles mais aussi le savoir-faire sur tous les plans, comme les méthodes de travail modernes, la manière d’établir des plans détaillés pour chaque cas d’opération, le soin du patient en période postopératoire».

Une chose est sûre : les projets du Professeur Viêt kiêu pour le Vietnam ne sont pas prêts de s’arrêter. - CVN/VNA

Voir plus

Des grappes de graines de ginseng Ngoc Linh à maturité. Photo : Do Truong/VNA

Da Nang : le berceau du meilleur ginseng au monde

Situé entre 1.500 et 2.000 mètres d'altitude, sous la canopée de la forêt primaire du mont Ngoc Linh, dans la commune de Tra Linh (ville de Da Nang), s'étend le terroir naturel du ginseng Ngoc Linh. Réputé pour sa richesse exceptionnelle en 52 composés de saponines, ce ginseng endémique à forte valeur économique est appelé à devenir une culture médicinale stratégique. La ville de Da Nang entend développer cette filière en misant sur une culture planifiée et une industrie de transformation à forte valeur ajoutée.

Le nombre de touristes étrangers visitant Hô Chi Minh-Ville pour des séjours touristiques combinés à des soins médicaux est en hausse. Photo : VNA

Le Vietnam fait du tourisme médical le nouveau fer de lance de sa stratégie nationale

Le Vietnam dispose de tous les leviers nécessaires pour devenir un segment à haute valeur ajoutée de l'industrie touristique mondiale. La stabilité politique du pays, combinée à un environnement sécurisé et à un réseau aérien en pleine expansion et de diverses attractions touristiques attrayantes, offre un socle idéal pour le déploiement de soins de santé de classe mondiale.

Différentes variétés de soja sont présentées lors de la conférence. Photo fournie par les organisateurs

L’alimentation à base de plantes réduit le risque de maladies non transmissibles

Il est prouvé que la consommation de jusqu’à 800 grammes de fruits et légumes par jour peut réduire le risque de maladies cardiovasculaires de 20 à 32%. Par ailleurs, les personnes consommant le plus de céréales complètes présentent un risque de développer un diabète de type 2 inférieur d’environ 30% à celui des groupes à faible consommation.

Un mois après le lancement du programme municipal de bilans de santé périodiques, plus de 108.000 habitants de Hô Chi Minh-Ville ont déjà été examinés. Photo: VNA

Hô Chi Minh-Ville accélère son programme de bilans de santé pour toute la population

Un mois après le lancement du programme municipal de bilans de santé périodiques, plus de 108.000 habitants de Hô Chi Minh-Ville ont déjà été examinés. Les autorités intensifient désormais les efforts afin d'atteindre l'objectif de couvrir l'ensemble de la population dès 2026 et de mettre en place un système de suivi sanitaire continu pour tous les citoyens.

Le vice-Premier ministre nguyên Van Thang s'exprime lors de la cérémonie. Photo: VNA

Santé publique : Inauguration officielle du deuxième établissement de l’hôpital Bach Mai à Ninh Binh

L’inauguration du nouvel établissement de l’hôpital Bach Mai à Ninh Binh marque une étape majeure dans la stratégie du Vietnam visant à renforcer les capacités des hôpitaux de dernier recours, à désengorger les établissements centraux et à élargir l’accès de la population à des soins médicaux de haute qualité dans le Sud du delta du fleuve Rouge et le Centre-Nord.

Des habitants de la commune de Phu Long, province de Ninh Binh, bénéficient d'examens médicaux. Photo : VNA

Des examens médicaux annuels gratuits pour les seniors dès 2026

Le nouveau texte législatif marque une étape majeure dans la politique sociale du pays en élargissant le champ d'action du programme, passant d'une simple approche de « soins de santé » à une « prise en charge » globale et intégrée de la population vieillissante.

Cérémonie de signature. Photo: VNA

Le Vietnam et le Japon renforcent leur coopération médicale

La signature d’un protocole d’accord entre l’Hôpital militaire central 108 du Vietnam et la Faculté de médecine de l’Université Toho du Japon ouvre de nouvelles perspectives de coopération dans la formation, la recherche et le transfert de technologies médicales de pointe.

Dengue : une épidémie de plus en plus difficile à prévoir

Dengue : une épidémie de plus en plus difficile à prévoir

Le Vietnam fait face à une recrudescence préoccupante de la dengue. Avec plus de 50 000 cas recensés depuis le début de l’année, une saison épidémique plus précoce et des schémas de transmission devenus moins prévisibles, les autorités sanitaires appellent la population à renforcer les mesures de prévention et à rester vigilante.