Quand Heinrich Heine rencontre la musique traditionnelle vietnamienne

A Hanoï, des artistes vietnamiens ont interprété des poèmes de Heinrich Heine, l’un des plus grands écrivains allemands du 19e siècle, sur fond de mélodies du répertoire traditionnel vietnamien.

Hanoi (VNA) –  Une rencontre entre poésie romantique allemande et musique traditionnelle vietnamienne a eu lieu le 6 octobre dernier à l’Institut Goethe à Hanoï. Des chanteurs vietnamiens ont en effet interprété des poèmes de Heinrich Heine sur fond de mélodies traditionnelles. Une ambiance toute particulière, une rencontre inédite où chacun apprend à connaître l’autre tout en se redécouvrant.

Quand Heinrich Heine rencontre la musique traditionnelle vietnamienne ảnh 1Lors de la rencontre entre poésie romantique allemande et musique traditionnelle vietnamienne. Photo : VOV

Nous sommes dans l’auditorium de l’Institut Goethe. Aucun bruit autre que la musique et le chant. Le public se sent porté par la voix veloutée de la chanteuse émérite Kiêu Oanh, qui interprétait, sur une de barcarolle de Huê, un poème extrait des célèbres Lyrisches Intermezzo d’Heinrich Heine, qui, pour la circonstance, avaient été traduits en intégralité en vietnamien par Chu Thu Phuong. 

Ce sont par la suite les artistes du groupe Dông Kinh Cô Nhac (musique ancienne de la capitale de l’Est, en français) qui ont adapté ces paroles sur des mélodies existantes du répertoire traditionnel vietnamien.

« Le romantisme européen du 17-18e siècle est tout à fait compatible avec la musique traditionnelle vietnamienne », estime Dam Quang Minh, l’un des membres du groupe. « L’enjeu est d’harmoniser paroles et mélodies. Nous n’avons pas composé de musique nouvelle, mais avons juste essayé de marier la musique traditionnelle avec la poésie allemande. »

Et c’est ainsi que les vers de Heine ont été portés par des mélodies anciennes du cheo, du chau van ou encore du tuong. La chanteuse Thanh Hoai, artiste du peuple, a eu beaucoup de plaisir à participer au concert.

« Cette poésie nous parle », nous explique-elle. « La joie, la tristesse, la méditation… l’auteur partage avec nous les différentes émotions qu’il vit. Ce que nous avons essayé de faire, c’est de choisir la musique qui correspond au mieux aux sentiments exprimés. Par exemple, les vers humoristiques sont chantés sur des airs joyeux de xam, alors que les vers nostalgiques seront portés par des mélodies de cheo. La réaction du public nous a beaucoup encouragés. »

C’est le compositeur Vu Nhat Tan qui s’est occupé de l’arrangement musical de cette soirée lyrique. « Nous sommes plutôt satisfaits de l’harmonie que nous avons réussi à créer entre la poésie allemande et la musique traditionnelle vietnamienne. On dirait même que c’est très vietnamien, nous confie-t-il. »

Le public a beaucoup apprécié, notamment les amateurs de la musique traditionnelle qui ont eu l’occasion de vivre en Allemagne, comme Trân Ngoc Quyên : « Ce concert est vraiment spécial, une expérimentation qui nous a beaucoup plu, nous dit-il. Les spectateurs ont adoré, les artistes ont fait de leur mieux. »

Heinrich Heine (1797-1856) fut l’un des plus grands écrivains allemands du 19e siècle. Ses Lyrisches Intermezzo ont été mis en musique par plusieurs de ses compatriotes romantiques. A l’occasion du 220e anniversaire de sa naissance, ce sont des musiciens vietnamiens qui lui ont rendu hommage. – VOV/VNA

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