Les valeurs du chant xâm et sa renaissance

Les valeurs du chant xâm sont depuis longtemps reconnues. La préservation de cet art nécessite cependant une attention particulière.

Hanoi (VNA) - Les valeurs du chant xâm sont depuis longtemps reconnues. La préservation de cet art nécessite cependant une attention particulière. Entretien avec le musicologue Dang Hoành Loan, ancien directeur adjoint de l’Académie nationale de musique.

Les valeurs du chant xâm et sa renaissance ảnh 1

- À l’image d’autres formes d’art populaire, le hat xâm (chant xâm) joue un rôle important dans la vie culturelle et spirituelle des Vietnamiens. Quelles sont donc ses valeurs typiques ?

Moi, je pense qu’il faut d’abord reconnaître le chant xâm comme étant un art populaire fort en valeurs culturelles et artistiques, notamment trois principales. Premièrement, il s’agit d’un type de musique qui possède sa propre présentation. Riche en mélodies différentes, chaque chanson exprime un aspect émotionnel spécifique adapté à chaque spectateur et espace de représentation. Deuxièmement, le hat xâm est un art spécial qui oblige le chanteur, ce narrateur itinérant de la vie à travers la musique, de maîtriser plusieurs instruments de musique, soit le luth monocorde, soit la percussion. Troisièmement, sa valeur la plus importante est sa capacité de refléter les questions d’actualité et les phénomènes sociaux. C’est grâce à cette dernière et à sa capacité de s’adapter à tous les conditions et régimes sociaux que ce chant attire autant de spectateurs.

- Bien que son berceau soit à Ninh Binh, le chant xâm se développe particulièrement à Hanoi. Comment évaluez-vous ce déplacement ? Y a-t-il une différence entre les airs, les mélodies ou les manières d’interprétation entre Hanoi et d’autres localités ?

Autrefois, le hat xâm était interprété par des chanteurs itinérants. Les lieux où existent notamment des marchés et autres rues animées étaient les endroits de prédilection de ces musiciens ambulants. Thang Long, ou Hanoi d’autrefois, est une cité métropolitaine qui a naturellement attiré de nombreuses troupes de troubadours célèbres au fil des années. À mon avis, il n’y a pas de différences majeures que ce chant soit interprété à Hanoi, à Ninh Binh ou dans d’autres localités. Ce qui importe, c’est plutôt le style du chanteur qui insuffle ses propres nuances et caractéristiques. Par exemple, pour le morceau Huê tinh (Rendez-vous d’amour), dix chanteurs peuvent offrir dix versions et interprétations complètement différentes grâce notamment à la créativité personnelle et l’accent de chacun, mais naturellement, chaque interprète doit rigoureusement respecter les règles et les intervalles des chansons qu’impose cet art.

- Comment évaluez-vous l’héritage de cet art de la jeune génération ?

Les valeurs du chant xâm et sa renaissance ảnh 2Le "hat xâm" est un art particulier qui se pratiqua d’autrefois dans les endroits publics animés comme les rues ou les marchés. Photo : VNA

Dans le temps on disait : "Le chant xâm n’a aucune valeur sans une interprétation itinérante", c’est-à-dire qu’on parlait de la méthode de préservation traditionnelle, à savoir errer dans les rues et marchés pour le pratiquer et pour le faire connaître au public. Les artistes actuels tels que l’"Artiste du Peuple" Xuân Hoach ou l’"Artiste Émérite" Mai Tuyêt Hoa se consacrent à cet art par leur amour et leur passion qu’ils vouent à ce chant et s’engagent fermement à le préserver et à le diffuser. Ils ont cependant leur propre méthode (le pratiquer sur scène et créer des espaces artistiques privés dédiés, ndlr) pour attirer le public. J’apprécie leurs efforts pour la renaissance de cet art populaire.

- Pour que cet art reprenne de la vigueur, quelles sont les mesures nécessaires à prendre, notamment pour Hanoi ?

La préservation du hat xâm est, en grande partie, due aux artistes. Ces derniers sont le noyau qui propage l’amour de ce chant au public. Actuellement, il ne reçoit pas encore beaucoup d’attention comme d’autres formes d’art. J’observe que les artistes sont néanmoins très déterminés à le faire revivre et espèrent sa renaissance. Mais, seuls leurs efforts ne suffisent pas. Ils ont besoin du soutien continu des gestionnaires culturels de Hanoi. Ces derniers doivent continuer de les appuyer dans le développement des espaces de performance ou dans l’organisation de festivals, entre autres.

Afin de préserver le chant xâm à l’heure actuelle, il faudrait réussir à le transformer en un art scénique afin de pouvoir en faire une attraction marquante pour le public mais aussi pour les touristes. Je pense qu’il est temps de créer un centre de préservation de cet art dirigé conjointement par les artistes et l’État. – CVN/VNA

Voir plus

Un « Môc ban » de la dynastie des Nguyen. Photo: VNA

Patrimoine documentaire : affluence au nouvel espace d’exposition des archives nationales

Plus de 2 000 visiteurs ont découvert, en une semaine seulement après son ouverture à Hanoï, l’Espace de présentation du patrimoine documentaire mondial du Vietnam. À travers des activités interactives autour des « Châu ban » et « Môc ban » de la dynastie des Nguyen, cette initiative vise à rapprocher les archives du public et à valoriser les patrimoines documentaires nationaux, conformément à la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne.

