Les travailleurs peu qualifiés du Vietnam réticents à la reconversion professionnelle

Le marché du travail vietnamien fait face à un défi majeur : un grand nombre de travailleurs peu qualifiés, bien qu'ayant perdu leur emploi, hésitent à suivre des programmes de formation professionnelle pour se réorienter.

Un travailleur remplit des documents pour demander des allocations de chômage au Centre de services pour l'emploi de Hanoi. (Photo : VNA)
Un travailleur remplit des documents pour demander des allocations de chômage au Centre de services pour l'emploi de Hanoi. (Photo : VNA)

Hanoï, 7 novembre (VNA) – Le marché du travail vietnamien fait face à un défi majeur : un grand nombre de travailleurs peu qualifiés, bien qu'ayant perdu leur emploi, hésitent à suivre des programmes de formation professionnelle pour se réorienter.

Selon le Centre de services pour l'emploi de Hanoï, bien que des allocations de chômage aient été accordées à 8 500 travailleurs en septembre, seulement 204 ont choisi de s'inscrire à une formation professionnelle.

Le directeur adjoint du centre, Vu Quang Thanh, a expliqué que lors des réductions d'effectifs dans les entreprises, celles-ci privilégient souvent la suppression des emplois manuels peu qualifiés et conservent ceux ayant des qualifications plus élevées.

Malgré cela, une majorité de travailleurs licenciés privilégient les allocations de chômage plutôt que de participer à des formations. Vu Quang Thanh a souligné que l'aide financière actuelle pour la formation professionnelle est insuffisante, et que la durée des programmes est souvent trop courte pour avoir un impact durable.

Des travailleurs peu qualifiés, comme Ha Thi No de la ville de Bien Hoa, province de Dong Nai, qui a été licenciée après 13 ans dans l'industrie du bois, affirment qu’il leur est impossible de suivre une formation professionnelle. Ha Thi No, qui occupe actuellement des emplois temporaires, a déclaré : « Apprendre une nouvelle compétence pourrait offrir des opportunités d’emploi, mais je n'ai pas le temps pour une formation. Les coûts supplémentaires de transport et de repas rendent cela impossible. »

D'autres, comme Le Thuan Nam de la même ville, ancien agent de sécurité, ont envisagé de suivre un cours de conduite, mais ont abandonné face aux coûts élevés. « Le cours coûte environ 20 millions de dongs (780 dollars), bien au-dessus du plafond de 9 millions (355 dollars) », a-t-il expliqué.

Même ceux qui sont intéressés par la formation, comme Duong Thi Ngoc, également de Bien Hoa, hésitent à s’inscrire en raison des dépenses supplémentaires. Ngoc, qui avait envisagé de suivre un cours de remise à niveau de quatre mois, se trouve en difficulté financière après avoir perdu son emploi et ne perçoit que 3,5 millions de dongs (138 dollars) d'allocations de chômage mensuelles.

Les experts en emploi plaident pour une révision du système de soutien à la formation professionnelle. Vu Thi Thanh Lieu, directrice adjointe du Centre de services pour l'emploi de Hanoï, estime que l’aide actuelle doit être ajustée pour inclure les indemnités de transport et de repas, afin de rendre les programmes de formation plus accessibles aux travailleurs licenciés.

Selon Lieu, l’aide à la formation professionnelle est plafonnée à 4,5 millions de dongs pour un cours de trois mois, et à 9 millions pour un programme de trois à six mois. Cependant, les coûts de la vie et des formations spécialisées dépassent souvent ces limites, rendant la reconversion professionnelle difficile pour les chômeurs.

Le ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales travaille sur une révision de la loi sur l'emploi, avec des propositions visant à renforcer le soutien à la formation professionnelle, étendre la portée des programmes d'amélioration des compétences, et inclure ceux qui ne bénéficient pas d'allocations de chômage.

Entre 2015 et 2023, selon les données du ministère, seulement 256 350 personnes à travers le pays ont bénéficié d'une aide à la formation professionnelle, soit une moyenne de 28 483 personnes par an.

Les experts suggèrent que pour rendre la formation professionnelle plus efficace, les allocations de chômage devraient être augmentées à 75 % du salaire moyen des six derniers mois avant la perte d'emploi, accompagnées d'un soutien renforcé à la formation et de durées de cours prolongées.

Les révisions de la loi sur l'emploi devraient apporter les ajustements nécessaires pour aider les travailleurs licenciés à se réorienter vers de nouvelles carrières. Cependant, de nombreux travailleurs continuent de faire face à des obstacles pour accéder aux opportunités de formation professionnelle. - VNA

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