Un cochon tête de l’art

À l’occasion de l’Année du Cochon 2019, présentons celui-ci dans les estampes populaires et la céramique.
Un cochon tête de l’art ảnh 1Le cochon, selon la culture orientale, représente la fécondité, la prospérité et l’aisance. Photo: CVN

Hanoi (VNA) - Chaque animal du cycle des 12 signes du zodiaque vietnamien a une signification particulière dans la culture traditionnelle. À l’occasion de l’Année du Cochon 2019, présentons celui-ci dans les estampes populaires et la céramique.

Avec le poulet, le poisson et le cheval, le cochon, notamment la truie, est un des thèmes majeurs de l’art de l’imagerie populaire de Dông Hô et de Kim Hoàng, deux écoles d’estampes très connues dans le Nord. Les estampes de Dông Hô proviennent d’un très ancien village rural du même nom de la province de Bac Ninh, à 30 km de la capitale; alors que celles de Kim Hoàng sont originaires du village éponyme du district suburbain de Hoài Duc de Hanoï.

Porte-bonheur

Fidèles aux scènes de la vie quotidienne de la campagne, les artisans de Dông Hô et de Kim Hoàng s’inspirent des travaux champêtres, des fêtes traditionnelles et du bestiaire domestique dont le cochon. "Aujourd’hui encore, le cochon reste un animal important du secteur de l’élevage en zone rurale, ce qui explique son rôle, sa signification et sa présence dans l’imagerie populaire", explique Nguyên Van Dang, un artisan de 70 ans du village de Dông Hô.

D’après lui, autrefois, les estampes populaires de Dông Hô et de Kim Hoàng étaient des objets de décoration indispensables dans le salon d’une famille lors du Têt traditionnel. Le cochon, selon la culture orientale, représente la fécondité, la prospérité et l’aisance. C’est pourquoi, les œuvres sur ce thème sont considérées comme les meilleurs porte-bonheur parmi les animaux du zodiaque, donc les plus achetées à cette occasion.

La famille des cochons est l’une des œuvres les plus connues des estampes populaires de Dông Hô. La truie est dessinée avec une grosse tête, de grandes oreilles et avec les symboles du yin et du yang représentant l’abondance et l’intégrité dans la vie. Son sourire exprime la plénitude, le bien-être. Ses cinq cochonnets réunis autour d’elle montrent une vie familiale heureuse. Selon la tradition asiatique, beaucoup d’enfants est synonyme de famille heureuse.

Une autre œuvre décrit une truie essayant de manger une plante. Dans cette création, les artisans veulent montrer la puissance physique de l’animal. Le dos bien courbé montre qu’il est bien nourri. Les symboles du yin et du yang sont toujours indispensables, emblèmes du développement et de la vitalité. Bien différent de l’image de cochon de Dông Hô, celui des estampes populaires de Kim Hoàng est plus stylisé. Un cochon noir est dessiné sur fond jaune, avec une bouche semblable à un nuage.

"Sur ces estampes populaires de décoration lors du Têt, les animaux doivent être réalisés de telle manière qu’ils dégagent chance, bonheur, puissance, aisance et prospérité. Raison pour laquelle, les artisans privilégient une truie rebondie et ses cochonnets", précise Mme Giang, une artisane de Kim Hoàng.

Porte-monnaie

Il n’est pas exagéré de dire que dans chaque famille vietnamienne, les enfants possèdent au moins une tirelire où ils accumulent de la petite monnaie. Et le plus souvent, ils en préfèrent une en forme de cochon, en raison de la signification de cet animal, bien sûr.

Outre les produits en plastique, le cochon-tirelire est généralement en poterie, avec une fente sur le dessus où les enfants glissent la monnaie. Selon la coutume, à la fin de l’année, il faut casser le cochon-tirelire pour dépenser l’argent. L’ancien brisé, un nouveau sera acheté pour recevoir les nouveaux billets reçus comme étrennes du Têt.

En faisant un tour dans le village de céramique de Bát Tràng, à Hanoï, on peut apercevoir des stands des cochons-tirelires dans les boutiques. Les modèles sont de différentes formes et couleurs vives. D’après Lan, patronne d’une boutique, les cochons-tirelires se vendent bien notamment après le Têt traditionnel, lorsque les enfants doivent trouver "une caisse" pour contenir leurs étrennes.

"Maintenant, il existe de nouvelles méthodes pour conserver les billets, mais les parents et les enfants eux-mêmes préfèrent avoir un cochon-tirelire, surtout celui en céramique. Donc, le commerce ne faiblit pas", affirme-t-elle. “Pour 15.000 à 100.000 dôngs, vous pouvez acquérir un charmant cochon-tirelire”, confie Lan.

Outre Bát Tràng au Nord, il existe aussi le village de Lai Thiêu dans la province de Binh Duong au Sud, qui se consacre entièrement à la production de cochons-tirelires. Fondé il y a un demi-siècle, il fonctionne à plein régime les derniers mois de l’année. Les cochons-tirelires en terre cuite s’écoulent dans tout le delta du Mékong et sont même exportés au Laos, au Cambodge et en Thaïlande.

Par sa signification culturelle, l’image du cochon reste toujours une source d’inspiration pour les artisans de Dông Hô et de Kim Hoàng. Les cochons-tirelires demeurent aussi un objet de choix pour les enfants avec comme meilleure preuve la vitalité de ce commerce. Comme quoi le cochon a du bon! -CVN/VNA

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