Tim Page, «légende vivante» de la guerre du Vietnam

Le Britannique Tim Page s’est fait un nom pendant la guerre du Vietnam. Cofondateur de l’Indochinal Memory Media Found (IMMF), il sert aujourd’hui de guide à de jeunes photographes vietnamiens.

Hanoi (VNA) - Le reporter-photographe britannique Tim Page s’est fait un nom pendant la guerre du Vietnam, en capturant des clichés exceptionnels. Cofondateur de l’Indochinal Memory Media Found (IMMF), il sert aujourd’hui de guide à de jeunes photographes vietnamiens.

Tim Page, «légende vivante» de la guerre du Vietnam ảnh 1Le septuagénaire Tim Page est encore un photographe très actif, toujours aussi empressé de se consacrer à la formation des jeunes qu’il juge importante. Photo: CTV/CVN

Qu’importe sa démarche boitillante, séquelle tenace suite à l’explosion d’une mine, des multiples opérations et des longs mois de convalescence, Tim Page, cheveux blancs, regard pétillant, dégage une énergie et une confiance qui interpellent.

Le Britannique foule pour la première le sol vietnamien en 1965, en tant que photographe de guerre pour l’agence de presse américaine UPI. À 21 ans, il parcourt les zones de combat les plus dangereuses du pays. Simplement armé de son appareil et de quelques pellicules, il parvient à capturer l’une des images les plus emblématiques de la guerre du Vietnam avant d’être gravement blessé en sautant sur une mine à Cu Chi, en banlieue de Hô Chi Minh-Ville, en sortant de l’hélicoptère.

Un projet photo pour comprendre

Rapatrié en urgence vers les États-Unis, ce dramatique épisode met un terme à sa carrière au Vietnam. Mais ce séjour le marquera à jamais. Il se consacre dès lors à l’Asie du Sud-Est et à ses nombreux conflits; ses photos font le tour du monde et l’imposent comme un grand photographe de guerre.

En 1997, il entreprend de réunir des clichés pris par des photographes des deux camps morts au combat au Vietnam. Il est épaulé par l’Allemand Horst Faas, un ancien correspondant à Saigon de l’agence américaine de presse AP. Cette dernière avait publié la célèbre photo de Nick Ut Em bé Napalm (La petite fille au Napalm), prix Pulitzer en 1973.

 
Tim Page, «légende vivante» de la guerre du Vietnam ảnh 2Un des clichés de Tim Page sur la guerre du Vietnam qui a fait le tour du monde en 1965. Photo: Net

C’est ainsi que pendant plusieurs années, les deux hommes rendent visite aux familles occidentales et vietnamiennes des défunts photographes, en quête d’images de guerre. La collection de clichés fait le tour du monde, mais elle revient un jour en toute logique sur le sol vietnamien. En effet, ils offrent les photos au Musée des vestiges de guerre de Hô Chi Minh-Ville, pour qu’elles puissent y faire l’objet d’une exposition permanente.

Dans le même temps, Tim Page publie le livre intitulé REQUIEM. Par les photographes morts au Viêt Nam et en Indochine. L’ouvrage réunit les meilleurs clichés pris par 134 reporters-photographes ayant donc perdu la vie au cours de leur mission. Ces derniers, de 11 nationalités, ont été dépêchés sur place plusieurs années entre 1954 et 1975. Parmi eux, 72 journalistes vietnamiens, dont des noms connus comme Hô Ca, Bùi Dinh Tuy, Luong Nghia Dung et Trân Binh Khoi, seize américains, douze français et quatre japonais. On compte aussi des personnes de nationalité australienne, autrichienne, britannique, allemande, suisse, singapourienne et cambodgienne. Pour l’anecdote, il n’y a en fait qu’un seul d’entre eux qui survécu à la guerre, un soldat vietnamien officiant également comme reporter et dénommé Thê Dinh.

En 2010, Tim Page est désigné comme l’un des «cent photographes les plus influents de tous les temps» par le magazine Professional Photographer. Des livres ont été écrits sur lui, des films lui ont été consacrés, ainsi que de nombreuses expositions internationales.

Pour Tim Page, les soldats Viêt công sont des héros. «Neuf reporters-photographes de guerre sur dix ont été blessés par des bombardements, des mines et des tirs, sans compter les risques causés par le paludisme et la dysenterie. Comment ont-ils fait pour survivre ?, s’interroge le Britannique. Et je suis retourné au Vietnam pour chercher à comprendre l’esprit et la volonté des Viêt công (Le Front national de libération du Sud Vietnam, Ndlr), qui étaient prêt à mourir pour l’indépendance du pays». À ses yeux, la guerre du Vietnam demeure un trésor regorgeant encore une foule d’énigmes à résoudre.

Des formations pour les jeunes

Tim Page, «légende vivante» de la guerre du Vietnam ảnh 3Avec des amis, il a organisé une formation sur la photo de presse au Vietnam. Photo: Vietnamnet

Entre 2001 et 2006, durant ses nombreuses allées et venues au Vietnam, Tim Page veut mener un projet significatif, à l’instar de Requiem. Ainsi invite-t-il des illustres reporters sur place comme les Américains James Natchwey (lauréat du prix Rober Capa à cinq reprises) et Steven Northup, mais aussi le Britannique Gary Knight, pour animer des formations en photo de presse destinées à des journalistes vietnamiens fraîchement diplômés. Tim Page sert aussi de guide à de jeunes photographes du pays.

