Numismatique : À collection idéale, rien d'impossible

Kim Khai est l’un des rares collectionneurs de monnaies anciennes du Vietnam disposant d’un tel butin. Le sexagénaire, qui vit dans le delta du Mékong, possède de nombreuses pièces fabriquées sous différentes époques, de 968 à nos jours.
Kim Khai est l’undes rares collectionneurs de monnaies anciennes du Vietnam disposantd’un tel butin. Le sexagénaire, qui vit dans le delta du Mékong, possèdede nombreuses pièces fabriquées sous différentes époques, de 968 à nosjours.

Après plusieurs années de recherche, Kim Khaipossède aujourd’hui une collection dont il peut être fier, avec desmonnaies fiduciaires (billets et pièces) de toutes les époques.Certaines sont millénaires. D’après l’homme, qui vit dans une petitelocalité de la province d’An Giang dans le delta du Mékong, la rareté etla valeur historique de plusieurs d’entre elles rendent même envieuxles collectionneurs professionnels.
Il s’agit notamment despremières pièces mises en circulation sous la dynastie Dinh (968-980apr. J.-C), des Lê antérieurs (980-1009), des Trân (1226-1400), des Hô(1400-1407), des Mac (1527-1592) et des Nguyên (1802-1945).

Des monnaies, une histoire

Cettecollection plaît aux visiteurs non seulement par sa valeur inestimable,mais aussi par la façon dont elle est présentée. Le sexagénaire aarrangé une partie de ses pièces de bronze et de zinc de manière à créerune carte vietnamienne miniature. Aussi, pour le point situé le plus auNord du pays, il a placé la plus ancienne qu’il possède, de la dynastiedes Dinh. Ensuite, du Nord au Sud, il les a posées dans l’ordrechronologique, jusqu’en 1946-1950.

Selon Kim Khai, sous lespériodes féodales, les dates de fabrication étaient gravées sur lespièces. C’est sous la dynastie des Dinh et le règne de Dinh Tiên Hoàng(968-979) que les premières pièces de métal ont vu le jour. Ellesétaient incrustées des inscriptions «Thai Binh Hung Bao» (monnaienouvelle de l’ère Thai Bình). Le mot Thai Binh (littéralement pacifique)avait été choisi par le monarque pour qualifier sa période de règne.

«Ces décisions prises par le roi étaient osées à l’époque. Il voulaitainsi marquer l’indépendance de son royaume par rapport à la Chine, etse placer au même rang que les souverains chinois. Car à l’époque, leroi chinois Song Taizon, 2 e empereur de la dynastie des Song (960-1279 ), avait baptisé son règne «Thai Binh Hung Quôc» ( étatpacifique en extension, ndlr ) », analyse le collectionneur. 

M.Khai possède des pièces Thai Binh Hung Bao, premières monnaies de métalfabriquées sous le règne de Dinh Tiên Hoàng (968-979). Source: VNA

Quelques raretés

C’estavec une fierté peu dissimulée que Kim Khai nous présente quelques unsde ses autres trésors cachés. Et notamment ces deux pièces Gia HungThông Bao, datant du règne de Gia Long (1802-1820). Il affirme : « Ellescomptent parmi les plus rares que je possède, car cette série avait étéremoulée après sa mise en circulation, et je dispose là des premiersspécimens ».

Le vieil homme a également déniché des pièces de 2dôngs, émises dans le Nord du Vietnam pendant les années 1946-1950. «Elles ont aujourd’hui une grande valeur. J’ai investi beaucoup de tempset d’efforts pour les obtenir », ajoute-t-il. Leur côté pile montre leportrait de l’oncle Hô avec l’inscription «Président Hô Chi Minh». Leurcôté face représente un épi de riz courbé et l’exergue «Viêt Nam dân chucông hoà» (République démocratique du Vietnam).

Une épaisseur qui en dit long

SelonM. Khai, « les monnaies émises sous les dynasties des Lê postérieurs etdes Hô sont esthétiquement les plus accomplies. Notamment celles durègne de Hô Quy Ly ( 1336-1407 ). Leur diamètre est plus étroit quecelles des époques précédentes mais les inscriptions et ornements sontd’une grande beauté. Une pièce de ce genre est aujourd’hui estimée à 50millions de dôngs ».

À contrario, la qualité de celles mises encirculation sous le règne du seigneur Nguyên Phuc Khoat (1738-1765) estconsidérée comme mauvaise. Moulées en zinc mélangé à d’autres impuretés,elles sont très difficiles à préserver et très fragiles. « Une monnaieen dit long sur l’histoire de son époque. La quantité de pièces émisespendant une période qui connaît des difficultés financières seraréduite, de même que leur épaisseur », explique-t-il.

