Stimuler l’investissement dans les infrastructures de transport

D’ici l’an 2020, la construction de nouvelles infrastructures de transport demandera de grands investissements. Outre l’apport du budget de l’État, le Vietnam encourage la contribution du secteur privé.
Hanoi (VNA) – D’ici l’an 2020, la construction de nouvelles infrastructures de transport demandera de grands investissements. Outre l’apport du budget de l’État, le Vietnam encourage la contribution du secteur privé. Entretien avec le vice-ministre des Communications et des Transports, Nguyên Nhât.
Stimuler l’investissement dans les infrastructures de transport ảnh 1Le vice-ministre des Communications et des Transports, Nguyên Nhât. Photo : VNA

- L’attraction des fonds privés destinés à la construction d’infrastructures de transports fait l’objet d’une attention particulière du Vietnam. Quelle est la situation en ce qui concerne l’investissement ?

Dans l’actuelle conjoncture où les ressources financières de l’État sont limitées et la dette publique élevée, il est inévitable pour le pays d’inciter la participation du secteur privé à la construction d’infrastructures ainsi que de  services de transports. En réponse aux résolutions du Parti communiste du Vietnam et du gouvernement, nombre de solutions synchrones ont été déployées, avec des résultats encourageants. Ainsi, le ministère des Communications et des Transports (MCT) a pu mobiliser un montant total d’environ 227.176 milliards de dôngs à investir dans 80 projets réalisés selon des contrats BOT (construction - opération - transfert), BT (construction - transfert) et BOO (construction - propriété - opération). Parmi lesquels on note 75 projets BOT totalisant de 209.347 milliards de dôngs, quatre projets BT et un projet BOO.

Actuellement, 53 projets (totalisant 135.763 milliards de dôngs) ont été achevés et mis en service. Les 27 autres (91.420 milliards de dôngs) sont en cours de déploiement. Dans l’ensemble, les projets répondent aux attentes sur le plan socio-économique.

- Pourriez-vous nous parler du mécanisme d’encouragement aux investisseurs privés ? Quelles sont les facilités et les difficultés dans sa réalisation ?
  
En 2015, le gouvernement a publié l’arrêté No15 sur l’investissement selon le contrat de partenariat public-privé (PPP), et l’arrêté No30 réglementant le choix des investisseurs, les procédures et le processus de réalisation des projets PPP. Ces réglementations, tout à fait conformes à la pratique internationale, sont vues comme une politique-cadre favorisant l’attraction des capitaux privés, notamment de l’étranger.

Néanmoins, il reste encore des problèmes dans l’application de ce mécanisme. Cela engendre des difficultés non désirées, notamment dans le travail de supervision, de réception et de liquidation du projet, ou encore dans la gestion de la contribution du budget de l’État, la qualité des travaux… Dans une certaine mesure, ces problèmes inquiètent les investisseurs étrangers.
- Le MCT a-t-il des solutions en termes de gestion étatique en vue d’encourager les investissements privés ? 

La mobilisation des investissements privés destinés à la construction d’infrastructures de transport est très importante. Le MCT a comme stratégie  de "dérouler le tapis rouge" aux investisseurs privés. Ces derniers bénéficieront de conditions favorables pour participer aux projets. Le MCT a pris nombre de mesures qui seront poursuivies, comme par exemple collaborer avec les organes concernés de l’Assemblée nationale dans le travail de supervision des projets BOT, coordonner les efforts avec le ministère du Plan et de l’Investissement et d’autres ministères concernés dans le perfectionnement du mécanisme concernant les projets PPP, publier sur le site web du MCT des informations sur les projets en attente de capitaux d’investissement…​

Stimuler l’investissement dans les infrastructures de transport ảnh 2Le développement des infrastructures de communication demeure une question d’urgence pour le pays. Photo : VNA

Par ailleurs, il aidera les investisseurs à s’approcher des projets auxquels ils s’intéressent, ainsi qu’à avoir accès aux prêts. Enfin, le MCT cherchera à diversifier les formes d’investissement susceptibles d’être appliquées dans les projets de construction d’infrastructures de transport d’envergure, en conformité avec ce qui se fait l’international. 

- Que pensez-vous de l’actuelle situation des infrastructures de transport du pays ?  Quelles sont les initiatives du MCT afin de rendre plus efficaces les projets d’investissement dans ce secteur ?

La construction d’infrastructures de transport au Vietnam a obtenu de bons résultats initiaux. Néanmoins, dans l’ensemble, le réseau national d’infrastructures de base est loin d’être capable de répondre à la demande, tant en quantité qu’en qualité, au service des objectifs de développement socio-économique du pays. Concrètement : le taux des ouvrages d’envergure (comme autoroutes, ports maritimes en eau profonde modernes…) reste encore bas ; nombre de routes nationales importantes sont loin d’être aux standards internationaux ; le réseau ferroviaire est d’un autre âge ; le réseau fluvial est comme toujours exploité de façon incontrôlée ; les aéroports clés comme Nôi Bài, Tân Son Nhât, Dà Nang… sont surchargés, etc. 

Récemment, le pays a lancé des appels aux investisseurs vietnamiens et étrangers pour la construction d’infrastructures de transport selon le modèle PPP, dont l’autoroute trans-vietnamienne. Pour les projets d’investissement du genre, le MCT a proposé au gouvernement certaines politiques spécifiques concernant le projet technique, le devis, l’adjudication… Ainsi, tous les projets doivent-ils faire l’objet d’une adjudication publique ouverte, au lieu de désigner des adjudicataires de façon opaque. 

D’autre part, le cadre juridique sur le modèle d’investissement PPP sera perfectionné avant de publier dans l’avenir la loi sur l’investissement selon le modèle PPP. Afin d’attirer davantage de fonds étrangers, il y aura  un mécanisme dit de "partage des risques" (appliqué dans les projets gérés par le gouvernement), selon lequel le gouvernement se porterait caution sur ces trois risques : recettes, capacité de change de devises étrangères, exécution de la responsabilité du gouvernement. En outre, la Banque d’État du Vietnam s’est vue demander d’assouplir le plafond de crédits et de prolonger le délai des crédits au profit des projets PPP dans la construction d’infrastructures de transport. – CVN/VNA

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