Les Hauts Plateaux du Centre s’engagent pour la défense de leurs éléphants

Les éléphants, autrefois symboles de puissance et de richesse pour les ethnies des Hauts Plateaux du Centre, sont aujourd’hui menacés. Face à la chasse et à l’exploitation touristique, les communautés locales se battent pour protéger ces pachydermes.

Un éléphant de Buôn Dôn, province de Dak Lak, sur les Hauts Plateaux du Centre. Photo : CVN
Un éléphant de Buôn Dôn, province de Dak Lak, sur les Hauts Plateaux du Centre. Photo : CVN

Hanoi (VNA) – Les éléphants, autrefois symboles de puissance et de richesse pour les ethnies du Tây Nguyên (Hauts Plateaux du Centre), sont aujourd’hui menacés. Face à la chasse et à l’exploitation touristique, les communautés locales se battent pour protéger ces précieux pachydermes.

Pour les ethnies indigènes des Hauts Plateaux du Centre du Vietnam, notamment les Mo Nông et les Ê Dê, l’éléphant n’est pas qu’un animal. Il est un membre de la famille, un être sacré, incarnation du dieu protecteur “Nguăch Ngual”, qui veille sur le village. Les éléphants symbolisent la force et le statut, et leur présence est honorée par des rituels particuliers : bénédictions pour leur santé, cérémonies de mariage, et même des rites funéraires élaborés à leur décès.

Quand un éléphant meurt, il est interdit pour tout le village de jouer des gongs, de boire de l’alcool ou de chanter. Les villageois interrompent leurs activités agricoles pour organiser des funérailles dignes d’un membre de la communauté. Pour exprimer leur chagrin, les Mo Nông chantent une comptine qui souligne l’importance de chaque animal, de chaque être : “Le poulet mort doit être enterré/Le cochon mort doit être enterré/Le chien mort doit être enterré/La vache morte doit être enterrée/Le buffle mort doit être enterré/L’éléphant mort doit construire une étable/Le héros tombé doit être sculpté en statue”.

Par respect, ils s’abstiennent de consommer ou d’utiliser des produits dérivés de l’éléphant et suivent des règles strictes pour éviter de perturber l’équilibre spirituel entre l’animal et le village.

Pourtant, cette relation millénaire est aujourd’hui mise à mal. Les éléphants domestiqués, jadis essentiels aux communautés, sont de plus en plus rares, victimes de la surexploitation et des attaques de braconniers.

Diminution alarmante

À Buôn Đôn, dans la province de Dak Lak, les histoires d’attaques d’éléphants choquent encore les esprits. En 2010, un éléphant mâle nommé Pac Ku a été brutalement mutilé par des braconniers qui, malgré les mesures de protection en place, ont réussi à l’attaquer pour ses précieuses défenses. La même année, en mai, l’éléphante H’Panh, une femelle de 55 ans originaire de Buôn Đôn, a trouvé la mort après être tombée dans un piège tendu par des braconniers alors qu’elle se nourrissait en liberté dans la forêt.

En deuil des deux éléphants, les villageois ont organisé des funérailles et leur ont construit une tombe selon les coutumes du village. Leurs tombes sont situées l’une à côté de l’autre dans la zone touristique de Buôn Dôn et sont devenues l’une des attractions célèbres rappelant la “tragédie” des éléphants des Hauts plateaux du Centre, et alertant au sujet du braconnage des éléphants.

En l’espace de trois décennies, la population d’éléphants sauvages a dramatiquement chuté, passant d’environ 2.000 individus dans les années 1990 à moins de 150 aujourd’hui, répartis sur huit provinces : Son La (Nord), Nghê An, Hà Tinh, Quang Nam (Centre), Dak Lak, Dak Nông (hauts plateaux du Centre), Dông Nai, Binh Phuoc (Sud).

Pour les éléphants domestiqués, les chiffres sont tout aussi alarmants : dans la province de Dak Lak, où vivaient 502 éléphants en 1980, seuls 30 sont encore en vie, soit un déclin de plus de 90%.

