Les pressions inflationnistes persistent mais restent contenues

Les habitudes de consommation et les mesures de stabilisation des prix expliquent que l’inflation au Vietnam au premier semestre n’a pas augmenté autant que dans de nombreux autres pays du monde.
Hanoi (VNA) – Les habitudes de consommation et les mesures de stabilisation des prix expliquent que l’inflation au Vietnam au premier semestre n’a pas augmenté autant que dans de nombreux autres pays du monde.
Les pressions inflationnistes persistent mais restent contenues ảnh 1Au premier semestre, l’IPC a augmenté de 2,44% en rythme annuel. Photo : VNA

La pression inflationniste au Vietnam est inférieure à celle des autres pays, selon le vice-ministre du Plan et de l’Investissement, Trân Quôc Phuong. Malgré l’inflation galopante à l’échelle mondiale, l’indice des prix à la consommation (IPC) dans le pays a assez peu augmenté. Au cours des six premiers mois de 2022, l’IPC a crû de 2,44% en rythme annuel.

L’économie nationale est profondément imbriquée au reste du monde et les importations de matières premières dépendent des pays étrangers. L’augmentation du prix des matières premières étrangères entraîne ainsi une hausse des prix sur le marché intérieur, et donc une inflation. En tête de cette augmentation des prix : les carburants, l’acier, les engrais... En revanche, le Vietnam est autosuffisant en nourriture, qui représente 40% du total des biens, ce qui réduit la pression inflationniste.

S’agissant des solutions déployées pour freiner l’inflation, le ministre des Finances, Hô Duc Phoc, a indiqué qu’il était nécessaire de continuer à mettre en œuvre une politique monétaire volontariste et flexible, en étroite coordination avec la politique budgétaire et les autres politiques macroéconomiques. Il faut favoriser le développement des entreprises et des ménages, assurer la sécurité sociale, restructurer l’économie, créer une percée dans les secteurs des infrastructures et de la transformation numérique. “Le cœur de l’économie ne réside pas seulement dans les politiques fiscales et monétaires, mais fondamentalement, ces politiques doivent viser les entreprises et les habitants”, a déclaré le ministre des Finances.

“Le contrôle de l’inflation est un problème mondial aujourd’hui. Les gouvernements et les banques centrales des pays mettent en œuvre de nombreuses mesures de lutte. Notre dépendance aux importations de matières premières est importante, nous sommes donc soumis à une pression inflationniste”, a affirmé la gouverneure de la Banque d’État du Vietnam, Nguyên Thi Hông.

Au cours du premier semestre, l’inflation a toujours été maîtrisée dans le pays, avec seulement 2,44%, une hausse principalement due à l’augmentation des cours mondiaux des matières premières. Actuellement, les enveloppes du programme de relance économique n’ont pas été décaissées. Selon la gouverneure, d’ici la fin de l’année, il sera nécessaire de suivre de près l’avancement du décaissement des enveloppes du programme de relance économique pour aboutir à des mesures de gestion appropriées et conformes à la situation réelle. Il est toujours important de coordonner les politiques monétaires, budgétaires et de contrôle des prix, en particulier quand il s’agit de contrôler l’inflation.

Trois raisons qui freinent l’inflation 

Nguyên Trung Tiên, directeur général adjoint de l’Office général des statistiques, a expliqué les raisons principales permettant au Vietnam de contrôler l’inflation.

Premièrement, la liste des biens et services représentative de l’indice des prix à la consommation est différente selon les pays car elle dépend des habitudes de consommation des ménages. Les structures de ces habitudes varient d’un pays à l’autre. Par exemple, les ménages aux États-Unis et en Europe consacrent une grande partie de leur budget de consommation pour le logement, l’électricité, l’eau, le gaz, les transports, la culture et les loisirs, tandis que les ménages vietnamiens dépensent principalement pour l’alimentation. Le conflit russo-ukrainien a également entraîné une augmentation rapide du prix du pétrole brut, du gaz naturel et du gaz naturel liquéfié. Les États-Unis et les pays occidentaux ayant une grande proportion de leurs dépenses de consommation consacrée aux dépenses énergétiques, leur taux d’inflation est plus élevé qu’au Vietnam.

