Pour que résonne le son des gongs de Ba Vi

Le district montagneux de Ba Vi abrite ethnies Muong, Dao et Kinh, lesquelles possèdent leurs traits culturels originaux.
Pour que résonne le son des gongs de Ba Vi ảnh 1Le Club de gongs du village de Vip de la commune de Minh Quang. Photo: VNA

Hanoi (VNA) - Le district montagneux de Ba Vi abrite les ethnies Muong, Dao et Kinh, lesquelles possèdent leurs traits culturels originaux. Les gongs, partie essentielle de la culture traditionnelle des Muong, sont un attrait unique de la région Xu Doài, c’est-à-dire de l’Ouest de Hanoï.

L’artisan Dinh Thi Lan qui, à près de 80 ans est toujours la chef adjointe du groupe des gongs de la commune de Ba Trai, dans le district éponyme, se remémore les jours passés où elle se joignait au groupe pour donner des spectacles et participer à des festivals artistiques. Son groupe a reçu de nombreuses distinctions, dont un satisfecit du ministère de la Culture et de l’Information lors du Festival de la culture des gongs de 1987, à Thanh Hoa (Centre).

Mme Lan s’est passionnée pour les gongs dès son plus tendre âge bien qu’elle, comme de nombreuses autres personnes, n’ait jamais su quand cette forme d’art est apparue pour la première fois. Tous savent seulement que les premiers Muong qui migrèrent de Hoà Binh (zone montagneuse du Nord) vers Ba Vi apportèrent des gongs pour les festivals, les mariages, les funérailles et les grands événements locaux.

L’«âge d’or» des gongs 

Ba Vi est une terre montagneuse, et le son de cet instrument traditionnel démontre pleinement sa qualité de moyen de puissante communication. Grâce aux différentes tonalités des gongs, les gens de Muong peuvent savoir ce qui se passe dans la région.

Pour que résonne le son des gongs de Ba Vi ảnh 2Chez les Muong, seules les femmes en costume traditionnel sont autorisées à jouer du gong. Photo: VNA

Le son des gongs pour accueillir le Nouvel An lunaire a toujours un rythme vif et joyeux. Ces sons semblent pousser les gens à aller se joindre aux activités festives. Les filles et les garçons utilisent également des gongs pour transmettre leurs messages d’amour lors des nuits de pleine lune. On utilise aussi les gongs lors des mariages qui sont considérés comme de profonds souhaits de bonheur pour la mariée et le marié.

Les gongs participent de toutes les activités des Muong, et sont un trait caractéristique de leur culture transmise de génération en génération. Les villageois considèrent les gongs comme un héritage familial, et toutes les familles en possèdent au moins un. Les gongs des Muong de Ba Vi sont différents de ceux des ethnies du Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre). Ils ont une bosse en leur centre et sont équipés d’une bretelle. Les Muong utilisent une baguette de percussion en bois, tandis que les habitants du Tây Nguyên se servent de leurs mains.

Point plus particulier, chez les Muong, seules les femmes en costume traditionnel sont autorisées à en jouer. Chez les ethnies minoritaires du Tây Nguyên, les gongs sont des moyens de communication avec les dieux, tandis que chez les Muong de Ba Vi, il s’agit d’instruments de musique de la vie quotidienne. Malheureusement, les gongs ont été absents pendant une longue période de la vie des Muong.

Dinh Ngoc Dan, 70 ans, qui vit dans le hameau de Lat, commune de Minh Quang, a partagé que dans le passé, chaque famille de sa commune avait au moins un gong, mais avec la dévastation des guerres et de la faim, certains ménages durent les vendre, tandis que de nombreux villageois les utilisèrent comme couvercles des jarres de sauce soja pour la conservation. En outre, des personnes ont profité de la confiance des Muong, en se qualifiant «cadres de la culture populaire» pour leur emprunter, sinon s’emparer, de gongs afin de les vendre à des antiquaires.

Au début des années 2000, le bureau administratif chargé de la culture des ethnies minoritaires du district de Ba Vi mena des enquêtes sur les gongs des Muong pour constater qu’il n’en restait plus que quelques-uns dans chaque commune montagneuse, et qu’en outre, les artisans de gongs étaient trop vieux pour se souvenir des mélodies. En d’autres termes, ils constatèrent un risque de perte totale de la culture des gongs à Ba Vi.

Faire revivre les gongs des Muong

Conscient de l’importance de préserver et de promouvoir les valeurs culturelles nationales, en 2012, le Comité populaire du district de Ba Vi a lancé un projet de sauvegarde et de préservation de l’identité culturelle des minorités ethniques.

Le Comité populaire du district a demandé aux responsables chargés de la culture d’enquêter, d’évaluer et d’étudier les caractéristiques de la culture des gongs dans sept communes montagneuses que sont Tan Linh, Ba Trai, Yên Bai, Minh Quang, Khanh Thuong, Vân Hoà et Ba Vi. La population locale s’est avérée très désireuse de les aider. Nguyên Quang Khang, un employé du secteur culturel de la commune de Khanh Thuong, a confié qu’actuellement «la plupart des minoritaires ethniques ont compris l’importance de la préservation et de la promotion des valeurs des gongs. J’ai toujours cru que le son des gongs revivrait dans la communauté Muong».

