Il faut renforcer la lutte contre le travail des enfants. Photo : SGGP. Photo: Internet



Hanoi (VNA) - L'Organisation internationale du travail (OIT) marque la Journée mondiale contre le travail des enfants depuis 2002 pour attirer l'attention sur l'étendue mondiale du travail des enfants, ainsi que les actions et les efforts nécessaires pour l'éliminer. Chaque année, le 12 juin, la Journée mobilise les gouvernements, les employeurs, la société civile, ainsi que des millions de personnes à travers le monde pour mettre en évidence la situation des enfants qui travaillent et les actions qui peuvent les aider.

Le concept de «travail des enfants» regroupe l’ensemble des activités qui privent les petits de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et nuisent à leur scolarité, leur santé, leur développement physique et mental.

Tout travail qui nuit à la santé et au développement de l'enfant peut avoir des conséquences à long terme sur sa vie d'adulte. Le travail des enfants entrave considérablement les efforts de promotion d'emploi décent des jeunes, élément clé de la revitalisation pour relancer l'agriculture et réduire la pauvreté.

Selon l'ONU, "le travail des enfants est une violation des droits fondamentaux des enfants, un frein considérable au développement durable du travail décent et une honte pour l’humanité". L’éradiquer est une priorité mondiale. Avec la cible 8.7 des Objectifs de développement durable (ODD), la communauté internationale s’est engagée à éliminer toutes les formes de travail des enfants d’ici à 2025.

Situation au Vietnam

Au Vietnam, plus de 10% des enfants âgés d'entre 5 et 14 ans travaillent. L’âge minimum pour travailler est de 15 ans (18 pour des travaux dangereux) mais il existe quelques exemptions pour certains travaux, sports traditionnels et activités artistiques.

Certains enfants travaillent légalement dans les villages d’artisanat traditionnel, les entreprises saisonnières et les activités de restauration. Cependant, les conditions de travail sont inadaptées (horaires supplémentaires, pénibilité). Pour l’avenir de la jeune génération et de l’ensemble de la société, on doit s’efforcer de faire reculer le travail des enfants.

Concrètement, il faut lancer une stratégie de communication efficace ciblant les principaux intéressés, c'est-à-dire les familles, les enfants et les employeurs eux-mêmes. Il importe également d'élaborer des modèles d'action afin d'intervenir en cas d'emploi d'enfants dans divers secteurs socioprofessionnels et localités du pays.

Lutte contre le travail des enfants dans la chaîne d'approvisionnement mondiale

«Chaque jour, au Vietnam, les chaînes d’approvisionnement et de production de marchandises ou encore de services doivent servir des millions de personnes. Les 1,75 million d’enfants du pays constituent une ressource bon marché pour beaucoup d’employeurs peu scrupuleux», a estimé le Dr Chang-Hee Lee, directeur de l’OIT au Vietnam. Avant de souligner que l’emploi illégal d’enfants n’est pas facile à dépister.

Selon Chang-Hee Lee, la plupart des enfants qui travaillent sont en zone rurale et travaillent dans l'agriculture pour leur famille.

D’après Doan Mâu Diêp, vice-ministre vietnamien du Travail, des Invalides et des Affaires sociales, le pays dispose d’un ensemble de lois et politiques visant à assurer le droit des enfants, notamment en matière de prévention et de lutte contre l’emploi abusif de ceux-ci.

Le 7 juin 2016, le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a approuvé le Programme 2016-2020 de prévention et de réduction du travail des enfants.

«Même si des progrès ont été réalisés, le recul du travail des enfants, aussi bien au Vietnam que dans le reste du monde, va encore être confronté à de grands défis dans l’avenir», a prévenu le vice-ministre Doan Mâu Diêp.
 
Protégeons les enfants dans les conflits et les catastrophes

Cette année, la Journée mondiale contre le travail des enfants se concentre sur l'impact des conflits et des catastrophes sur le travail des enfants.

Les conflits et les catastrophes ont un impact dévastateur sur la vie des gens. Ils tuent, mutilent, blessent, forcent les gens à fuir leurs maisons, détruisent leurs moyens de subsistance, les poussent dans la pauvreté et la famine et les piègent dans des situations où leurs droits humains fondamentaux sont violés. Les enfants sont souvent les premiers à souffrir dans ces situations, lorsque les écoles sont détruites et que les services de base sont perturbés. Des millions d'enfants se retrouvent donc astreints au travail des enfants lors de conflits et de catastrophes. –CVN/VNA