Phuoc Tich : plus de cinq siècles d’histoire…

Le Vietnam regorge de petits villages dans lesquels le temps semble s’être arrêté. Phuoc Tich est de ceux-là.
 Phuoc Tich : plus de cinq siècles d’histoire… ảnh 1Phuoc Tich : plus de cinq siècles d’histoire… Photo: Thu Hằng

Thua Thien-Hue (VNA) - Le Vietnam regorge de petits villages dans lesquels le temps semble s’être arrêté. Phuoc Tich est de ceux-là. Situé à 35 kilomètres au nord de la ville de Huê, à la limite des provinces de Thua Thiên-Huê et de Quang Tri, il nous ramène à des images d’estampes, ô combien rassérénantes. Vestige national depuis 2009, il attire de plus en plus de touristes, vietnamiens ou étrangers.   

D’après les annales, c’est en 1470, sous le règne de Lê Thanh Tông qu’a été fondé le village de Phuoc Tich. Idéalement situé sur les berges de la rivière Ô Lâu qui dessine un joli méandre à cet endroit, il possède 12 embarcadères, chacun de ces embarcadères correspondant à l’un des animaux du zodiaque vietnamien.

Inutile de préciser qu’en plus de cinq siècles, Phuoc Tich en aura connu, des calamités naturelles ou des guerres. Mais manifestement, il en aurait fallu bien davantage pour altérer sa beauté. Mieux encore, le village semble s’être « bonifié » avec le temps, au point d’être aujourd’hui l’archétype du village « à la vietnamienne ». La nature y est omniprésente et souveraine. Témoin ce vénérable jacquier qui du haut de ses sept siècles, étend son ombre bienveillante sur toute la communauté et sur le pagodon dont il semble être le gardien…     

Pour les visiteurs, Phuoc Tich n’est que sérénité et temps suspendu, et nombreux sont ceux qui succombent à son charme certes discret, mais absolument ravageur… Et puis tout de même, à y regarder de près, le village présente une petite particularité que Nguyên Hông Thang, le chef du comité de gestion des vestiges architecturaux et artistiques du village, nous révèle.

« Il faut bien voir que les deux tiers du village sont situés dans la boucle que fait la rivière. Si vous regardez bien, vous verrez que toutes les maisons sont orientées vers la rive. C’est la coutume, ici. Les gens y voient un gage de prospérité », nous dit-il.

Autre particularité : les maisons traditionnelles n’ont pas de porche et ne sont pas séparées les unes des autres par un muret. Elles sont en revanche entourées par de    grands jardins luxuriants, hérissés pour certains d’entre eux d’arbres séculaires. Les clôtures, peu hermétiques, sont constituées de haies bien taillées qui témoignent d’un souci d’harmonie avec la nature.  Mais cette harmonie n’a été rendue complète que grâce à une activité artisanale, la céramique en l’occurrence, qui a permis aux villageois d’atteindre ce bel équilibre.

« C’est effectivement la céramique artisanale qui a permis aux habitants de Phuoc Tich de jouir d’une certaine prospérité », précise Nguyên Hông Thang. « C’est d’ailleurs ce qui explique la présence de toutes ces maisons traditionnelles en bois, appelées « nhà rường ». Aujourd’hui, on trouve encore une bonne dizaine de ces maisons qui sont dédiées au culte de telle ou telle lignée familiale, et une vingtaine d’autres, qui sont habitées. La plupart d’entre elles ont été construites en bois de jacquier. Leur architecture est tout à fait typique de la région » .  

Chacune de ces « nhà rường » - ainsi désigne-t-on ce type de maisons traditionnelles, typiques des régions du Centre - est comme un petit musée. Les poutres, les portes, les panneaux transversaux, les sentences parallèles, l’autel des ancêtres, les tables, les chaises, les lits, les armoires… Tout est finement sculpté, avec un raffinement qui n’a rien à envier à celui du palais impérial des Nguyên.   A noter que devant chaque porte d’entrée, se trouve en général un bassin, lequel est surmonté d’un paravent, lui-même destiné à chasser les mauvais esprits. « En général », car toute règle a ses exceptions. Hồ Văn Tế, par exemple, qui est l’heureux propriétaire d’une maison ancienne, a préféré installer un étang rocailleux en lieu et place de l’habituel bassin. Mais son principal souci reste le bois, dont est faite sa demeure, et qui fait d’ordinaire le bonheur des termites ou autres bestioles du même acabit.       

« Les poutres et les colonnes sont faites dans un bois extrêmement solide, qui résiste parfaitement aux bêtes », nous rassure-t-il.      

Et bien nous voilà rassurés, d’autant que Phuoc Tich est le deuxième village vietnamien a avoir été inscrit sur la liste des vestiges nationaux - le premier étant Duong Lâm, qu’on ne présente plus - et qu’il serait tout de même rageant que  des termites mettent ainsi à mal plus de cinq siècles d’histoire… -VOV/VNA   

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