Nécessité d’élever la valeur ajoutée de la noix de cajou du Vietnam

Avec l’objectif de diminuer le volume d’exportation de produits bruts mais d’élever celui de produits transformés de qualité, la filière de la noix de cajou du Vietnam souhaite rehausser sa valeur ajoutée
Nécessité d’élever la valeur ajoutée de la noix de cajou du Vietnam ảnh 1Dans une usine de transformation de la noix de cajou à Binh Duong. Photo: Tuoitre

Hanoi (VNA) - Avec l’objectif de diminuer le volume d’exportation de produits bruts mais d’élever celui de produits transformés de qualité, la filière de la noix de cajou du Vietnam souhaite rehausser la valeur ajoutée de la noix de cajou du Vietnam.

L’accès à la matière première demeure un défi de taille pour les entreprises nationales

Selon le Département général des Douanes, en janvier et février, 54.000 tonnes de noix de cajou ont été exportées, pour une valeur de 557 millions de dollars, soit une progression de 107% en volume et de 140% en valeur par rapport à la même période de l’an dernier. Ce bon résultat est dû pour l’essentiel à la hausse du prix d’exportation, de 12,7% en glissement annuel.

Selon l’Association de la noix de cajou du Vietnam (Vinacas), la demande mondiale devrait augmenter de 10% cette année, ce qui favorisera les exportations vietnamiennes à condition de résoudre le manque de matière première.

En 2017, le Vietnam est demeuré le premier exportateur mondial de noix de cajou avec un chiffre d’affaires de 3,62 milliards de dollars. Cependant, la production domestique ne répond qu’à 20% de la demande de transformation et d’exportation. Pour y remédier, la même année, le pays a dû importer pour 2,56 milliards de dollars de noix de cajou brute. De plus, le volume de noix de cajou d’exportation transformée demeure faible. Clairement, bien qu’il soit le premier exportateur mondial en représentant 60% des parts de marché, le Vietnam ne retire pas les bénéfices qu’il pourrait en occupant cette place. Autrement dit, la valeur ajoutée de ce secteur reste modeste.

S’agissant du prix d’importation, M. Dang Hoang Giang, vice-président de la Vinacas, a informé que, ces derniers temps, il avait augmenté de 30 - 40% en Afrique, contre 10 - 15% sur le marché mondial. En 2017, les entreprises nationales ont dû importer de la noix de cajou brute d’Afrique au prix moyen de 1.956 dollars/tonne, un record. Ces deux premiers mois, ce prix a grimpé à 2.000 dollars.

Face à cette situation, les entreprises domestiques ont provisoirement arrêté leurs importations. Le problème est que l’Afrique est principal fournisseur de noix de cajou brute du Vietnam. Comme les commerçants africains n’ont certainement pas l’intention de réduire leurs bénéfices, une baisse des prix ces mois prochains est peu probable.

Nécessité de politiques d’assistance

Face aux fluctuations de l’offre, la Vinacas a décidé de diminuer le volume d’exportation de produits bruts mais d’élever celle de produits bien transformés, et de mettre l’accent sur le marché national. Plus précisément, cette filière a fixé l’objectif pour 2018 d’exporter 300.000 tonnes de noix de cajou, soit 62.700 tonnes de moins qu’en 2017.

Expliquant ce recul, M. Nguyên Duc Thanh, président de la Vinacas, a fait savoir que «vu la tendance haussière du prix de la noix de cajou brute, les entreprises de transformation et d’exportation sont faces à la menace de «boire le bouillon», dans le contexte où elles sont incapables d’augmenter le prix de vente de leurs produits».

Selon les prévisions, cette année, la production nationale de noix de cajou pourrait attendre 400.000 – 500.000 tonnes. Au Cambodge, la culture de noix de cajou connaît aussi de nombreux signes positifs, et les exportateurs vietnamiens pourraient trouver en ce pays un nouveau lieu d’approvisionnement. «La Vinacas a eu des séances de travail avec le ministère cambodgien de l’Agriculture, de la Sylviculture et de l’Aquaculture sur le développement de zones de culture d’anacardiers au Cambodge afin d’assurer une offre plus stable aux entreprises vietnamiennes. Cette coopération pourrait permettre aux entreprises vietnamiennes de réduire leur dépendance vis-à-vis de la noix de cajou africaine», a-t-il partagé.

Toujours selon lui, «il est important aussi que le gouvernement prenne des politiques d’assistance plus favorables en faveur des entreprises en termes d’accès aux crédits préférentiels, d’édification de labels, de mise en quarantaine…». - CPV/VNA

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