L’EVFTA dope les exportations vietnamiennes de riz

L’EVFTA est entré en vigueur le 1er août dernier, avec un premier effet visible sur les exportations nationales de riz. Neuf variétés parfumées bénéficient désormais d’une exonération des droits de douane.

Hanoi (VNA) – L’Accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam est entré en vigueur le 1er août dernier, avec un premier effet visible sur les exportations nationales de riz. Neuf variétés parfumées bénéficient désormais d’une exonération des droits de douane.

L’EVFTA dope les exportations vietnamiennes de riz ảnh 1Une bonne récolte fait la joie des agriculteurs. Photo : VNA

En vertu de l’Accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Vietnam (EVFTA), l’UE est tenue d’ouvrir des contingents tarifaires pour l’importation annuelle, exonérée des droits de douane, de 80.000 tonnes de riz originaire du Vietnam, parmi lesquelles 20.000 tonnes de riz décortiqué, 30.000 tonnes de riz blanchi et 30.000 tonnes de riz parfumé.

Concrètement, sont concernées pour l’importation avec exonération des droits de douane les neuf variétés de riz parfumé suivantes : Jasmine 85, ST 5, ST 20, Nàng Hoa 9, VD 20, RVT, OM 4900, OM 5451 et Tài nguyên Cho Đào.

D’après Nguyên Nhu Cuong, directeur du Département de la culture relevant du  ministère de l’Agriculture et du Développement rural, "les préparatifs pour que le riz vietnamien puisse être exporté vers le marché européen sont l’objet d’une attention particulière de notre ministère depuis longtemps".

Le 4 septembre, le gouvernement vietnamien a publié un arrêté sur la certification des variétés de riz  parfumé à exporter vers l’UE. Ensuite, le 7 septembre, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a promulgué des règlements concernant les formalités pour obtenir le certificat d’origine. Cela permettra aux entreprises de développer des rizières aux normes.
Nécessité d’un certificat d’origine

"Pour bénéficier d’une exonération des droits de douane, le riz parfumé doit avoir un certificat d’origine délivré par les autorités vietnamiennes compétentes. C’est pourquoi, afin d’assurer l’authenticité et la traçabilité, il faut contrôler et surveiller les parcelles de riz parfumé 20 jours avant la récolte. Les organisations et individus chargés d’exporter cette variété doivent être responsables de sa qualité dans le processus de récolte et de transformation", souligne Nguyên Nhu Cuong.

Selon lui, dans les provinces du delta du Mékong, le riz parfumé occupe 25% de la superficie totale des rizières, soit un million d’hectares qui produisent 5,5 millions de tonnes de paddy ou 3,5 millions de tonnes de riz.

Dans le cadre de l’EVFTA, les entreprises de l’UE sont autorisées à importer annuellement 30.000 tonnes de riz parfumé du Vietnam, soit 1% de la production du delta du Mékong. Aussi les potentialités d’exportation demeurent-elles énormes.

Nguyên Thi Hai, habitante de la province de Soc Trang, dans ledit delta, fait savoir que depuis 2018, sa famille cultive 2 ha de riz OM 5451, car son prix de vente est plus élevé que celui d’autres variétés.

Nguyên Van Quang, aussi de Soc Trang, cultive depuis huit ans la variété de riz parfumé ST 20. "Pour cette récolte d’hiver-printemps, je prévois de cultiver 3 ha de ST24. En exportant du riz parfumé vers le marché de l’UE, cette variété est plus rentable", partage-t-il.

D’après Luong Minh Quyêt, directeur du Service de l’agriculture et du développement rural de Soc Trang, parmi neuf variétés de riz parfumé autorisées à l’importation, sept sont cultivées dans la province, dont certaines depuis de nombreuses années.

Nguyên Van Hiên, chef du Service de la culture et de la protection des végétaux d’An Giang (delta du Mékong), informe, quant à lui, que cette province dispose de plusieurs variétés de riz parfumé cultivées sur de grandes superficies, dont OM 5451 qui représente 20% des surfaces rizicoles de la localité.

Étendre les surfaces de riz parfumé

L’EVFTA dope les exportations vietnamiennes de riz ảnh 2Les potentialités d’exportation de riz du Vietnam sont énormes. Photo : VNA

 
Truong Kiên Tho, directeur adjoint du Service de l’agriculture et du développement rural d’An Giang, fait savoir que la province compte 600.000 ha de rizières produisant chaque année 4 millions de tonnes, dont 500.000-600.000 tonnes exportées. Dans les mois à venir, elle compte s’orienter vers une production plus "propre" afin d’aider les agriculteurs à augmenter leurs revenus. Notamment, An Giang encouragera ses paysans à cultiver davantage le riz parfumé en coopération avec les entreprises chargées de l’écoulement. "Le lien étroit entre entreprises et agriculteurs garantira la qualité des produits pour répondre aux besoins du marché", affirme M. Tho.

Bien que le quota d’exportation de riz parfumé vers le marché européen soit encore modeste, il s’agit d’un signe encourageant pour le riz vietnamien. "Une fois bien implanté dans un marché aussi difficile que l’Europe, le riz parfumé vietnamien aura plus de facilités à pénétrer d’autres marchés exigeants comme le Japon ou les États-Unis", estime M. Quyêt.

* 126 tonnes de riz parfumé exportées vers l’UE

Un lot de 126 tonnes de riz parfumé Jasmine 85 devait être exporté fin septembre vers l’UE par Lôc Troi. Ce groupe, qui investit dans la production de riz destiné au marché européen depuis 2018, en a déjà expédié plus de 10.000 tonnes.

Depuis l’entrée en vigueur de l’EVFTA le 1eraoût 2020, le groupe s’est préparé en termes de variétés de riz et de surfaces de culture. Il a également travaillé avec des partenaires européens pour répondre au mieux aux normes de ce marché exigeant.

Lors de la cérémonie marquant le départ prochain de ce premier lot de riz parfumé vietnamien depuis l’entrée en vigueur de l’accord, tenue le 22 septembre dans la province méridionale d’An Giang, Lê Quôc Doanh, vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural, a souligné que l’EVFTA était considéré par les exportateurs vietnamiens de produits agricoles comme la clé permettant d’ouvrir les portes d’un vaste marché de plus de 500 millions d’habitants et d’un PIB annuel de 15.000 milliards d’USD.

"Pour profiter au mieux de l’EVFTA, le secteur agricole devra promouvoir sa restructuration en établissant des chaînes de production où existera un lien étroit entre coopératives, entreprises et agriculteurs", a-t-il demandé. – CVN/VNA

 





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