Cette chute vertigineuse est attribuée à plusieurs facteurs. Une diminution de la surface de forêt naturelle, d’une part, réduit les zones de refuge et d’alimentation des éléphants. Par ailleurs, l’exploitation des éléphants dans le secteur du tourisme a entraîné une dégradation de leur santé.

Stimuler l’éco-tourisme

fetes-des-elephants-de-buon-don.jpg
Les fêtes des éléphants de Buôn Dôn, dans la province de Dak Lak, attirent toujours une foule de visiteurs. Photo: CVN

Face à l’urgence de la situation, la province de Dak Lak a pris des mesures pour préserver cette espèce emblématique. En 2010, elle a lancé un projet de conservation des éléphants et a depuis créé un centre dédié à leur préservation. Ce centre a pour objectif de protéger non seulement les éléphants, mais aussi leurs habitats naturels.

En collaboration avec l’organisation Animals Asia, le Parc national de Yok Dôn a introduit en 2018 un modèle de tourisme écologique, encourageant une approche respectueuse de l’animal. Cette initiative remplace les activités traditionnelles de “balade à dos d’éléphant” par des expériences d’observation respectueuses, où les visiteurs peuvent admirer les éléphants dans leur environnement naturel sans interférer avec leur bien-être.

Les efforts de sensibilisation à la préservation de l’espèce ont également permis d’éduquer les communautés locales et les touristes sur l’importance de respecter les éléphants. Désormais, des activités comme les parades d’éléphants, les courses ou encore le football d’éléphants, autrefois populaires, sont progressivement abandonnées au profit de spectacles célébrant la beauté de ces animaux et leur place dans la culture locale.

Aujourd’hui, Yok Dôn est devenu le premier Parc national du pays à offrir un modèle de tourisme axé sur le bien-être animal, attirant des visiteurs soucieux de l’environnement et de la protection des éléphants. Le soutien de la communauté internationale à travers des dons et des aides techniques aide également à financer la conversion vers un modèle plus durable, permettant aux familles locales de générer des revenus sans recourir à des pratiques d’exploitation intensive.

Les éléphants, surnommés les “géants des forêts”, retrouvent lentement leur place sacrée dans les Hauts plateaux du Centre grâce aux efforts combinés des autorités, des organisations de conservation et des habitants. – CVN/VNA

source

Voir plus

La Journée météorologique mondiale souligne l'importance cruciale des données d'observation hydrométéorologique et environnementale pour la protection des actifs, des vies humaines et des écosystèmes face à l'intensification des risques climatiques. Photo: VNA

Le Vietnam célèbre les Journées mondiales de l’eau et de la météorologie 2026

La Journée météorologique mondiale, qui se tiendra le 23 mars 2026 sous le thème «Observer aujourd'hui, protéger demain», souligne l'importance cruciale des données d'observation hydrométéorologique et environnementale pour la protection des actifs, des vies humaines et des écosystèmes face à l'intensification des risques climatiques.

Une vague de chaleur guette le Nord cette semaine. Photo: VNA

Le Nord et le Centre s’apprêtent à connaître un bref pic de chaleur

À partir du 17 mars, avec l’affaiblissement continu de l’air froid et l’extension vers l’est de la zone de basse pression située à l’ouest, les précipitations devraient cesser en grande partie dans le Nord du pays. Le soleil fera son retour et les températures augmenteront progressivement dans les jours suivants.

Hanoï mise sur la technologie Pipe Jacking pour réhabiliter ses rivières urbaines

Hanoï mise sur la technologie Pipe Jacking pour réhabiliter ses rivières urbaines

Le projet de réhabilitation des systèmes fluviaux des rivières Lu et Tô Lich franchit une étape importante grâce à l’application de la technologie moderne de forage par fonçage souterrain (Pipe Jacking), d’origine allemande. Cette méthode permet de réaliser les travaux en toute sécurité tout en préservant les infrastructures urbaines environnantes. La maîtrise de solutions scientifiques et technologiques avancées permet non seulement de collecter jusqu’à 75 000 m³ d’eaux usées par jour vers la station d’épuration de Yen Xa Wastewater Treatment Plant, mais aussi de concrétiser l’objectif de redonner vie aux rivières urbaines.
Au-delà de l’amélioration du système d’assainissement, ce projet illustre la volonté de promouvoir un développement urbain durable, en contribuant à la construction d’une ville numérique, verte et respectueuse de l’environnement.