Lors de ses cours, Tim Page fait preuve d’exigence. Il préfère les clichés portant la valeur humaine plutôt que ceux reflétant simplement la réalité brute. D’autant qu’il sait parfaitement, de par son vécu, les horreurs de la guerre comme la valeur de la paix.

«L’appareil photo n’est pas une arme à répétition», remarque-t-il à plusieurs reprises. À chaque fois qu’il se rend sur le terrain avec les apprenants vietnamiens, il prend très peu de clichés, mais d’une justesse saisissante.

Le Britannique est prêt à consacrer des heures pour partager ses expériences. «Avant de prendre la photo, il faut observer minutieusement et chercher à comprendre à fond l’objet et le phénomène, souligne-t-il. Il faut aussi être passionné, patient et doué d’une vraie sensibilité». – CVN/VNA

Voir plus

Quang Tri met en œuvre une série de mesures coordonnées visant à renforcer le contrôle des navires de pêche. Photo: VNA

Quang Tri renforce la surveillance de sa flotte pour lutter contre la pêche INN

Quang Tri compte actuellement environ 4 600 navires de pêche d'une longueur de 6 mètres ou plus. L'intégralité de cette flottille est en conformité avec les réglementations relatives à l'enregistrement et aux licences d'exploitation, et 100% des bâtiments requis sont équipés d'un système de surveillance par satellite (VMS), un outil essentiel pour renforcer la surveillance des activités en mer.

Jonathan Baker, représentant de l’UNESCO au Vietnam. Photo: VNA

Investir dans le capital humain et culturel, la clé du bonheur au Vietnam

Fort de deux années passées au Vietnam, Jonathan Baker, représentant de l’UNESCO au Vietnam, a indiqué avoir régulièrement observé l’accent mis par les dirigeants sur l’importance du soutien à la population. Selon lui, l’amélioration du niveau de bonheur au Vietnam ces dernières années repose avant tout sur des investissements soutenus dans le capital humain, notamment à travers le renforcement du financement de l’éducation et le soutien aux enseignants et aux élèves.

Actuellement, la mégapole du Sud recense 16 centres de protection sociale, dont douze accueillent des personnes âgées. Photo : VNA

Santé et services : les défis du vieillissement à Hô Chi Minh-Ville

Confrontée à une croissance démographique doublée d'un vieillissement accéléré, Ho Chi Minh-Ville fait face à l'urgence d'assurer le bien-être de ses seniors. Dans ce contexte, la prise en charge gériatrique s'impose comme le défi absolu, souligne le Dr Nguyen Van Vinh Chau.

Plus de 23 % des internautes vietnamiens ont été confrontés à des menaces en ligne en 2025. Photo fournie par Kaspersky

Kaspersky : 23 % des internautes vietnamiens victimes de menaces en ligne en 2025

Plus de 23 % des internautes vietnamiens ont été exposés à des menaces en ligne en 2025, ce qui place le pays au 78e rang mondial, soit une progression de deux places par rapport à l’année précédente (80e), selon Kaspersky, entreprise mondiale de cybersécurité et de protection de la vie privée numérique.

Séance entre l’ambassadeur de Belgique au Vietnam, Karl Van Den Bossche, et les autorités de la province de Hung Yen. Photo: VNA

Un fonds belge propose des investissements et des projets de soutien à Hung Yen

La Belgique et l'écosystème Aquitara ont manifesté leur intérêt pour investir et mener des actions caritatives au Vietnam en général, et dans la province de Hung Yen en particulier. Ils ont appelé la province à faciliter la mise en œuvre de leurs programmes et projets, notamment en mettant à disposition des terrains libérés. 

Le secteur judiciaire est appellé à poursuivre son virage numérique et à construire l’e-juridiction. Photo : VNA

Hô Chi Minh-Ville accélère le perfectionnement du modèle d’e-juridiction

La numérisation a renforcé la transparence du fonctionnement de la justice. Les citoyens et les justiciables peuvent désormais consulter les informations relatives aux affaires et suivre leur avancement via des plateformes en ligne, ce qui réduit la nécessité de se rendre physiquement au tribunal, permet de gagner du temps et de réduire les coûts, et renforce le contrôle public des activités judiciaires.

De nombreuses mesures incitatives et une réglementation transparente sont en place pour encourager les investisseurs à participer à la construction de projets de logements sociaux. Photo : VNA

Un nouveau cadre politique dynamise le développement du logement social

Le décret modifié établit une réglementation détaillée et harmonisée couvrant l’ensemble du cycle de vie des projets de logements sociaux, depuis la préparation du projet et la sélection des investisseurs jusqu’aux mécanismes d’incitation, en passant par les procédures de vente, de location-acquisition et de gestion opérationnelle.

Le secrétaire général du Parti, To Lam, et le Premier ministre Pham Minh Chinh assistent à la cérémonie dans la commune de Dong Dang, province de Lang Son. Photo : VNA

Lancement massif d’écoles internats dans les zones frontalières

Le Vietnam lance simultanément la construction de 121 écoles internats multi-niveaux dans 17 provinces frontalières, avec un investissement de près de 30.000 milliards de dongs, afin de renforcer l’égalité d’accès à l’éducation et le développement durable des zones frontalières.