Kuala Lumpur (VNA) - Lors du Forum malaisien sur la transition énergétique et le développement durable, qui s’est tenu le 5 février à Kuala Lumpur, des dirigeants et experts ont annoncé des avancées significatives vers la création d’un réseau électrique interconnecté en Asie du Sud-Est, avec le Vietnam comme partenaire stratégique majeur.
L’un des temps forts de l’événement a été le lancement officiel du projet d’interconnexion électrique entre le Vietnam et la péninsule malaisienne. Porté par Petronas, la compagnie nationale pétrolière et gazière de Malaisie, et Tenaga Nasional Berhad (TNB), l’opérateur national d’électricité, ce projet s’inscrit pleinement dans le cadre du Réseau électrique de l'ASEAN (ASEAN Power Grid - APG). Il vise à renforcer la sécurité énergétique régionale et à promouvoir l'utilisation des énergies renouvelables dans toute la région.
Le projet d’interconnexion électrique Vietnam - Malaisie - Singapour devrait atteindre une capacité d’environ 2 000 MW et pourrait être achevé vers 2034. Des études de faisabilité sont en cours, portant notamment sur des câbles sous-marins et des liaisons terrestres via le Cambodge et le Laos, ainsi que sur l’harmonisation des normes techniques, juridiques et des modèles économiques entre les pays concernés.
Le vice-Premier ministre malaisien, Fadillah Haji Yusof, a insisté sur le principal obstacle à surmonter : l’harmonisation des cadres réglementaires nationaux, notamment en matière de tarifs de transport d’électricité, de normes techniques et de mécanismes de gestion du réseau.
Dans le contexte urgent du changement climatique, la transition vers les énergies propres est devenue une priorité absolue pour la région. La Malaisie s’est fixé des objectifs ambitieux, notamment atteindre 70 % de capacité en énergies renouvelables d’ici 2050 et renforcer l’efficacité énergétique tant dans les secteurs industriel que résidentiel. Ces objectifs exigent des investissements considérables.
Pour les projets de modernisation des réseaux électriques liés à l’intégration des énergies renouvelables et aux interconnexions transfrontalières, les besoins de financement pourraient atteindre 12 à 15 milliards de dollars. Afin d’y répondre, des institutions financières multilatérales telles que la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) jouent un rôle clé en mobilisant des capitaux et des instruments de financement mixte.
Lors du forum, les intervenants ont souligné que la réussite de cette feuille de route dépend de l’implication de l’ensemble des parties prenantes, des gouvernements au secteur privé, afin de garantir qu’aucun pays ne soit laissé pour compte dans le processus de transition énergétique.-VNA