Fête du village de Trieu Khuc : l'éclat de la danse ancestrale des hommes travestis

Fête du village de Trieu Khuc : l'éclat de la danse ancestrale des hommes travestis

Point d’orgue de la fête traditionnelle du village de Trieu Khuc, à Hanoï, la danse ancestrale « Con di danh bong » offre un spectacle captivant où de jeunes hommes travestis exécutent des mouvements gracieux, faisant ainsi revivre un patrimoine séculaire au cœur de la vie moderne. Cette performance unique, riche en émotions, témoigne de la résilience et de la vitalité des traditions culturelles face aux défis contemporains.

Da Nang annonce le calendrier et les tarifs du Festival de feux d’artifice 2026

Da Nang annonce le calendrier et les tarifs du Festival de feux d’artifice 2026

Le Festival international de feux d’artifice de Da Nang (DIFF) 2026 réunira plusieurs des meilleures équipes pyrotechniques mondiales pour des spectacles thématiques, offrant une série de soirées artistiques lumineuses s’étendant sur plus d’un mois.se tiendra du 30 mai au 11 juillet 2026 sur les rives de la rivière Han.

Dans l'enceinte du restaurant Suoi Hen Vuon Dao, la floraison immaculée des fleurs de bauhinie offre un cadre romantique et poétique. Photo : Quang Quyet – VNA.

Son La : la saison de floraison des bauhinies enchante collines et villages

De la fin février au début mars, sur les collines et le long des artères de nombreuses communes et quartiers de la province de Son La (Nord), les fleurs de ban (bauhinie) s’épanouissent d’un blanc immaculé, offrant un paysage romantique et poétique qui attire de nombreux habitants et touristes venus admirer la nature et immortaliser ces instants en photos.

La littérature jeunesse vietnamienne à la conquête du marché mondial

La littérature jeunesse vietnamienne à la conquête du marché mondial

Ces dernières années, la littérature jeunesse vietnamienne, et plus particulièrement le segment des albums illustrés, enregistre des signes extrêmement positifs. De nombreuses œuvres, après avoir séduit le public national, s’imposent désormais sur la scène internationale, grâce à une multiplication des contrats de cession de droits et à l’intérêt croissant des maisons d’édition étrangères.

Des mannequins présentent l'ao dài de la styliste Lan Huong lors de la Semaine de la mode de l’ao dài 2026. Photo : VNA

Les belles marches de l’ao dài sur la scène internationale de la mode

Le projet «Semaine de la mode de l’ao dài» vise à introduire la tunique traditionnelle vietnamienne sur la scène de la mode mondiale. Après Londres, le projet devrait se poursuivre à Paris et à Milan, deux capitales mondiales de la mode, afin de promouvoir davantage l’identité culturelle vietnamienne.

Trinh Van Quyêt, secrétaire du Comité central du Parti et chef de sa Commission de la sensibilisation, de l’éducation et de la mobilisation des masses, remet les prix A aux lauréats. Photo: VNA

Les 8es Prix nationaux du livre récompensent plus de 50 ouvrages exceptionnels

Deux prix A, la plus haute distinction de ces prix, ont été décernés à « Lich su Viet Nam bang hinh » (L’Histoire du Vietnam en images), ouvrage de Dong A et plusieurs auteurs, publié conjointement par la Maison d’édition de l’Université nationale d’éducation de Hanoi et la Société par actions culturelle Dong A.

L'architecte Thibault Fèbrer et la chanteuse Thanh Tâm interprètent la chanson l’air traditionnel « Bèo dat mây trôi» lors du programme. Photo: VNA

Le programme "Couleurs du printemps" promeut la culture vietnamienne en France

Le programme comprenait des mélodies traditionnelles telles que le « dan tinh » (un instrument de musique) et les chants traditionnels «then» de l’ethnie Tày, des chants populaires Quan ho de Bac Ninh, ainsi que des musiques folkloriques du Nord et du Sud du Vietnam, des extraits de «cai luong» (théâtre rénové) et des chansons populaires célébrant la Patrie, le printemps et l’amour.

Des visiteurs à l'exposition. Photo : VNA

Exposition de peintures et de livres « L’âme vietnamienne en France »

Le Club des amis des mers et des îles du Vietnam en France, en coordination avec l’association Huong Sac Vietnam – Europe, a organisé une exposition de peintures et de livres, placée sous le thème « L’âme vietnamienne en France », qui s’est tenue dans l’après-midi du 7 mars (heure locale) au centre culturel Marius Sidobre, dans le Val-de-Marne, région Île-de-France.