«Pour les Vietnamiens, l’escalade est un loisir, pas un sport»

De quelques voies d’escalade corsées au tournant du siècle, le Nord du Vietnam compte désormais une salle en intérieur et des voies extérieures tout public. Le point avec Jean Verly.
«Pour les Vietnamiens, l’escalade est un loisir, pas un sport» ảnh 1Une centaine de voies devraient être aménagées à Huu Lung, à 110 km au nord-est de Hanoi, dans la province de Lang Son (Nord). Photo :VNA

Hanoi (VNA) - De quelques voies d’escalade corsées au tournant du siècle, le Nord du Vietnam compte désormais une salle en intérieur et des voies extérieures tout public. Le point avec Jean Verly, artisan de ce développement.

En vietnamien, le mot escalade n’existe pas. L’expression la plus proche : leo nui. Littéralement, grimper sur la montagne. Un constat qui donne la mesure des difficultés auxquelles Jean Verly s’est confronté lorsque, en avril 2011, il a ouvert Vietclimb, une salle de bloc, à Hanoi. Le bloc ? Un type d’escalade qui se pratique à faible hauteur et qui ne nécessite pas de matériel d’assurage.

«Lorsque je suis arrivé au Vietnam, en 2005, il n’y avait aucune infrastructure en intérieur», décrit le Français de 34 ans, grimpeur confirmé. À l’extérieur, Ninh Binh comptait cinq voies. Une trentaine d’autres avait été équipée dans la baie de Ha Long par des expéditions américaines (1996) et françaises (2003). «Elles étaient d’un niveau très élevé, appuie le fondateur de Vietclimb. Il n’existait pas de communauté locale de grimpeurs. Moins de cent personnes ont dû s’y essayer».

Parmi eux, Jean Verly. «Les emplacements n’étaient pas faciles à localiser. Il fallait aussi trouver des bateliers qui acceptaient de nous y déposer. Ils voyaient l’escalade comme une activité dangereuse, qui les obligeait à sortir de leur circuit habituel». Autre problème, le matériel utilisé. De l’acier inox qui, au contraire du titane, ne résiste pas en milieu marin. Conséquence, les voies ouvertes au début des années 2000 ont aujourd’hui disparu.

Une centaine de voies à Huu Lung

En 2006, Jean Verly se lance, avec quelques amis, à la recherche de falaises. En découlent quelques sorties, notamment dans la région de Ba Bê (province de Bac Kan), où les longues marches dans la jungle prennent le pas sur l’escalade. «Identifier des endroits dont le rocher était assez compact n’était pas aisé». Puis, au détour d’une excursion en moto, il découvre Huu Lung, à 110 km au nord-est de Hanoi. Une large falaise de calcaire, idéale pour aménager des voies de tout niveau.

Il en ouvre une quinzaine en 2012, avec l’aide de Francis Haden, un Anglais habitant Hong Kong. Deux autres expéditions s’ensuivent, en 2013. Aujourd’hui, 37 voies, dont deux grandes, sont accessibles aux grimpeurs. Un début. Le Français vient en effet de remporter la bourse «Millet expedition». «En novembre, trois personnes viendront pour trois semaines à Huu Lung». L’objectif : qu’une centaine de voies soient équipées, assez pour inciter les amateurs de varappe à y séjourner plusieurs jours. «Je pense aussi ouvrir une maison d’hôtes, explique Jean Verly. Avec des infrastructures adaptées, Huu Lung, au croisement de la Thaïlande, du Laos et de la Chine, pourrait intéresser les grimpeurs qui parcourent l’Asie».

Les Vietnamiens «veulent de la hauteur»

Un projet au potentiel régional, qui satisfera donc les chasseurs de falaises étrangers. «De plus en plus nombreux», indique Chris Johnson, directeur d’Asia Outdoors, une agence qui gère un site d’escalade sur l’île de Cat Bà (voir encadré). Tout comme la quantité de voies ouvertes dans la baie de Lan Ha, précise-t-il. «Cet automne, nous allons d’ailleurs éditer un nouveau guide pour les répertorier».

Reste à convaincre les Vietnamiens. «Ils ne considèrent pas l’escalade comme un sport, mais comme un loisir. Il est donc difficile de les fidéliser et de construire une communauté de grimpeurs pérenne. La plupart préfère les activités +urbaines+ plutôt que sportives, en particulier à l’extérieur», décrit Jean Verly. Un constat confirmé par Chris Johnson : «Nous avons très peu de Vietnamiens qui viennent grimper. La plupart sont des Occidentaux qui voyagent en Asie du Sud-Est».