Le vice-Premier ministre Tran Hong Ha reçoit Ramla Khalidi, représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), et Angela Pratt, représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Vietnam. Photo: VNA

Le Vietnam renforce sa coopération avec le PNUD et l’OMS pour améliorer la qualité de l’air

Soulignant la coopération étroite entre le Vietnam et le PNUD et l’OMS, le vice-Premier ministre Tran Hong Ha a salué le rôle et les contributions importantes des deux organisations internationales dans l’édification et le développement du pays ces derniers temps, notamment le perfectionnement des politiques publiques, la réforme institutionnelle et la promotion des programmes de développement durable au Vietnam.

Les Gamma Normides sont une pluie de météores très faible, souvent éclipsée par des pluies de météores plus actives comme les Léonides. Photo : medium.com

Le ciel vietnamien attend un essaim de météores Gamma Normides

Comme toutes les pluies d’étoiles filantes, les Gamma Normides se forment lorsque la Terre, lors de sa révolution annuelle autour du Soleil, traverse un nuage de débris, composé de poussières et de grains rocheux laissés dans l’espace par le passage d’une comète ou d’un astéroïde.

Promotion de la riziculture à faibles émissions associée à la croissance verte dans le delta du Mékong. Photo: VNA

Promouvoir une croissance verte adaptée au changement climatique

Dans un contexte où le Vietnam accélère sa transition vers un modèle de développement durable, la promotion de la croissance verte s’impose comme un levier stratégique pour concilier expansion économique, protection de l’environnement et adaptation au changement climatique. À travers des politiques nationales et des initiatives locales, notamment dans la province de Son La, cette orientation se concrétise par le développement d’une agriculture verte, d’une économie circulaire et d’un écotourisme durable.

Photo: The Edge Singapore

L'Asie du Sud-Est face à un début d'été anormalement chaud

L'Asie du Sud-Est s'apprête à connaître un début d'été plus chaud que la normale, ce qui pourrait accroître la demande en électricité et mettre à rude épreuve les réseaux électriques, alors même que le conflit au Moyen-Orient a fragilisé l'approvisionnement énergétique de la région.

Le professeur Hoang Chung Tham, de l’Université d’Auburn, s'exprime. Photo: baomoi.com

Des représentants de 22 pays participent à la 5e Conférence internationale sur la pollution de l’environnement

Près de 90 scientifiques et experts en environnement venus de 22 pays participent à la 5e Conférence internationale sur la pollution de l’environnement (ICEPORM), organisée à Gia Lai, afin de partager les résultats de recherche, discuter des défis environnementaux actuels et promouvoir la coopération scientifique pour une gestion durable de l’environnement.

Le phénomène climatique naturel El Niño pourrait se reformer durant la seconde partie de l'année 2026 et potentiellement pousser les températures à de nouveaux niveaux records. Photo d'illustration: baochinhphu.vn

El Niño pourrait revenir en 2026 et faire bondir plus les températures

Les observations actuelles montrent que la phase faible de La Niña s’affaiblit progressivement. Les anomalies de température de surface de la mer dans le Pacifique central indiquent que le système ENSO devrait évoluer vers des conditions neutres entre mars et mai 2026, avant de basculer progressivement vers une phase chaude de juin à août.

Le Fuligule nyroca (Aythya nyroca), un petit canard plongeur, dans l'écosystème de zones humides intérieures de la lagune de Hac Hai. Photo : Parc national de Phong Nha - Ke Bang

Quatre espèces d’oiseaux rares vues au parc national de Phong Nha-Ke Bang

Le conseil de gestion a annoncé mercredi 4 mars que, dans le cadre d’un projet scientifique et technologique provincial de recensement des espèces d’oiseaux sauvages dans le parc et les zones ornithologiques clés de l’ancienne province de Quang Binh (désormais intégrée à Quang Tri), les chercheurs ont identifié quatre espèces non répertoriées auparavant dans les données aviaires locales.