Hanoi (VNA) – Les prix de la noix de coco fraîche et de la noix de coco brute sur le marché intérieur ces derniers jours ont atteint des niveaux records, grimpant respectivement d’environ 110%-120%, de 150% par rapport à la même période l’année dernière.
Selon une enquête, le prix d’achat de la noix de coco brute à Bên Tre varie actuellement entre 180.000 et 190.000 dôngs pour 10 noix. Il s’agit du prix le plus élevé jamais atteint dans cette région. Malgré cela, de nombreux commerçants rencontrent des difficultés pour accéder aux sources d’approvisionnement.
D’après les détaillants, la pénurie de noix de coco s’explique principalement par le fait que nous sommes actuellement en pleine saison de la noix de coco sèche (hors saison), ce qui entraîne une baisse de plus de 50% de la production par rapport à d’habitude.
Par ailleurs, la demande des entreprises de transformation est actuellement élevée, alors que l’offre est limitée, ce qui pousse les prix à la hausse. De plus, les sous-produits de la noix de coco, tels que l’eau de coco, la coque, la fibre et la tourbe de coco, ont également vu leurs prix augmenter simultanément, contribuant à faire grimper le prix de la noix de coco à un niveau record.
Bên Tre possède environ 80.000 hectares de cocotiers, représentant environ 42% de la superficie totale des cocoteraies du pays et environ 88% de celles du delta du Mékong, avec une production annuelle moyenne de plus de 700 millions de noix.
Selon Cao Bá Dang Khoa, vice-président et secrétaire général de l’Association vietnamienne de la noix de coco, l’une des raisons de la hausse des prix de la noix de coco ces derniers temps est l’ouverture du marché d’exportation vers la Chine et les États-Unis, ce qui a créé un effet domino sur de nombreux autres marchés.
Par exemple, lorsque le marché américain s’ouvre, les pays de l’UE suivent également cette tendance, incitant de nombreux détaillants à rechercher davantage de noix de coco vietnamiennes. Cela entraîne un changement dans la demande de consommation, y compris chez les consommateurs chinois. Si auparavant, ils utilisaient principalement des noix de coco en provenance des Philippines et de Thaïlande, ils se tournent désormais vers la noix de coco vietnamienne et la privilégient de plus en plus.
Selon Cao Bá Dang Khoa, le prix de la noix de coco brute a augmenté de 150% par rapport à l’année dernière en raison de l’instabilité des prix les années précédentes. En effet, lorsque la récolte était abondante, les prix chutaient, et les exportations étaient principalement réalisées sous forme brute, via des circuits informels.

Cependant, cette année, avec la flambée des prix, de nombreux investisseurs chinois, au lieu d’acheter uniquement des matières premières, reviennent investir dans la transformation en profondeur au Vietnam. Ils y produisent du lait de coco, de l’eau de coco congelée et divers autres produits dérivés avant de les exporter vers la Chine.
Actuellement, le Vietnam compte environ 16 usines étrangères et 35 usines vietnamiennes spécialisées dans la transformation avancée de la noix de coco brute.
Les commerçants parcourent actuellement les plantations de cocotiers pour acheter des noix, mais l’offre reste insuffisante pour satisfaire le marché.
Par ailleurs, en Indonésie, premier producteur mondial de noix de coco, le gouvernement a commencé à imposer des taxes sur l’exportation de noix de coco brute. D’ici la fin de l’année, le pays prévoit même d’interdire complètement ces exportations afin de privilégier ses propres usines de transformation. Cette décision pousse les investisseurs spécialisés dans la transformation avancée à rechercher des marchés disposant de sources d’approvisionnement durables et prometteuses, comme le Vietnam ou la Thaïlande.
Pendant ce temps, le Vietnam n’a pas encore mis en place de politiques fiscales spécifiques pour réguler l’exportation de noix de coco brute. Par conséquent, des marchés comme l’Inde, le Pakistan, le Sri Lanka, la Chine et surtout la Thaïlande intensifient l’achat de noix de coco brute vietnamienne, ce qui entraîne une hausse significative des prix.
Urgence d’un plan de développement des zones de culture de cocotiers
La hausse des prix de la noix de coco ces derniers temps constitue à la fois une opportunité pour stimuler le développement du secteur au Vietnam et une révélation des nombreuses lacunes en matière de planification et d’aménagement des zones de culture.
Selon Cao Ba Dang Khoa, le pays ne dispose toujours pas d’un plan structuré pour l’aménagement des plantations de cocotiers. Actuellement, les plantations sont essentiellement développées de manière spontanée, chaque agriculteur cultivant le type de cocotier de son choix. Cette situation entraîne une offre hétérogène, alors que les exportations exigent une standardisation des produits. Cela nuit à la compétitivité de la noix de coco vietnamienne sur le marché international.
«Pour les grandes commandes d’exportation, les entreprises restent dans l’incertitude, car l’approvisionnement en noix de coco fraîche est instable. Certaines plantations produisent des noix de coco Xiêm, d’autres des noix de coco Lửa, et d’autres encore des noix de coco Dứa. Cette diversité complique les exportations, car un conteneur contenant plusieurs variétés de noix de coco présente des différences de goût, de texture et d’arôme, ce qui réduit la compétitivité des noix de coco fraîches vietnamiennes sur le marché mondial », a-t-il indiqué.
Ainsi, pour renforcer la compétitivité de la filière de la noix de coco, l’Association vietnamienne de la noix de coco collabore avec plusieurs parties concernées afin de proposer des crédits préférentiels et des facilités de financement spécifiques aux agriculteurs, aux coopératives, aux centres d’achat et aux entreprises du secteur (plus de 600 entreprises concernées). Ce programme pilote sera d’abord mis en œuvre dans cinq provinces de Tiên Giang, Bên Tre, Vinh Long, Trà Vinh et Soc Trang (Sud), avant d’être élargi à d’autres régions du pays.
Cette initiative vise à garantir une source stable de matières premières en noix de coco pour les entreprises de transformation et de production. Elle permettra d’exploiter efficacement les zones de culture potentielles afin d’assurer des moyens de subsistance durables aux producteurs de noix de coco à travers le pays. En mobilisant le savoir-faire des villages artisanaux et des coopératives, nous pourrons assurer un approvisionnement stable en matières premières brutes et semi-transformées pour les entreprises.
«Le programme contribuera ainsi à la sécurisation des zones de production (grâce à un soutien financier des banques) et à la sérénité des entreprises dans la production de produits à forte valeur ajoutée. L’objectif est de réduire l’exportation de matières premières non transformées à faible valeur, tout en atténuant le phénomène de forte fluctuation des prix d’une saison à l’autre », explique Cao Ba Dang Khoa. – NDEL/VNA