Première greffe pulmonaire à partir de donneur en mort cérébrale

Les chirurgiens de l’Hôpital central militaire 108 à Hanoï ont réalisé avec succès une greffe d’un poumon prélevé sur un donneur en état de mort encéphalique. Une première.

Hanoi (VNA) – Les chirurgiens de l’Hôpital central militaire 108 à Hanoï ont réalisé avec succès, le 26 février, une greffe d’un poumon prélevé sur un donneur en état de mort encéphalique. Une première au Vietnam.

L’information a été rendue publique le 16 mars à Hanoï par l’Hôpital central militaire 108. Ce succès marque une nouvelle avancée dans la greffe d’organes, après les succès dans les greffes de rein et de foie réalisées ces deux dernières années.

Première greffe pulmonaire à partir de donneur en mort cérébrale ảnh 1La première greffe pulmonaire à partir de donneur en mort cérébrale a été réalisée le 26 février à Hanoï. Photo : BV108

Le patient Trân Ngoc Hanh, 54 ans, originaire de la province de Nam Dinh (Nord), souffrait d’une grave insuffisance respiratoire causée par une maladie pulmonaire obstructive chronique en stade terminal. Son état s’aggravait et sa vie était menacée.

«L’opération a été achevée le 26 février 2018 après plus de sept heures. À côté de trois experts étrangers venus de France et de Belgique, cette greffe de poumon a réuni 60 professeurs, médecins, aides-soignants et techniciens de l’Hôpital central militaire 108», a informé le professeur-Docteur Mai Hông Bàng, son directeur, qui dirigeait l’intervention.
 
Actuellement, l’état de santé du greffé est stable. Il peut respirer par lui-même sans l’aide de machines et s’alimenter. «Je me sens beaucoup mieux. Je remercie les médecins de m’avoir sauvé», a-t-il partagé.

Le professeur-Docteur Mai Hông Bàng a fait savoir que si les greffes de rein, foie, cœur ou cornée était réalisées depuis longtemps au Vietnam, celle de poumon restait un grand défi pour la médecine nationale.

Selon lui, en plus des deux poumons du donneur en état de mort cérébrale, les médecins ont prélevé en même temps plusieurs autres organes pour six autres greffes, à l’Hôpital central militaire 108 et à l’Hôpital Cho Rây de Hô Chi Minh-Ville. Actuellement, l’état de santé des greffés est également stable.

Selon les experts, la greffe de poumon est l’une des techniques les plus difficiles, notamment dans le cas d’un donneur en état de mort encéphalique,  et ce même dans les pays maîtrisant les technologies médicales de pointe.

«Ce succès est le fruit de préparatifs consciencieux depuis plusieurs années en termes d’équipements et de ressources humaines, ainsi que de la solidarité, de la volonté et des efforts des médecins de l’hôpital pour obtenir les meilleurs résultats», a partagé le professeur Liu Ngai, de l’hôpital français Foch.

Un projet au niveau national

Selon le professeur-Docteur Mai Hông Bàng, cette greffe fait partie d’un sujet de recherche au niveau national et d’un projet de greffe de tissus et d’organes à l’Hôpital central militaire 108.
Première greffe pulmonaire à partir de donneur en mort cérébrale ảnh 2Le patient Trân Ngoc Hanh après la greffe pulmonaire. Photo : BV108

Avant cette greffe historique, les médecins de l’hôpital  avaient réalisé à titre expérimental de nombreuses greffes d’organes sur des animaux comme cœur, poumon, foie, rein, avec un taux de réussite élevé.

L’hôpital avait aussi envoyé 30 médecins, chirurgiens, aides-soignants dans des hôpitaux et centres de premier rang dans le monde. En outre, une vingtaine d’équipes avaient été formés dans des hôpitaux maîtrisant les technologies de pointe dans ce domaine comme l’hôpital Viêt Duc à Hanoï et Cho Rây, à Hô Chi Minh-Ville.

