Hô Chi Minh-Ville (VNA) – Dans le Sud-Ouest du delta du Mékong, une partie de la population vit sur l’eau, dans des barques qui servent à la fois d’abri et de commerce. C’est l’enchevêtrement des cours d’eau, typique de la région, qui a donné lieu à cette pratique, laquelle, en plus d’assurer un revenu stable aux habitants, est devenue une attraction culturelle et touristique majeure de cette contrée.

Un marché flottant de la région Sud-Ouest. Photo: NDEL


Situé à 6 kilomètres du centre-ville de Cân Tho, le marché flottant de Cai Rang se trouve sur la rivière éponyme. Les touristes s’y rendent en bateau, depuis l’embarcadère de Ninh Kiêu, au centre-ville. Le trajet leur prend une trentaine de minutes. Par contre, ils prennent soin d’y aller très tôt, dès l’aube, car c’est à ce moment-là que le marché est le plus animé. La rivière vibre aux bruits des moteurs de canots, des cris, des appels et des marchandages.

Cai Rang est l’un des trois plus grands marchés flottants du Sud-Ouest. Les jours ordinaires, il se tient entre 3h et 9h du matin. A l’approche du Nouvel an lunaire, c’est toute la journée. Les barques sont remplies de fruits et de produits agricoles de toutes sortes. Certaines proposent aussi de la restauration à bord. En guise d’enseigne, les commerçants accrochent, au sommet d’une longue perche érigée à la proue, les produits qu’ils vendent. Le magazine britannique Rough Guides a décrit Cai Rang comme l’un des marchés les plus fabuleux au monde, de par son originalité et sa convivialité.

Comme dans n’importe quel marché, il y a à Cai Rang des petits et des grands commerces. Les détaillants utilisent des barques de taille petite ou moyenne alors que les grossistes viennent avec des navires bien plus importants. Ils y achètent des fruits pour les revendre partout, jusqu’au Cambodge ou en Chine. Ces grossistes doivent venir encore plus tôt que les autres, comme l’explique Huynh Thi Ut, qui commercialise des ananas.

La perche est l’image la plus typique. Photo: NDEL

«A une heure du matin, les grossistes sont déjà présents. Et ils s’en vont aussitôt après avoir trouvé les marchandises voulues. Cette année, les affaires vont à merveille», s’exclame-t-elle.

Prenons maintenant la direction de Cai Bè, un autre marché flottant situé au croisement des provinces de Vinh Long, Bên Tre et Tiên Giang. Il a été créé à la fin du 18e siècle. En plus de ses nombreux commerces flottants, il attire les touristes par le paysage exceptionnel qui se déroule tout au long de la rivière. C’est une succession infinie de jardins et de maisons qui se nichent sous l’ombrage bienfaisant des palmiers de mangrove. Dans ce marché, on trouve de tout, des fruits aux produits ménagers en passant par des volailles et du tissu. Pour ce qui est des spécialités, vous pourrez goûter aux bonbons de coco ou acheter du savon à base de coco. Mais il faut être très matinal car le marché ouvre à 2h du matin. Vers 8h, presque toutes les barques sont déjà reparties.

Le troisième marché flottant que nous vous présentons aujourd’hui est celui de Phung Hiêp, surnommé «le marché du croisement des sept cours d’eau» en raison de sa position géographique. Il est en effet situé dans la province de Hâu Giang, à 30km au sud du centre-ville de Cân Tho. Créé en 1915, il ressemble à un énorme bazar vivant, où se bousculent commerces et restaurants… flottants évidemment. Sur sa barque, Ut Lan vit de la vente de « hu tiêu », la soupe typique de la région composée de nouilles au riz avec du bouillon de porc et différentes garnitures.

Vu de haut, ils sont comme des jardins royaux avec plein de couleurs. Photo: NDEL

« Je vis sur la barque et ne vais sur terre que de temps en temps, pour aider mes parents à cultiver leur jardin », nous dit-elle. « Mes enfants, je les ai confiés à mes beaux-parents. Ici, les affaires marchent plutôt bien, on a de quoi joindre les deux bouts.»

Certaines embarcations abritent plusieurs générations d’une même famille. Elles ressemblent à des appartements flottants équipés de téléviseurs, de lecteurs CD, d’enceintes acoustiques et parfois même, de motocyclettes… Les habitants élèvent aussi des animaux domestiques et cultivent des bonzais.

Le développement du réseau routier n’a pas remis en cause l’existence de ces marchés flottants qui, au contraire, prospèrent de plus en plus et continuent de préserver l’âme du delta du Mékong. – VOV/VNA