Deuxièmement, le Vietnam est un pays ayant une offre abondante de produits alimentaires. En plus de répondre pleinement aux besoins de consommation de la population, cela permet également d’exporter vers le monde entier, et ainsi, de stabiliser les prix.

Troisièmement, afin de répondre de manière proactive aux défis d’une pression inflationniste croissante et de limiter les impacts négatifs sur le développement socio-économique, le gouver-nement a ordonné aux ministères, secteurs et localités de mettre en œuvre simultanément des mesures de stabilisation des prix. Les politiques et les mesures financières et monétaires promulguées en temps opportun ont considérablement réduit la pression sur le niveau des prix : stabilisation à des bas niveaux des taux d’intérêt des prêts ; réduction de la taxe sur la valeur ajoutée pour certains groupes de biens et services de 10 à 8% à compter du 1er février 2022 ; réduction de 50% de la taxe sur la protection de l’environnement pour les carburants du 1er janvier au 31 décembre 2022 ; réduction de 37 redevances et charges au cours du 1er semestre. De plus, la gestion des prix des carburants a suivi de près les mouvements des prix mondiaux. Les localités ont renforcé la gestion des prix, et de nombreuses entreprises participent activement au programme de stabilisation.
Les pressions inflationnistes persistent mais restent contenues ảnh 2Les politiques financières et monétaires promulguées en temps opportun ont considérablement réduit la pression inflationniste. Photo : VNA
Résultats satisfaisants

De nombreuses organisations internationales ont hautement apprécié les efforts du Vietnam pour contrôler l’inflation. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que l’inflation au Vietnam cette année serait d’environ 3,9%, soit toujours en dessous de l’objectif de contrôle du gouvernement de moins de 4%.  Selon son évaluation, les politiques prudentes du pays pendant la pandémie de COVID-19 ont contribué à maintenir une période de forte croissance, des prix stables et une faible dette publique. Le PIB devrait croître de 6% et l’inflation serait de 3,9% cette année. “Malgré la récente hausse de l’inflation, due à la hausse des prix des matières premières et aux ruptures d’approvisionnement, ce chiffre reste assez bas par rapport au plafond fixé par la Banque d’État. La raison en est que l’activité économique n’a pas complètement reprise, les approvisionnements alimentaires sont relativement stables et les prix restent sous contrôle”, a indiqué le FMI.

Ce commentaire coïncide également avec l’évaluation de la Banque mondiale (BM) dans son rapport sur la situation macroéconomique du Vietnam mis à jour en juin 2022. La BM a évalué que l’inflation du pays a légèrement augmenté mais reste nettement inférieure à l’objectif de contrôle inférieur à 4% du gouvernement. La flambée des prix des carburants est le principal moteur de l’inflation. Les prix des denrées alimentaires ont également tendance à augmenter, mais légèrement.

La Banque UOB de Singapour vient de publier son rapport sur la croissance économique et les prévisions pour les marchés dans les prochains trimestres, selon lequel, le PIB du Vietnam pourrait atteindre 6,5% et le taux d’inflation resterait à 3,7% en 2022. L’inflation pourrait atteindre 5% en 2023, en raison de nombreux risques. 

Le 6 juillet, la banque HSBC a également prévu que l’inflation au Vietnam serait en moyenne de 3,5 % cette année. Cependant, ce chiffre peut dépasser le plafond de 4% à un moment donné, nécessitant une normalisation de la politique monétaire.

Dans le rapport intitulé “Vietnam : Forte reprise dans un contexte de turbulence externe”, le Bureau de recherche macroéconomique de l’ASEAN 3 (AMRO) a évalué que l’inflation devrait rester au-dessous de 3,5% cette année. L’AMRO a attribué cela au Fonds de stabilisation des prix des carburants et à la bonne gestion des prix qui permettent de compenser les pressions résultant de la flambée des prix mondiaux de l’énergie. – CVN/VN A

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