Ce manque d’engouement des locaux touche aussi Vietclimb. Sur les 120 membres que compte aujourd’hui la salle de bloc - le double d’il y a quatre ans - seule la moitié sont Vietnamiens. «C’est peu», commente Jean Verly. Autre obstacle, l’agencement en lui-même. «Les Vietnamiens s’attendent à de la hauteur. Même si le bloc est exigeant, ils ne se satisfont pas d’un mur de trois mètres». Pourtant, en 2010, au moment de la construction des infrastructures, cette solution semblait la meilleure. «D’un point de vue espace, sécurité et coût. Mais aussi car c’est la discipline que je préfère et que le bloc favorise les interactions sociales». Aujourd’hui, Jean Verly a retenu la leçon. «Si j’ouvre une deuxième salle, elle sera plus haute». -CVN/VNA

Voir plus

Un numéro artistique interprété par les artistes de la troupe du théâtre rénové Vàm Cỏ (Tây Ninh). Photo: VNA

Résolution 80: Le Vietnam s’affirme comme une destination des grands rendez-vous culturels

La Résolution n°80-NQ/TW du Bureau politique sur le développement de la culture vietnamienne fixe comme objectif de faire du Vietnam une destination attractive pour les événements culturels et artistiques d’envergure régionale et mondiale. Cet objectif revêt non seulement une dimension culturelle, mais s’inscrit également dans une perspective de développement économique, touristique et de valorisation de l’image du pays.

La délégation d'haltérophilie du Vietnam aux SEA Games 33 disputés en 2025 en Thaïlande. Photo : VNA

L’haltérophilie vietnamienne se prépare à des épreuves de force

À la suite des annonces de la Fédération internationale d’haltérophilie (IWF), l’équipe vietnamienne intensifie sa préparation en vue d’une série de compétitions déterminantes. À peine les ASIAD 20 achevées en septembre, les Mondiaux 2026, prévus en octobre prochain en Chine, donneront le coup d’envoi de la course aux quotas pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.

Nguyên Canh Binh, président d'Alpha Books. Photo: VNA

Du papier au numérique : l’édition vietnamienne face aux défis de demain

Selon les statistiques des autorités de gestion, l’année dernière, plus de 5.200 publications électroniques ont été diffusées dans le pays, totalisant environ 35 millions de consultations. À ce jour, 35 des 52 maisons d’édition ont déjà investi le domaine de l’édition numérique. Toutefois, au regard du volume annuel de livres imprimés, ce chiffre reste encore modeste, ce qui montre que la transformation numérique du secteur n’en est encore qu’à ses débuts et doit être accélérée de manière plus vigoureuse.

Lors du séminaire « Ho Chi Minh en Chine », les étudiants ont écouté la présentation par le professeur Hu Xianzhong, de l'École centrale de la Ligue chinoise, de ses recherches sur le parcours révolutionnaire du Président Ho Chi Minh, depuis sa quête du salut national jusqu’à ses activités en Chine. Photo : VNA

« Lumière idéale » connecte la jeunesse du Vietnam et de Chine

Le programme d'échanges « Itinéraire rouge de recherche et d’études de la jeunesse vietnamienne en Chine » bat son plein. Dans le cadre du camp d'études « Lumière idéale » prévu jusqu'au 1er avril, plus de 150 universitaires vietnamiens ont fait étape le 26 mars à Kunming (Yunnan). Au menu de cette journée : un séminaire thématique sur Ho Chi Minh et la visite chargée d'histoire de l'ancienne demeure et du lieu de travail du dirigeant lors de ses années de lutte révolutionnaire en Chine.

Des jeunes indiens, indonésien et russes découvrent des jeux populaires vietnamiens. Photo : VNA

La culture vietnamienne à l’honneur en Sibérie occidentale (Russie)

Le festival culturel intitulé "Vietnam : l’Homme et la Patrie" a transformé le centre culturel de l’Université d’État de Toms en une véritable enclave vietnamienne, structurée autour de trois espaces thématiques : la scène artistique, la gastronomie traditionnelle et les jeux populaires.

Luong Phuong Hanh, septième Vietnamienne titrée grand maître international féminin (FIDE). Photo : FBNV

Au Championnat national d’échecs, les visages de la relève vietnamienne

Réunissant plus de 200 joueurs issus de l’ensemble du pays, la compétition s’est disputée dans plusieurs formats : classique, rapide, blitz et bullet. Épreuve individuelle de référence, elle constitue également un critère déterminant dans la sélection de l’équipe nationale appelée à disputer les olympiades d’échecs 2026.

Un stand proposant de spécialités de Con Dao attire les gourmands. Photo : VNA

Un voyage au cœur des saveurs vietnamiennes

La Fête de la culture culinaire et des délices de Saigontourist Group 2026, placée sous le thème "Fédérer autour de l’excellence de la gastronomie vietnamienne", recrée un véritable fil culturel et gastronomique à travers les trois régions du pays.

La légende française du patinage artistique Surya Bonaly échange avec de jeunes patineurs vietnamiens. Photo: VNA

La légende du patinage Surya Bonaly sur la glace vietnamienne

À Hanoï, la légende française du patinage artistique Surya Bonaly a encadré et échangé avec de jeunes patineurs vietnamiens, contribuant à élever leur niveau technique et à stimuler le développement d’une discipline encore émergente au Vietnam.

Cette œuvre a été imprimée en écriture vietnamienne Quoc ngữ en 1883. Photo: VNA

Francisco de Pina et le Quôc ngu : un pont culturel entre Vietnam et Portugal

L’Association pour la promotion de la culture vietnamienne (APCV), en partenariat avec la ville portugaise de Guarda, organise les 7 et 8 octobre une série d’événements rendant hommage à Francisco de Pina, pionnier du Quôc ngu, tout en renforçant les échanges culturels et la coopération bilatérale.