Les fusions-acquisitions bancaires sous la loupe d’experts

Les banques commerciales sont soumises à rude pression pour renforcer leur capacité financière, en conformité avec les normes prudentielles Bâle II. Nombre d’entre elles pensent aux fusions-acquisitions.

Hanoi (VNA) - Les banques commerciales sont soumises à rude pression pour renforcer leur capacité financière, en conformité avec les normes prudentielles Bâle II. Bon nombre d’entre elles pensent aux fusions-acquisitions. Évaluations d’experts.

Les fusions-acquisitions bancaires s’accélèrent

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- Le Dr. Vo Tri Thành, membre du Conseil consultatif national sur les politiques monétaire et financière

Au Vietnam, les fusions-acquisitions dans le secteur bancaire ne datent pas d’hier. Cependant, ce phénomène émerge de nouveau car le marché dispose de nouveaux "catalyseurs" le favorisant. Premièrement, il y a la nécessité d’augmenter les fonds propres des banques commerciales pour se conformer aux normes prudentielles de Bâle II (1). Deuxièmement, l’accélération pour les banques en difficulté de la restructuration associée au traitement des créances douteuses. Cette politique soutenue par le gouvernement vietnamien encourage les investisseurs et les institutions financières étrangers à penser aux possibilités de rachat des banques commerciales vietnamiennes les plus fragiles.

En effet, des investisseurs étrangers viennent au Vietnam pour chercher des opportunités d’investissement dans le secteur bancaire et proposer de participer à la restructuration du système. Selon moi, la tendance de fusions-acquisitions se confirmera cette année avec la participation active d’investisseurs étrangers. Mais, même si les banques savent qu’une fusion-acquisition réussie peut leur permettre d’augmenter leur capital, la prise de décision pour s’engager n’est jamais simple. En effet, le temps, les procédures et les efforts nécessaires pour parvenir à un accord sont relativement colossaux.

Aussi, le calcul du montant de la fusion-acquisition reste un frein majeur pour les banques. Il existe de nombreuses modalités, comme celle s’appuyant sur la valeur des titres boursiers de la banque ou de ses perspectives de développement. Déterminer un montant adéquat dépend bien sûr de l’accord entre l’acheteur et le vendeur. Et pour cette période, il me semble judicieux de le baser sur les perspectives d’avenir de la banque.

Nécessité de rajuster le cadre juridique

Les fusions-acquisitions bancaires sous la loupe d’experts ảnh 2

- Le Dr. Bùi Quang Tin, directeur général exécutif de l’École des hommes d’affaires BizLight

L’un des problèmes majeurs du système bancaire actuel est la nécessité d’augmenter les fonds propres. D’ici 2020, les banques commerciales devront atteindre leur ratio d’adéquation, calculé sur le rapport entre les fonds propres et le total des actifs (Capital adequacy ratio). Un taux fixé en conformité avec la circulaire No41 promulguée en 2016 par la Banque d’État du Vietnam. Plus concrètement, cette circu-laire demande aux banques commerciales de respecter les normes prudentielles Bâle II. Elle stipule que chacune doit garantir un ratio d’adéquation des fonds propres/actifs de 8% minimum.

Actuellement, bon nombre d’établissements détiennent un ratio inférieur à 8%, les obligeant à lever des fonds propres. Une pression qui pèse sur les banques, notamment celles de petite envergure qui devront envisager la fusion-acquisition si elles veulent rentrer en conformité avec les normes prudentielles Bâle II. Raison pour laquelle cette activité bat son plein cette année par rapport aux années précédentes. Je remarque que de nombreuses banques sont en pleine mutation.

Néanmoins, je pense que les fusions-acquisitions dans le secteur bancaire au Vietnam sont très limitées. En effet, la loi n’autorise la fusion qu’entre banques commerciales. En cas d’acquisition, un établissement n’a la possibilité d’acheter que les actifs, les droits et les obligations, les intérêts légitimes des sociétés financières ou des compagnies de crédit-bail. Il n’a pas le droit de racheter une banque dans sa totalité.

À l’instar du Canada, sa loi n’est pas limitée. Elle permet à tous types d’entreprises d’acquérir une partie ou la totalité des actions d’une banque, avec la permission du gouverneur de la Banque centrale du Canada. Je pense que dans cette démarche, il est nécessaire d’étudier les lois de plusieurs pays pour entreprendre des modifications conformes aux conditions de notre pays. L’une d’entre elles portera sur les changements éventuels pour que les banques puissent réaliser des fusions partielles comme dans les autres pays, sans pour autant fusionner à 100%.

Les fusions-acquisitions bancaires sous la loupe d’experts ảnh 3Même si les banques savent qu’une fusion-acquisition réussie peut leur permettre d’augmenter leur capital, la prise de décision n’est jamais simple. Photo: VNA

 
Pour éclaircir mon propos, voici un exemple: une banque commerciale A veut racheter son homologue B de plus petite envergure. La première vise le secteur du service client de la deuxième sans s’intéresser à l’activité du crédit. A et B décident alors de fusionner leur service client. Ensuite, elles pourront alors opérer une restructuration interne avant de parvenir ultérieurement à la fusion totale.

Les fusions-acquisitions réalisées de manière partielle visent à augmenter la valeur de chaque transaction. Lorsque ces opérations fonctionnent conformément au mécanisme de marché, elles seront pertinentes et efficaces. Une solution concrète pour améliorer l’état de "santé" des petites banques commerciales. – CVN/VNA

Note: (1) Les normes Bâle II (le second accord de Bâle) constituent un dispositif prudentiel destiné à mieux appréhender les risques bancaires et principalement le risque de crédit ou de contrepartie et les exigences, pour garantir un niveau minimum de capitaux propres, afin dassurer la solidité financière. Ces normes, qui devraient remplacer celles de Bâle I (en 1988), visent notamment à la mise en place du ratio d’adéquation entre les fonds propres et les actifs./.

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