Le gouvernement thaïlandais a pris mardi un décret prononçant l'état d'urgence à Bangkok et dans sa proche banlieue, lequel prendra effet dès mercredi pour 60 jours afin faire face aux manifestations qui réclament depuis plus de deux mois la démission du Premier ministre, Mme Yingluck Shinawatra.

En raison des manifestations et des violences, "le conseil des ministres a décidé de prononcer l'état d'urgence pour faire face à la situation et faire appliquer la loi", a déclaré lors d'une conférence de presse le vice-Premier ministre Surapong Tovichakchaikul.

Seront interdits en conséquence les rassemblements de cinq personnes ou plus, ainsi que la distribution d'informations et de publications de nature à entraîner la panique au sein de la population, ou à menacer la sécurité et l'ordre publics. Les agents de l'ordre ont le pouvoir de convoquer les suspects et les témoins, de confisquer des biens, et de surveiller Internet comme les appels téléphoniques.

En avril 2010, le gouvernement d'alors avait prononcé l'état d'urgence par décret à Bangkok puis dans 24 provinces du pays pour maîtriser les rassemblements anti-gouvernementaux organisés par le Front uni pour la démocratie contre la dictature, plus connu sous le nom de "Chemises rouges". L'état d'urgence a été levé en décembre suivant.

Les manifestations anti-gouvernementales en Thaïlande qui durent depuis trois mois commençaient à devenir de plus en plus violentes. L'opération de paralysie de Bangkok est entrée dans sa deuxième semaine. Les manifestants ont encerclé le siège d'une banque du gouvernement dans la capitale. Ils ont également assiégé lundi des bâtiments gouvernementaux dans plusieurs provinces du Sud de la Thaïlande en bloquant l'entrée des administrations locales de douze provinces du Sud, bastion de l'opposition, afin d'empêcher les fonctionnaires de travailler.

Selon des médias thaïlandais, Mme Yingluck Shinawatra s'efforce toujours de dialoguer avec le meneur des manifestations, Suthep Thaugsuban, par l'intermédiaire de responsables militaires et de groupes d'entreprises.

Mardi, la Commission électorale nationale de Thaïlande a annoncé envoyer une lettre à la Cour constitutionnelle demandant à celle-ci de statuer sur l'ajournement ou non des élections prévues pour le 2 février prochain. -VNA