Hanoï (VNA) - Les exportations de fruits et légumes du Vietnam ont démarré l’année 2026 sur un rythme exceptionnel. En parallèle de l’élargissement de ses marchés, le secteur met l’accent sur des piliers stratégiques : traçabilité, gestion des codes de zones de culture, développement de la transformation approfondie et structuration des zones de matières premières.
Ces fondements sont désormais considérés comme indispensables pour surmonter les barrières techniques de plus en plus strictes, établir de nouveaux records et se rapprocher de l’objectif ambitieux de 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’exportation cette année.
Selon les données du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, le chiffre d’affaires à l’exportation du secteur a atteint environ 1,09 milliard de dollars au cours des deux premiers mois de 2026, enregistrant une hausse de 59,5 % en glissement annuel. La Chine confirme sa position de principal consommateur, absorbant 58,3 % de la valeur totale, suivie par les États-Unis (7,5 %) et la République de Corée (3,9 %). La progression vers ces marchés clés est spectaculaire : en janvier 2026, les exportations vers la Chine ont plus que doublé, tandis que celles destinées aux États-Unis et à la République de Corée ont respectivement augmenté de 56 % et 36 %.
Ces performances reflètent la vigueur de la demande mondiale pour les produits vietnamiens, malgré un contexte commercial international incertain. Selon Dang Phuc Nguyên, secrétaire général de l’Association des fruits et légumes du Vietnam (VINAFRUIT), outre l’augmentation des volumes, la qualité et le respect des normes internationales se sont nettement améliorés. La gestion des codes de zones de culture et des installations de conditionnement se professionnalise, facilitant la traçabilité.
En conséquence, le nombre de cargaisons ayant fait l'objet d'avertissements sur les résidus de pesticides a considérablement diminué sur les marchés exigeants. Par ailleurs, la part des produits transformés comme les fruits séchés, surgelés ou les jus a progressé de plus de 15 % depuis 2021, augmentant la valeur ajoutée et réduisant la dépendance aux exportations de produits frais.
Le durian demeure un moteur de croissance majeur, avec une production prévue en hausse de 10 à 12 %. Les entreprises diversifient leurs marchés en exportant davantage de produits transformés vers le Japon et les États-Unis. La noix de coco s’affirme également comme le « fruit du futur » : adaptée au changement climatique, elle offre une durée de conservation pouvant atteindre 80 jours, facilitant ainsi les transports longue distance. Ce produit s’inscrit parfaitement dans une logique d’agriculture verte et d’économie circulaire.
Le ministère expérimente actuellement un système de traçabilité numérique, débutant par le durian, afin de créer une chaîne de données transparente. Le vice-ministre Tran Thanh Nam souligne que la conformité aux exigences de développement durable et de réduction des émissions est désormais un impératif pour accéder aux marchés internationaux. Pour pérenniser ces succès, la priorité reste la sécurisation et le développement de zones de matières premières stables, garantissant un approvisionnement qualitatif et durable pour la transformation et l’exportation. -VNA