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Hanoi (VNA) - Le journal "The Korea Times" de la République de Corée a publié le 16 mars un article citant des règles ​de droit international pour démontrer que les revendications de la Chine en Mer Orientale, ​concrétisées par la "ligne en forme de U" ou la "langue de bœuf", n'a aucun fondement juridique.

Sous le titre "Ligne en forme de U n'est pas la ligne de base de la Chine", l'article ​indique que la Chine n'a donné aucune explication sur ​la légalité de la ligne suivant la convention des Nations-Unies sur le droit de la mer de 1982 (UNCLOS), laquelle a été également ratifiée par la Chine.

L​es ​m​odalités de ​fixation de la ligne en forme de U ​de la Chine ne ​respecte pas ​la méthode​ de l'UNCLOS, dont la ligne de base normale (article 5), la ligne de base droite (article 7), et la ligne de base archipélagique (article 47).

Par conséquent, les dispositions des lignes de base de la Chine violent deux principes fondamentaux que sont ​la souveraineté territoriale du Vietnam et les dispositions de l'UNCLOS relatives à la ligne de base.

L'article a également présenté les fondements historiques démontrant la souveraineté du Vietnam sur les archipels de Truong Sa (Spratleys) et de Hoàng Sa (Paracels).

Lors de ces trois derniers siècles, le Vietnam a toujours exercé et protégé sa souveraineté sur ces deux archipels, conform​ément au droit international, selon cet article.

Le même jour, le quotidien polonais Rzeczpospolita a critiqué les actes de provocation de la Chine en Mer Orientale.

Mentionnant une messe de requiem pour les soldats tombés durant la bataille pour défendre le récif de Gac Ma (Johnson Reef) en mars 1988, organisée par la communauté des Vietnamiens à la pagode de Thien Phuc à Varsovie, l'article ​souligne que les activités chinoises de remblaiement et de construction ​modifiant le statut quo en Mer Orientale violent le droit international et sont contraires aux intérêts des pays concernés.

Le 17 mars, le chef des opérations navales des États-Unis, l'amiral John Richardson, a déclaré que l'armée américaine avait découvert des activités chinoises autour de Scarborough (l'île de Hoang Nham), dans la partie méridionale de l'archipel de Truong Sa, à environ 200 km à l'ouest de la base navale philippine de Subic Bay.

​Lors d'une récente réunion à Tokyo, le Premier ministre japonais Shinzo Abe et le président du Timor-Leste Taur Matan Ruak ont partagé leurs graves préoccupations ​devant les récentes évolutions ​en Mer Orientale.

Les deux dirigeants ont exprimé leur opposition à toute action unilatérale qui pourrait modifier le statu quo et accroître les tensions ​en Mer Orientale.

La Chine a récemment envoyé un navire de croisière de 10.000 tonnes, le Bei bu wan zhi xing, transportant 300 touristes sur l’île de Ôc Hoa que la Chine appelle Quanfu Dao, construit une piste d’atterrissage de 3.500 mètres sur l’île de Cây (Tree Island), et ​procédé au remblaiement des îles de An Vinh (Amphitrite), ​qui toutes appart​iennent à l’archipel vietnamien de Hoàng Sa. ​

Répondant à la question sur la réaction du Vietnam devant ces évènements lors d'une conférence de presse régulière tenue le 17 mars, le porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères, M. Le Hai Binh, a déclaré :

"Le fait que la Chine continue d'effectuer des remblaiements et la construction d’îles semi-artificielles, modifiant le statu quo dans l’archipel de Hoàng Sa, et y envoie des touristes, porte gravement atteinte à la souveraineté vietnamienne".

"Ces actions vont à l’encontre de la conception commune des hauts dirigeants des deux pays et violent l’accord sur les principes directeurs fondamentaux du règlement de la question maritime entre le Vietnam et la Chine, affectant ainsi les relations bilatérales. Elles portent atteinte ​également au droit international et notamment à la Déclaration sur la conduite des parties en Mer Orientale signée entre la Chine et l’ASEAN en 2002", a ajouté le porte-parole.​

"Le Vietnam condamne catégoriquement ces actions et demande à la Chine de les faire cesser immédiatement et de ne pas ​mener d'actions similaires, de respecter la souveraineté du Vietnam et le droit international, d’agir de manière constructive pour contribuer au renforcement des relations de coopération et d’amitié vietnamo-chinoises, ainsi que pour maintenir la paix et la stabilité en Mer Orientale", a conclu Lê Hai Binh. -VNA