Préserver l’identité ethnique : l’exemple des Tày

Depuis des années, les Tày vivant sur les rives du réservoir de Thác Bà, province de Yên Bái, cherchent à protéger leurs us et coutumes des vicissitudes du temps.
Préserver l’identité ethnique : l’exemple des Tày ảnh 1Hoàng Van Thành (centre) et des membres du Club de la culture populaire de la commune de Xuân Lai. Photo : VNA/CVN
Hanoï (VNA) - Depuisdes années, les Tày vivant sur les rives du réservoir de Thác Bà,province de Yên Bái, cherchent à protéger leurs us et coutumes desvicissitudes du temps.

La province de Yên Bái (Nord) se prête idéalement à la randonnée,notamment les rizières en terrasses de Mù Cang Chai avec leur beautéépoustouflante, les incroyables cascades et rivières, le lac de Thác Bà -l’un des trois plus grands lacs de retenue du pays.

Celui-ci, situé dans les districts de Yên Binh et Luc Yên, impressionnepar ses eaux turquoises où se mirent d’innombrables petits îlotsverdoyants. Aux alentours, les paysages pittoresques ponctués decavernes et les villages à flancs de montagne invitent à une baladealliant détente et découverte. Une contrée multiethnique riche envaleurs culturelles, particulièrement celles des Tày.

Présents depuis longtemps au Vietnam, ces derniers figurent parmi lesethnies les plus peuplées et disposant d’une des cultures les plusanciennes. Toutefois, à travers les siècles, des facettes de leuridentité culturelle se sont peu à peu estompées. Mais, les habitantsredoublent d’efforts pour préserver cet héritage de leurs ancêtres.

Terre de chants folkloriques

Quand on parle de la culture Tày, on ne peut pas ne pas mentionner leschants folkloriques veloutés qui se mêlent aux sons limpides du dàn tính (luth à deux ou trois cordes, à manche long, dont la caisse derésonance est une calebasse coupée et séchée) s’élevant au milieu desforêts de la région montagneuse du Nord.

Les nonagénaires ne peuvent pas cacher leur enthousiasme en évoquant les chants rituels then, coi et quan làng.Né dans la commune de Xuân Lai, district de Yên Binh, Hoàng Van Thànhest un des piliers en matière de maintien et de préservation de ceschants. Dès sa petite enfance, c’est en écoutant sa mère chanter quecette passion s’est enracinée dans son cœur. Hormis la transmission auxjeunes, M. Thành traduit aussi en vietnamien les paroles des chansons.Aux côtés d’autres artistes, il a publié plusieurs livres sur cet artvocal traditionnel. Dans l’espoir de protéger les valeurs ancestralesdes Tày, il a collecté de nombreuses chansons anciennes afin de lesenseigner au Club de la culture populaire de la commune dont il estlui-même vice-président.

Le costume, aussi un précieux patrimoine

En plus des chansons folkloriques, la culture des Tày est égalementincarnée dans leurs costumes traditionnels, simples mais tout aussibeaux. Ces vêtements sont confectionnés à partir de fils de coton teintsen bleu indigo, avec presque sans aucun motif décoratif. Toutes lesétapes de fabrication sont manuelles. Traditionnellement, les femmesportent une longue robe à cinq pièces, un pantalon, un foulard, uneceinture, un collier et une chaîne d’argent porté sur le côté.

Bien qu’âgée de plus de 70 ans, Vi Thi Linh, dans la commune de XuânLai, s’évertue à maintenir la couture traditionnelle. Elle utilise lelin pour confectionner les habits qui sont ensuite vendus non seulementdans cette commune mais aussi dans les provinces des environs commeTuyên Quang, Phú Tho, Lang Son, Cao Bang… Souhaitant transmettre cetartisanat à la jeune génération, Mme Linh participe au Club de la culture populaire pour prodiguer des cours.

Hoàng Van Thành et Vi Thi Linh font partie de ceux qui ont prisconscience de l’urgence de préserver l’identité culturelle locale. "Malgréde nombreuses difficultés, il est nécessaire de promouvoir les valeursculturelles des Tày afin qu’elles puissent perdurer", ont-ils conclu. -CVN/VNA
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