Jusqu’à maintenant, l’Hôpital central militaire 108 a réalisé avec succès 18 greffes de rein, une de foie, 27 de moelle osseuse et 14 de cornée. D’après le professeur-Docteur Mai Hông Bàng, après cette greffe de poumon, l’hôpital envisage de se pencher sur celle d’utérus, d’intestin…

En février 2017, l’Hôpital militaire 103, dans l’arrondissement de Hà Dông, à Hanoï, en coopération avec des experts japonais, avait réalisé avec succès la premier greffe de poumon à partir d’un donneur vivant.

La patiente était une fillette de six ans et les donneurs, son père et son oncle. L’opération avait duré onze heures et  les trois protagonistes se sont bien remis des interventions chirurgicales. Selon les experts japonais, la fillette devrait avoir une longévité normale.

* De plus en plus de greffes d'organes, pas assez de donneurs

Selon Nguyên Hoàng Phuc, directeur adjoint du Centre national de coordination de la transplantation d’organes, la demande d’organes est très élevée dans le pays.

Environ 6.000 personnes ont besoin d’une greffe de rein et 3.000 malvoyants d’une greffe de cornée. Fin 2017,11.663 personnes étaient inscrites au fichier de don d’organes après la mort ou dans un état de mort cérébrale - à comparer aux zéro donneurs en 2013.

Cependant, cela reste trop peu, compte tenu de la population nationale de plus de 90 millions d’habitants. – CVN/VNA

 

Voir plus

Le professeur associé Le Thuong Vu (à gauche) effectue une bronchoscopie avec échographie endobronchique (EBUS) à visée de biopsie. Photos: NDEL

La médecine "ne consiste pas seulement à soigner, mais aussi à préserver l’espoir"

Après plus de trente ans de carrière, le docteur Vu conserve une foi intacte dans les progrès de la médecine. Pour lui, chaque nouvelle technique représente une opportunité supplémentaire pour les patients. Ce qui le rattache à son métier reste ce moment où un patient retrouve la santé et le sourire, preuve que la médecine ne se limite pas à soigner, mais qu'elle permet aussi de préserver l’espoir.

Flavie Goutard, vétérinaire épidémiologiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) de France. Photo : VNA

Le Vietnam reconnu pour son approche intégrée de prévention des épidémies

Plusieurs experts internationaux participant au Sommet « One Health » (Une seule santé) en cours à Lyon, en France, ont estimé que le Vietnam figurait parmi les pays pionniers dans la mise en œuvre d’une approche intersectorielle visant à contrôler les épidémies et à protéger la santé humaine, animale et environnementale.

e séquençage du génome consiste à lire et à décrypter l’intégralité de l’ADN d’un individu, afin de repérer d’éventuelles variations pouvant expliquer sa maladie. Photo: pngtree.com

Des scientifiques vietnamiens identifient les mutations génétiques de maladies rares

Le professeur-Docteur Nguyên Huy Hoàng, directeur adjoint de l’Institut de biologie de l’Académie vietnamienne des sciences et technologies, et son équipe de recherche ont mené un projet intitulé « Analyse des mutations génétiques chez des patients vietnamiens atteints de maladies rares sélectionnées à l’aide de la technologie de séquençage de l’exome entier ». Ce projet, réalisé de 2022 à 2024, vise à élucider les causes génétiques de ces maladies au sein de la population vietnamienne.

Une équipe de santé de la commune de Dat Do effectue des consultations médicales à domicile pour les habitants. Photo : VNA.

Ho Chi Minh-Ville déploie un modèle de soins de santé continus de proximité

Ce programme novateur, fondé sur les principes de la médecine familiale, ambitionne d’instaurer un suivi médical continu, proactif et global pour chaque citoyen. Ces équipes mobiles se rendent désormais directement au domicile des habitants, en accordant une attention prioritaire aux personnes âgées, aux malades chroniques, aux personnes en situation de handicap ainsi qu’aux populations les plus vulnérables.

