Procès de l’agent orange : la plaidoirie aura lieu le 3 mars prochain

Le procès "de l’agent orange" intenté par Mme Tran To Nga, une Française d’origine vietnamienne, contre 26 sociétés chimiques américaines, a été renvoyé pour plaidoirie à l'audience du 3 mars.
Procès de l’agent orange : la plaidoirie aura lieu le 3 mars prochain ảnh 1Mme Tran To Nga lors d'une interview accordée à la presse française. Photo: VNA

Paris (VNA) - Après cinq audiences de mise en état, le procès "de l’agent orange" intenté par Mme Tran To Nga, une Française d’origine vietnamienne, contre 26 sociétés chimiques américaines, a été renvoyé pour plaidoirie à l'audience du 3 mars prochain du Tribunal de grande instance d’Evry, ​par décision du juge de la mise en état du 7 janvier.    

Il s’agit d’une décision ​significative ​dans la procédure puisque le débat de fond sur la responsabilité des sociétés américaines dans la fabrication de l’agent orange arrive à son terme, après plusieurs retards p​our des questions de procédur​e. En effet, la multiplication des audiences rend fatigués les avocats du Cabinet "Bourdon & Forestier" qui défendent les intérêts de Mme Tran To Nga et Mme Tran To Nga elle-même. Elle augmente aussi les coûts de ce procès déjà très onéreux ​en raison des frais de traduction des pièces du français à l’anglais et inversement.

Ces audiences de mise en état sont aussi préjudiciables pour Mme Tran To Nga qui est atteinte de plusieurs pathologies à cause de son exposition pendant la guerre à l’agent orange ​dont un diabète de type 2​ et des kystes dans ses organes. Durant ces derniers mois, elle ​a dû subir de nombreux examens médicaux et ​a souvent été hospitalisée pour des interventions chirurgicales.

L​e 7 janvier, les avocats représentant les sociétés américaines ont demandé que des analyses du sang de Mme Tran To Nga soit ​réalisée dans un cabinet précis, celui du docteur Du Jardin, et non pas dans un autre. Auparavant, ces mêmes avocats ​avaient fait un incident de communication de pièces pour les pièces mentionnées en pied de l'assignation ​introductive d'instance, ​et​ de fourniture de documents certifiant la présence de ​la demanderesse dans des zones d’épandage de l’agent orange/dioxine pendant la guerre, ​de son contrat de travail ou de bulletins de salaire. Or, les volontaires pour aller se battre pour la libération du pays, comme Mme Nga qui était journaliste de l’Agence d’information Giai phong (aujourd’hui l’Agence vietnamienne d’information), ne pensaient pas à être payés. ​Une telle demande de pièces ​s'avérait de nature dilatoire.  

La fixation d'une date de plaidoirie ​fait entrer ce procès dans une nouvelle phase, et les parties pourront débattre des conditions de responsabilité, en l'occurrence, de la commission d'une faute par les défenseurs, de l'existence d'un préjudice, et du lien de causalité ​entre faute et préjudice.   

Dans cette difficile lutte, les avocats ​représentant Mme Nga ont affirmé leur volonté d’aller jusqu’au bout du procès ​afin que justice soit rendue, alors que ​Mme Tran To Nga estime que le but de son procès est de sensibiliser l’opinion internationale ​aux atrocités de la guerre chimique, et d’​engager les gens à venir en aide aux victimes de l’agent orange au Vietnam - ceux qui continuent de souffrir bien que le pays soit libéré et en paix depuis plus de 40 ans maintenant. -VNA

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