Une Viêt kiêu gardienne de la musique traditionnelle

Éperdument éprise par la musique folklorique, une Saigonnaïse ouvre les portes de son hôtel aux visiteurs mélomanes, ou tout simplement curieux.

Hanoi (VNA) - Éperdument éprise par la musique folklorique, une Saigonnaïse ouvre les portes de son hôtel aux visiteurs mélomanes, ou tout simplement curieux. Retour sur un parcours sans fausse note, et un attachement sans faille.

Une Viêt kiêu gardienne de la musique traditionnelle ảnh 1Thiên Nga fascine le public en interprétant des airs au dàn tranh. Photo : NCDT/CVN

L’hôtel Faifoo Boutique donne des émotions fortes aux clients. Ces derniers peuvent s’attendre  à une expérience musicale passionnante, la combinaison harmonieuse de mélodies instrumentales traditionnelles du Vietnam avec la vitalité et le rythme moderne de la musique étrangère.

Faifoo Boutique est un hôtel pas comme les autres à Hô Chi Minh-Ville. Aux yeux des étrangers, il demeure un petit espace dédié à la musique traditionnelle du Vietnam. Mais il offre bien plus.

Tous les soirs, les visiteurs peuvent écouter des chansons folkloriques vietnamiennes interprétées par sa patronne et des artistes accompagnés d’instruments traditionnels. Pour bon nombre d’entre eux, c’est la première fois qu’ils découvrent des dàn tranh (cithare à 16 cordes), dàn bâu (monocorde) ou phach (pièces de percussion en bambou) du Vietnam.

À la conquête des étrangers

Après les interprétations d’œuvres musicales folkloriques alliant rythmes occidentaux modernes et orientaux traditionnels, place aux échanges. Les visiteurs d’un soir ont la possibilité de s’initier à la pratique des instruments, et plusieurs d’entre eux n’ont pas caché leur intention d’apprendre à en jouer.

Avec amour et passion de donner plus de valeur à la musique traditionnelle, Nguyên Huu Thiên Nga, alias Tina Thiên-Nga Nguyên et Viêt kiêu du Canada, a fait construire l’hôtel Faifoo Boutique. Inspiré de l’architecture typique du vieux quartier de Hôi An (Centre), ce petit établissement ne compte que 15 chambres. Au troisième étage, on retrouve l’incontournable scène pour les concerts.

Une Viêt kiêu gardienne de la musique traditionnelle ảnh 2L’hôtel Faifoo Boutique, un havre culturel en plein cœur de Hô Chi Minh-Ville. Photo : KS/CVN

Thiên Nga a débuté la musique toute petite, en suivant une formation spéciale en piano. Pourtant, elle a été fascinée dès l’âge de 12 ans par les sons enchanteurs du dàn tranh. «Ce fut un vrai coup de cœur quand j’ai vu un groupe jouer un morceau de dàn tranh. J’ai su que je voulais suivre ses traces», se souvient-elle.

Depuis plus de 20 ans, elle a organisé des centaines de représentations aux quatre coins du Canada. Mais aussi des États-Unis. Elle a créé aussi à l’étranger le groupe Musica Era, mais également l’Association des arts de Lac Viêt regroupant une cinquantaine de membres. Il y a une vingtaine d’année, elle a été l’une des meilleures élèves du professeur Trân Van Khê, un musicologue réputé. Elle a été dès lors motivée à présenter la musique vietnamienne au monde, via notamment les étudiants étrangers. Ces derniers, ayant découvert la musique traditionnelle pendant leurs voyages au Vietnam, reviennent dans leur pays non pas qu’avec des images de rizières s’étendant à perte de vue, mais aussi avec des souvenirs imprégnés de chansons et de sons folkloriques.

Faire rayonner la musique traditionnelle

«Il paraît que le destin m’a conduit au professeur Trân Van Khê. J’ai la chance qu’il a pu me transmettre l’amour pour la musique traditionnelle. Ses recommandations restent toujours gravées dans mon cœur. Elles me rappellent qu’il faut s’efforcer de préserver et valoriser la musique de notre pays», confie Thiên Nga.

Ses riches connaissances lui ont permis de devenir la première Vietnamienne à intégrer le Conservatoire de l’Université canadienne McGill. Grâce à elle, une vingtaine d’instruments de musique traditionnelle du Vietnam sont présentés aux étudiants canadiens, dans un logiciel cartographiant les musiques du monde.

«À l’époque, les instruments chinois étaient mieux connus au sein de notre université, car ils étaient plus d’une centaines à être répertoriés dans le logiciel. Et malheureusement, il n’y avait aucun instrument vietnamien», se souvient Thiên Nga.

Pour remédier à cette lacune, la Viêt kiêu a consacré deux semaines pour  introduire les instruments vietnamiens dans les bases de données. Désormais, en cliquant sur la position du Vietnam, une vingtaine d’entre eux apparaissent à l’écran, et il est possible d’écouter leurs sons respectifs et de lire quelques explications.

Selon elle, le Vietnam possède de nombreux styles musicaux, à la fois originaux et des plus variés. Des qualités qui cependant n’empêchent pas la musique traditionnelle d’avoir de plus en plus de peine pour retenir l’intérêt du public vietnamien, comme étranger. -CVN/VNA

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