Les responsables de la culture du district ont passé beaucoup de temps à élaborer des mesures pour restaurer, préserver et promouvoir les traits traditionnels uniques des gongs. Ils ont visité chaque commune et chaque famille pour étudier attentivement les gongs, enregistrer des informations, et copier des documents. Plusieurs mesures ont été prises, comme de collecter des gongs, enseigner la culture des gongs et les danses et chansons des Muong.

Fin 2016, le Comité populaire du district de Ba Vi a offert un ensemble de gongs de 12 pièces, d’une valeur totale de plus de 60 millions de dôngs, aux Muong du hameau de Khanh Chuc Bai (commune de Khanh Thuong) et du hameau 3 (commune de Ba Trai).

Faire revivre les gongs des Muong a été possible non seulement grâce à l’attention des organismes compétents, mais aussi à la volonté de la population locale. Par exemple, la troupe de gongs du hameau de Ban de la commune de Yên Bai fonctionne en autofinancement. Elle a fait appel au soutien financier des villageois pour acheter un ensemble de gongs, ses membres étant déterminés à conserver leur identité traditionnelle et la transmettre aux générations futures. Leurs activités ont significativement contribué à rétablir cette forme d’art populaire traditionnelle.

Aujourd’hui, avec 12 ensembles de gongs qui fonctionnent activement et efficacement dans sept communes montagneuses, cet art traditionnel a enfin pleinement retrouvé sa place dans le district de Ba Vi. -CVN/VNA

Voir plus

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président vietnamien Tô Lâm (3e à partir de la gauche) lors de la cérémonie. Photo: VNA

Le Vietnam lance le chantier de conservation et de restauration du palais Kinh Thiên

Kinh Thiên était le palais principal de la cité interdite de Thang Long sous la dynastie des Lê. Selon le “Dai Viêt su ky toàn thu” (Annales complètes du Dai Viêt), sa construction débuta en 1428, sous le règne de Lê Thai Tô, et s’acheva sous celui de Lê Thanh Tông, sur les fondations des palais principaux des dynasties des Ly et des Trân.

L’œuvre puise sa source dans le reflet de la lune sur l'eau, capturant le paradoxe d'une image à la fois figée dans l'instant et animée d'un mouvement éternel. Photo : thethaovanhoa.vn

Quand l’ikebana japonais fait onduler la lune au cœur de Hanoi

Au Musée des beaux-arts du Vietnam, l’exposition Sazanami Vol. 1 («Vagues de lune») transcende la simple démonstration technique. En faisant dialoguer l’Ikebana avec le paysage culturel et créatif vietnamien, elle ouvre une voie d’une résonance universelle où l’humanité et la nature s’unissent par la grâce des fleurs.

Le spectacle « La Patrie dans nos cœurs » est organisé par le journal Nhan Dan en collaboration avec le Comité populaire de Ho Chi Minh-Ville. Photo : https://nhandan.vn/

Construire des marques nationales dans l'industrie culturelle

Le 7 janvier 2026, le Bureau politique a promulgué la Résolution n° 80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne dans la nouvelle ère. Celle-ci fixe notamment l’objectif de porter, d’ici 2030, la contribution de l'industrie culturelle à 7 % du PIB et de créer entre 5 et 10 marques nationales dans les secteurs culturels à fort potentiel, tels que le cinéma, les arts du spectacle, le tourisme culturel, le design et la mode.

De nombreux Japonais au festival. Photo : VNA

Premier Festival du banh mi vietnamien au Japon

Premier événement au Japon entièrement consacré au banh mi vietnamien, le festival organisé les 26 et 27 septembre à Tokyo invite le public japonais à découvrir, à travers la gastronomie, la culture vietnamienne et les liens qui rapprochent les deux peuples.

Colline de thé de Cau Da, dans la commune de La Bang, province de Thai Nguyen. Photo : VNA

Thai Nguyen, terre d’excellence du thé vietnamien

Réputée pour la qualité de son thé, Thai Nguyen compte parmi les grandes terres de thé du Vietnam. La province lui consacre plus de 22.000 hectares, répartis dans la plupart de ses communes et quartiers. Entre paysages verdoyants et savoir-faire transmis de génération en génération, Thai Nguyen offre aux visiteurs une belle immersion dans la culture du thé et ses saveurs typiques.

Au souffle Phan Dang Hoàng, 40 silhouettes marquent la Fashion Week de Milan 2027. Photo : Phan Dang Hoàng

Les éclats de Phan Dang Hoàng impressionnent à la Fashion Week de Milan 2027

S’inspirant d’un conte de fées profondément ancré dans la mémoire culturelle de générations de Vietnamiens, la collection explore le parcours de transformation de Tấm : d’une jeune fille douce subissant une profonde injustice, elle devient une figure en quête perpétuelle de redécouverte de soi et d’épanouissement personnel.

Les visiteurs découvrent la culture traditionnelle des H’Mong. Photo: VNA

Les savoir-faire traditionnels, nouvelle source d'inspiration du design vietnamien

La rencontre entre patrimoine et création contemporaine permet à de nombreuses marques vietnamiennes de valoriser les savoir-faire, matériaux et récits culturels locaux dans le design. Pour transformer durablement ces ressources en valeur créative et économique, la mise en place d’un écosystème reliant recherche, production et marché apparaît toutefois nécessaire.