Porte du Maroc, témoin de la solidarité Vietnam-Maroc

Erigé dans le district de Ba Vi, la porte du Maroc est le legs des soldats marocains qui ont déserté le corps expéditionnaire français pour regrouper les Viêt Minh durant la guerre d’Indochine.

Hanoï (VNA) - Erigé dans le district de Ba Vi, en grande banlieue de Hanoï, la porte du Maroc est le legs des soldats marocains qui ont déserté le corps expéditionnaire français pour regrouper les Viêt Minh durant la guerre d’Indochine. Elle constitue une preuve éclatante de l’histoire partagée entre le Maroc et le Vietnam.

Porte du Maroc, témoin de la solidarité Vietnam-Maroc ảnh 1La porte du Maroc, le legs des soldats marocains à Ba Vi, Hanoï.

Construite entre 1956 et 1963, la porte du Maroc se trouve dans la commune de Tan Linh, district de Ba Vi, Hanoï. Composé de trois voûtes supportées par quatre grandes colonnes, l’ouvrage exprime les identités de l’architecture marocaine. «Les jeunes Marocains qui ont réalisé cette porte du Maroc ont tout fait pour que cette réalisation soit faite dans un style architectural typiquement marocain. Elle symbolise la grandeur et l’art marocains dans la construction des édifices, des sites historiques», a souligné El Mostafa El Ktiri, haut commissaire marocain aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération.

Regard rétrospectif sur une histoire partagée

«Les relations historiques entre les deux pays remontent à l’époque de la guerre d’Indochine, à la fin des années 1940 et au début des années 1950, lorsque les autorités des protectorats français au Maroc ont regroupé des milliers de jeunes Marocains sous le drapeau du corps expéditionnaire français», a informé El Mostafa El Ktiri lors d’un séminaire portant sur la mémoire historique partagée entre le Maroc et le Vietnam. La politique militaire de la puissance coloniale française a mobilisé des contingents de troupes dans les pays soumis à l’occupation française en Afrique et en Asie. Pourtant, les jeunes - venus de différentes régions et de différentes cultures - honoraient les valeurs de la liberté et de la paix des peuples. Imprégnés des principes universels humanistes de tolérance, un grand nombre de Marocains du corps expéditionnaire colonial français ont rejoint les Viêt Minh entre 1947 et 1954. Ils ont bénéficié des politiques humanitaires du Vietnam.

 
Porte du Maroc, témoin de la solidarité Vietnam-Maroc ảnh 2 La porte a été construite dans un style architectural typiquement marocain.

Après la victoire de Diên Biên Phu, le Président Hô Chi Minh a établi la ferme étatique Vietnam-Afrique qui a accueilli quelque 300 soldats européens et africains ayant capitulé, dont les Marocains. Ils ont participé aux travaux d’agriculture et d’élevage. Plusieurs ont épousé une Vietnamienne et fondé une famille vietnamo-marocaine.

La porte du Maroc a été construite à l’initiative d’Anh Ma - le nom vietnamien de Mohamed Ben Omar Lahrech, un Marocain qui a adhéré au Parti communiste vietnamien. Il a grandement contribué à l’appel des soldats marocains à se ranger parmi les Viêt Minh. Anh Ma est considéré comme le symbole de la solidarité entre les peuples vietnamien et marocain.

«La porte du Maroc est un chef-d’œuvre architectural et témoigne de la présence de la communauté marocaine - des combattants - ici dans la zone de Ba Vi», a jugé le haut commissaire El Mostafa El Ktiri, en visitant cet édifice fin mars dernier. Et d’ajouter que la porte gagnerait et mériterait d’être restaurée. «Notre vœu le plus cher est de voir ce projet se réaliser et que l’ambassade du Royaume du Maroc à Hanoï, en coordination avec les autorités vietnamiennes, s’emploient résolument à mettre en exergue ce projet», a-t-il exprimé. Et de conclure : «Ce sera certainement un mémorial pour l'échange entre Vietnamiens et Marocains dans le cadre des relations bilatérales que nous souhaitons comme des relations excellentes et exemplaires».-CVN/VNA

Voir plus

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Photo diffusée par la VNA

Le Vietnam défend la mise en œuvre du traitement préférentiel pour les pays en développement

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO, a proposé de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, le partage d’expériences, le renforcement de la coopération internationale et la mise en œuvre des recommandations adoptées en ce qui concerne l’article 16 de la Convention sur le «traitement préférentiel pour les pays en développement».

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.

Parmi les nombreux symboles qui incarnent le Nouvel An lunaire au Vietnam, le "bánh chưng" – gâteau traditionnel de riz gluant du Têt – s’impose comme une empreinte mémorielle profondément ancrée dans la conscience collective. Photo : VNA

Le "bánh chưng" – L'âme intégrale du Têt vietnamien

Au cœur du panthéon symbolique du Têt, le banh chung transcende sa nature de mets traditionnel pour s’ériger en véritable socle de l'identité vietnamienne, une empreinte indélébile gravée dans la mémoire collective de tout un peuple.