Riziculture : quand la paille devient une richesse

Chaque année, au Vietnam, environ 40 millions de tonnes de paille sont brûlées. Si elle était transformée par des méthodes biologiques, 20 millions de tonnes d’engrais organiques seraient produites.

Hanoï (VNA) - Chaque année, au Vietnam, environ 40 millions de tonnes de paille sont brûlées. Si elle était transformée par des méthodes biologiques, 20 millions de tonnes d’engrais organiques seraient produites, permettant d’économiser près de 11.000 milliards de dôngs.

Riziculture : quand la paille devient une richesse ảnh 1Paille de rizpour la production d’engrais organiques. Photo :Hô Câu/VNA/CVN

La composition chimique de la paille du riz comprend de la cellulose, de la lignine, des protéines organiques et lipides. Lorsque la paille est brûlée, les composants C,H,O se transforment en dioxyde de carbone (CO2), monoxyde de carbone (CO) et vapeur d’eau. Les protéines sont décomposées et transformées en gaz toxiques tels que dioxyde d’azote (NO2) et dioxyde de soufre (SO2).

Selon l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) aux Philippines, une tonne de paille de riz contient 5 à 8 kg de protéine, 1,2 kg de phosphore, 20 kg de potassium, 40 kg de silicium et 400 kg de carbone. Son brûlage signifie ainsi perdre une quantité d’engrais et de nutriments essentiels pour le riz.

Créer un cercle vertueux

La matière organique se transformera en substance inorganique lors du brûlage de la paille de riz dans les champs. Par conséquent, les cendres de charbon fournissent seulement une petite quantité de nutriments pour la terre.

Lors de la combustion à haute température, une grande quantité d’eau dans le sol s’évapore. Le brûlage de la paille entraîne des rizières sèches, déshydratées et la perte de nutriments. Mais le plus grand danger du brûlage est de provoquer de la pollution de l’air en émettant des gaz toxiques comme CO2, CO, méthane (CH4), NO2, SO2...

Selon le Département de la production végétale du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, chaque année, quelques 40 millions de tonnes de paille sont brûlées au Vietnam. Il s’agit d’une ressource énorme qui n’a pas encore été exploitée et utilisée efficacement, et qui provoque en plus une grave pollution de l’air.

Or, il est tout à fait possible de faire un bon usage de ces pailles de riz. En effet, si elles étaient utilisées en probiotiques, nous pourrions récupérer 20 millions de tonnes d’engrais organiques (sur les 40 millions de tonnes de pailles) ! Les agriculteurs n’auraient ainsi plus à dépenser de l’argent pour acheter des engrais chimiques (NPK), comprenant 200.000 tonnes d’azote, 190.000 tonnes de phosphore et 460.000 tonnes de potassium et économiseraient ainsi près de 11.000 milliards de dôngs.

Tout serait ainsi bénéfique : plus de pollution de l’air, production d’engrais organique, économie sur l’achat d’engrais chimiques qui eux-mêmes sont nocifs pour les sols et la santé humaine.

Une ressource précieuse

Riziculture : quand la paille devient une richesse ảnh 2Culturedes champignons sur de la paillede riz. Photo :Lê Sen/VNA/CVN

Autre utilisation de la paille de riz : la mytiliculture. Le Vietnam est connu depuis longtemps pour la culture des champignons de paille en plein air. Après la récolte, les résidus de paille pourris peuvent à leur tour être utilisés pour faire des engrais organiques afin d’engraisser les champs.


Aujourd’hui, d’ailleurs, la culture des champignons se développe dans une quarantaine de provinces et villes de l’ensemble du pays. Toutefois, elle n’exploite pas encore toutes ses potentialités. En utilisant par exemple 3 tonnes de paille (d’un hectare de riz), la mytiliculture peut rapporter de 4,5 à 5,5 millions de dôngs.

Le delta du Mékong possède de nombreuses potentialités pour son développement dont une différence de températures entre les mois chauds et froids qui est très faible, permettant de cultiver les champignons toute l’année. Dans cette région très rizicole, la paille pourrait aussi être une grande source de matières premières pour la culture des champignons.

Cette nouvelle approche, basée sur des techniques simples, permet non seulement de protéger l’environnement mais apporte aussi de nouveaux revenus aux agriculteurs.

La technique de transformation de la paille en engrais organiques est très simple et peut être mise en œuvre n’importe où. Les paysans mélangent la paille avec un produit bio, le Biomix Fito RR, et laissent composter pendant dix jours, à la température de 50°C à 52°C. Après 30-40 jours, la paille va pourrir et se transformer en engrais organiques de couleur brun foncé. -CVN/VNA

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