« Je croisque les monnaies ont une âme. Si ce n’est pas le cas, elles m’ont toutde même porté chance toute ma vie », confie le collectionneur quinourrit cette passion depuis son plus jeune âge. - VNA

Voir plus

Tay Ninh : Préserver le rythme de l'artisanat traditionnel de l'estuaire de Nhut Tao

Tay Ninh : Préserver le rythme de l'artisanat traditionnel de l'estuaire de Nhut Tao

Dans l’estuaire de Nhut Tao, dans le district de Tan Tru (ancienne province de Long An), les habitants, attachés à leur terre et à leurs traditions, cultivent chaque jour les champs de carex et font encore tourner les anciens moulins à riz. Ici perdure, au fil des gestes quotidiens, toute l’âme authentique de la vie rurale d’autrefois.

Photo : VNA

Hô Chi Minh-Ville fait renaître ses théâtres traditionnels

Malgré le passage du temps, les théâtres traditionnels de Hô Chi Minh-Ville poursuivent leurs efforts pour préserver et revitaliser leurs activités. La relance des œuvres classiques ainsi que l’intégration du patrimoine dans l’éducation et le tourisme témoignent de la vitalité des arts traditionnels au cœur de la métropole.

La série animée Wolfoo figure parmi les 10 finalistes du 7e Concours de cricket pour enfants. Photo : Comité d'organisation

Les 10 finalistes du Prix pour les enfants Dê mèn 2026 dévoilés

La 7e édition du prix pour les enfants Dê Mèn (Grillon) 2026 met à l’honneur la diversité de la création artistique destinée aux enfants au Vietnam, avec dix œuvres finalistes couvrant plusieurs disciplines culturelles et une participation remarquée de jeunes créateurs.

Le stand vietnamien attire un large public grâce à ses activités culturelles, ses spectacles artistiques traditionnels et ses spécialités culinaires, laissant une image positive du Vietnam auprès des visiteurs locaux et étrangers. Photo: VNA

Le Vietnam à l’honneur au Festival culturel mondial de Seongnam

Le Festival culturel mondial de Seongnam a mis à l’honneur la diversité culturelle et les échanges entre les peuples, réunissant des communautés internationales autour des traditions, de la gastronomie et des arts, avec une participation remarquée du Vietnam.

Une performance de don ca tai tu. Photo: VNA

Le don ca tai tu, levier du développement touristique à Tây Ninh

Reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel représentatif de l’humanité, le don ca tài tu (chant des amateurs du Sud) du Vietnam n’est pas seulement une forme d’art populaire, mais aussi la quintessence de la vie spirituelle, de l’identité et du caractère des habitants méridionaux.

Hanoï érige la culture en pilier de son développement

Hanoï érige la culture en pilier de son développement

Après la promulgation par le Bureau politique de la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, la capitale Hanoï s’emploie progressivement à concrétiser les objectifs et orientations qui y sont définis.
Au-delà des déclarations d’intention ou des actions de façade, l’ambition de faire de la culture un pilier du développement est désormais traduite en mesures concrètes, mises en œuvre de manière plus efficace et appelées à produire un large rayonnement.

La pièce «Thi Mâu voyage à travers le temps». Photo : hanoi.gov.vn

À Hanoi, l’automne aux couleurs des arts de la scène

Le festival mettra en lumière des œuvres reflétant la richesse culturelle et historique de Hanoi, de son peuple et de son identité, avec des productions exceptionnelles dans un large éventail de genres théâtraux, notamment le cheo (théâtre populaire), le cai luong (théâtre rénové), le théâtre, les comédies musicales, le cirque, le théâtre de marionnettes et le tuông (théâtre classique).

Les vastes plaines alluviales qui bordent la rivière Cà Lô sont un lieu idéal pour camper le week-end. Photo : VNP

La dynamique de développement des villages d’artisanat

Au cœur des profondes mutations de notre époque, où le développement ne se mesure plus seulement à la vitesse de croissance mais aussi à la richesse de l’identité, la Résolution n°80-NQ/TW ouvre une nouvelle perspective : la culture ne suit plus le mouvement, elle l’accompagne et en devient un moteur d’impulsion.

Contrairement aux estampes polychromes, la peinture de Sinh utilise la matrice uniquement pour imprimer les contours, la coloration étant ensuite réalisée à la main, ce qui rend chaque œuvre unique. Photo : VNA

Les derniers gardiens de l'art des estampes populaires du village de Sinh à Hue

Ancré depuis plus de quatre siècles dans la vie spirituelle des habitants de l’ancienne cité impériale, l’art des estampes populaires du village de Sinh (quartier de Duong No, ville de Hue) a longtemps été au bord de l’extinction. Aujourd’hui relancé, ce savoir-faire ancestral ne survit pourtant encore qu’à travers les gestes d’une poignée d’artisans, posant avec acuité la question de la préservation d’un patrimoine populaire intimement lié aux croyances et à l’identité culturelle locale.

Des délégués et des citoyens visitent l'espace d'exposition du Musée de Hanoï. Photo : VNA

Pour faire de la culture un moteur du décollage touristique

Portée par la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, Hanoï accélère la valorisation de son immense patrimoine afin de faire de la culture un moteur de croissance durable, de dynamisme touristique et de créativité urbaine, malgré des défis persistants liés à la numérisation, aux infrastructures et à l’attractivité des produits culturels.