Poterie Go, une spécialité de Binh Thuân

Dans la province de Binh Thuân, à côté du bourg de Cho Lâu, se trouve le village Cham de Binh Duc. Il est considéré comme un musée vivant qui a su conserver les traits culturels originaux de ce groupe ethn

Hanoi, 28 avril (VNA) - Dans la province de Binh Thuân, à côté du bourg de Cho Lâu, se trouve le village Cham de Binh Duc. Il est considéré comme un musée vivant qui a su conserver les traits culturels originaux de ce groupe ethnique, dont celui de la poterie.

Poterie Go, une spécialité de Binh Thuân ảnh 1Les poteries sont séchées avant la cuission. Photo: VNA


On ne sait pas exactement quand est née la poterie de Binh Duc de la province de Binh Thuân (Centre), également appelée poterie Go (signifiant "marmite"), qui se transmet de génération en génération depuis des siècles. Les habitants locaux ne sont cependant pas toujours conscients de l’importance de pré-server ce métier héréditaire,  considéré comme la quintessence de l’identité Cham.

Un artisanat ancestral


La poterie Go, dont le style plutôt sobre, attire les visiteurs des quatre coins du pays de par ses traits particuliers. Malgré les vicissitudes du temps, elle demeure et conserve sa beauté sauvage. Lâm Hung Sôi, artisan potier avec une trentaine d’années d’expérience, a appris les fils du métier grâce à sa mère quand il avait 13 ans. Le travail à temps plein lui apporte depuis un revenu régulier. Sa famille fabrique chaque jour quelque 50 céramiques, selon le marché, essentiellement des fourneaux, braséros ou autres ustensiles de cuisine.

Sur le côté technique, ce métier artisanal est un travail minutieux, de longue haleine, qui demande certes du savoir-faire, mais aussi beaucoup de patience, a partagé M. Sôi.

L’argile utilisée est recueillie dans la commune de Hai Ninh, district de Bac Binh. Elle est ensuite immergée dans de l’eau pendant une nuit entière, puis soigneusement malaxée avec du sable jusqu’à obtention d’un mélange souple et fin.

Bien qu’il existe désormais une multitude d’outils modernes en poterie, les artisans de Binh Duc mettent un point d’honneur à rester fidèles aux pratiques d’antan, n’utilisant que les instruments artisanaux simples et traditionnels. Ici, point de plateaux tournants motorisés, mais simplement une table en bois et un chiffon. Il s’agit d’un des traits caractéristiques de la poterie Go.

Avant de déposer l’argile sur la table, on la saupoudre d’un peu de sable blanc pour éviter qu’elle ne colle. L’artisan utilise ensuite ses mains pour créer le produit en faisant lui-même le tour de la table. Une fois que la forme est créée, un mince cercle de bambou est utilisé afin de faire une surface lisse.

Les poteries sont ensuite couvertes d’eau d’argile rouge afin d’accentuer encore plus leur couleur après cuisson. La technique de cuisson à ciel ouvert est également un des attributs rares de la poterie de l’ethnie Cham. Cet artisanat est basé sur un sens important de la communauté. En effet, tous les trois ou quatre jours, les artisans du village se rassemblent tous pour effectuer la cuisson.

La poterie et le bois de chauffage sont disposés en rangées horizontales, perpendiculaires à la direction du vent afin de diminuer les risques de fissure. Normalement, une cuisson prend deux à trois heures en fonction de la taille des produits.

Selon l’artisan Sôi, les poteries Go diffèrent de celles des autres localités en raison de la qualité de l’argile, de la technique de cuisson et des motifs ornementaux distinctifs.

Valorisation du métier traditionnel

Poterie Go, une spécialité de Binh Thuân ảnh 2La poterie est un travail minutieux, de longue haleine qui demande certes du savoir-faire, mais aussi beaucoup de patience. Photo: VNA/CVN



Le village de Binh Duc compte actuellement 155 artisans dont six spécialisés dans la fabrication de poteries artistiques. Contrairement aux céramiques à usage quotidien, la création de ces produits prend généralement beaucoup plus de temps. La plupart d’entre eux se font par commande ou sont présentés au Centre d’exposition de la culture Cham, dans la commune de Phan Hiêp, district de Bac Binh.

Malgré tout, l’artisan Dang Van Son ne se décourage pas et continue d’être passionné par la création d’œuvres artistiques, bien qu’elles ne lui apportent qu’un maigre revenu. Ses produits sont essentiellement des tours, des statues du dieu Shiva ou des Apsara…

"Cela m’a pris trois jours pour fabriquer cette tour à cause des nombreux petits détails", partage M. Son. En effet, selon lui, pour qu’une céramique artistique soit réussie, il faut que le potier soit minutieux, mais surtout passionné par ce qu’il fait.
En dehors de la confection même, l’artisan Dang Van Son présente régulièrement cet art aux visiteurs et élèves qui désirent apprendre le métier. “La plupart des jeunes de nos jours n’y connaissent rien à la poterie, encore moins celle artistique. On ne sait pas vraiment quoi faire pour pourvoir transmettre cet artisanat”, se soucie M. Son.

Actuellement, le Centre d’ex-position de la culture Cham conserve non seulement ces traits culturels mais les présente aussi aux visiteurs. Sa directrice adjointe Lu Thai Nguyên informe que les poteries sont indispensables depuis jadis dans la vie quotidienne de toutes les familles ainsi que dans la culture et la croyance des Cham. L’établissement présente actuellement plus de 1.500 objets.  En marge de l’exposition, il invite régulièrement les artisans à présenter la technique de ce métier traditionnel aux visiteurs.

Depuis la nouvelle selon laquelle le Premier ministre vient d’autoriser le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme à soumettre à l’Organisation des Nations unies pour la culture, la science et l’éducation (UNESCO) le dossier "L’art de la céramique des Cham" en vue d’une reconnaissance en tant que patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde d’urgence, le village de Binh Duc est des plus animés. Ses artisans sont extrêmement enthousiastes à l’idée que leur poterie soit préservée et développée de manière durable.- CVN/VNA

Voir plus

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

« La Résolution n°80 a été adoptée à un moment particulièrement opportun, alors que le pays entre dans une nouvelle étape de son développement national. À l’ère de l’essor de la nation, cette résolution a posé un nouveau cadre idéologique, au sein duquel la culture est appelée à jouer de toute urgence un rôle transversal, en soutien à la science et à la technologie, à l’intégration internationale, à l’innovation, à la réforme institutionnelle, au développement de l’économie privée, ainsi qu’aux secteurs de l’éducation et de la santé.

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Photo diffusée par la VNA

Le Vietnam défend la mise en œuvre du traitement préférentiel pour les pays en développement

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO, a proposé de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, le partage d’expériences, le renforcement de la coopération internationale et la mise en œuvre des recommandations adoptées en ce qui concerne l’article 16 de la Convention sur le «traitement préférentiel pour les pays en développement».

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.