Au siège du Comité populaire du quartier de Xuan Hoa, des médecins des hôpitaux de Dermatologie et d’Ophtalmologie de Saïgon, en collaboration avec le centre de santé local, ont examiné 250 personnes âgées. Photo: VNA

Hô Chi Minh-Ville : 16 000 examens gratuits et soins de proximité renforcés

Le Déparrtement de la Santé de Hô Chi Minh-Ville a lancé, le 5 avril, une campagne inédite de dépistage gratuit déployée simultanément sur 64 sites au profit de 16 000 habitants. Cette opération d'envergure marque un tournant stratégique pour la mégapole, qui ambitionne de passer d'une médecine curative passive à une gestion proactive de la santé.

La vice-présidente de l’Assemblée nationale Nguyen Thi Thanh, la ministre de la Sané Dao Hong Lanet les délégués lors de l'événement. Photo d'illustration : Nhan dan.vn

Renforcer les soins de base et améliorer la santé communautaire

Le ministère de la Santé, en coordination avec la Télévision vietnamienne, a organisé le 5 avril au soir, à Hanoï, un programme politico-artistique intitulé « Une population en bonne santé – un pays prospère », en réponse à la première Journée de la santé pour tous (7 avril).

Dans la zone de mesure de la pression artérielle. Photo: VNA

Dépistage du cancer et examen médical gratuits pour 10.000 personnes à Hanoi

Les participants bénéficieront d’un bilan de santé complet grâce à un processus simplifié en un seul lieu, comprenant la mesure de la tension artérielle, l’évaluation de la taille et du poids, le calcul de l’IMC et l’évaluation du risque cardiovasculaire, des analyses de sang, un examen général et des consultations spécialisées en médecine interne, pédiatrie, obstétrique, ophtalmologie, ORL, dentisterie et oncologie.

Au cours des trois premiers mois de 2026, le Vietnam a enregistré plus de 25.000 cas de syndrome pieds-mains-bouche. Photo: VNA

Le Vietnam renforce le diagnostic et le traitement du syndrome pieds-mains-bouche

Face à plus de 25.000 cas de syndrome pieds-mains-bouche enregistrés au premier trimestre 2026, les autorités sanitaires vietnamiennes renforcent la formation médicale, actualisent les protocoles de traitement et appellent à une vigilance accrue, notamment sur l’approvisionnement en médicaments et les mesures de prévention.

L’intelligence artificielle s’impose comme un levier majeur pour renforcer le dépistage précoce des maladies non transmissibles au Vietnam. Photo: VNA

Maladies non transmissibles : l’IA, un tournant pour le dépistage au Vietnam

L’intelligence artificielle s’impose comme un levier majeur pour renforcer le dépistage précoce des maladies non transmissibles au Vietnam, dans un contexte où ces pathologies, responsables de plus de 70 % des décès dans le monde, connaissent une progression rapide. En combinant politiques publiques et transformation numérique, le secteur de la santé accélère sa transition vers une approche préventive, visant à améliorer la qualité des soins et à réduire durablement la charge sanitaire.

La vice-ministre Nguyên Thi Liên Huong se rend au chevet des enfants hospitalisés pour la maladie main-pied-bouche à l’Hôpital pour enfants n°2. Photo : suckhoedoisong.vn

Le Vietnam se mobilise pour contenir l’épidémie de main-pied-bouche

Selon le Centre de contrôle des maladies de Hô Chi Minh-Ville, les établissements de santé locaux ont recensé 10.886 cas de syndrome main-pied-bouche au cours des douze premières semaines de 2026, dont 1.992 hospitalisations et 221 cas graves. Il est à noter que le nombre de cas graves a augmenté rapidement, certains patients présentant une détérioration rapide nécessitant une intervention médicale intensive.