Les femmes dans l’espace public au Vietnam

La place des femmes dans l’espace public reste une question à part entière, même au Vietnam. Pour Nguyên Dac Nhu Mai, Docteur en lettres et sciences humaines, les société sont en passe de changer.
Les femmes dans l’espace public au Vietnam ảnh 1Lors du 25e Sommet mondial des femmes, tenu le 14 mai 2015 à Sao Paulo, au Brésil, la vice-présidente de la République, Nguyên Thi Doan (droite) s’est vu remettre le prix «Leadership mondial des femmes» pour ses efforts visant à accroître le rôle des femmes. Photo : VNA

Hanoi (VNA) - La place des femmes dans l’espace public reste une question à part entière, même au Vietnam. Pour Nguyên Dac Nhu Mai, Docteur en lettres et sciences humaines, malgré de nombreux obstacles, les sociétés sont en passe de changer.

Dans un article de 2014, une journaliste du Monde avait écrit : «la rue serait-elle devenue un univers masculin ? Avec ses commerces, ses cafés, ses squares et ses terrains de jeux, l’espace public apparaît ouvert et mixte. Pourtant, plusieurs études et expériences montrent que la ville demeure un lieu sexué. Et où des +murs invisibles+ sont dressés à l’encontre de celles qui tentent d’y évoluer». Une citation qui garde encore tout son sens, en 2016.

Si la France a laissé percer sur le devant de la scène politique des ministres de la diversité avec entre autres Fleur Pellerin ou Najat Vallaud-Belkacem, au Vietnam les femmes ont certainement pris une impulsion dans les domaines sociaux, économiques et politiques depuis la fin des deux guerres contre la France et les États-Unis.

Certains écarts vus à la baisse

La condition et l’égalité des femmes au Vietnam se sont nettement améliorées, grâce aux acquis socio-économiques généraux attribuables aux réformes du milieu des années 1980. Les femmes sont maintenant presque au même niveau que les hommes en termes d’alphabétisation, ce qui constitue une amélioration remarquable par rapport au passé, où deux tiers seulement des femmes âgées de 50 ans et plus savaient lire et écrire.

Au cours des ans, les écarts entre hommes et femmes en termes de niveau d’éducation ont nettement diminué. Au sein des populations de 55 ans et plus, les hommes sont en général cinq fois plus nombreux à posséder un diplôme. Mais au sein des groupes plus jeunes, le taux applicable aux hommes ne représente plus qu’une fois et demie celui des femmes.

Cet avantage se fait également sentir au niveau des revenus comparés entre les hommes et les femmes. Selon les résultats des enquêtes, les revenus des hommes sont généralement une fois et demie plus élevés que ceux des femmes. Bien que les femmes aient atteint une plus grande égalité avec les hommes au sein de la population active, ceci ne s’accompagne pas toujours d’une égalité en termes de rémunération. Cette question est extrêmement complexe, en raison des types de carrière que les hommes et les femmes tendent à poursuivre, des diplômes acquis, du travail à temps complet ou à temps partiel et du fait que les hommes occupent traditionnellement des postes plus élevés.

Les femmes dans l’espace public au Vietnam ảnh 2L’agrégée Truong Hai Nhung dans son laboratoire. Photo : VNA

Cependant, l’inégalité entre les sexes demeure encore une réalité. En dépit des taux élevés d’alphabétisation des femmes, leurs niveaux d’éducation restent inférieurs à ceux des hommes, une disparité qui s’accentue au fil des diplômes. Le pourcentage de femmes âgées de 15 ans et plus qui ne sont jamais allées à l’école est près du triple de celui des hommes. Et les fillettes semblent aussi arriver plus tôt sur le marché du travail, sans doute parce qu’elles abandonnent prématurément leur scolarité.

La place des scientifiques vietnamiennes

Les Vietnamiennes non seulement représentent une part pratiquement égale de la population active, mais aussi elles ont acquis une présence croissante dans les affaires nationales depuis la Réunification en 1976. Le Vietnam a maintenant le pourcentage le plus élevé de femmes membres du parlement en Asie.

Cependant, c’est dans le domaine scientifique que les Vietnamiennes peinent à se faire un nom. Si on ajoute les défis auxquels les scientifiques vietnamiennes doivent faire face tels que la lutte contre la faim et la pauvreté aux préjugés sexistes existants, c’est presque mission impossible.

Cependant, en septembre dernier, 72 jeunes  scientifiques âgés de moins de 35 ans ont rencontré le Premier ministre Nguyên Tân Dung. Parmi eux, dix femmes dont, en particulier, l’agrégée Truong Hai Nhung. Elle était notamment la plus jeune des femmes scientifiques ayant eu l’honneur de rencontrer le Premier ministre.

Née en 1985, Nhung est enseignante au Département de zoologie et de physiologie animale de l’Université des sciences naturelles de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville. Elle a déjà à son actif 9 sujets et projets scientifiques dans les biotechnologies et cellules souches, 22 articles publiés dans des revues internationales et 12 interventions dans des conférences internationales.

La technologie des cellules souches est cependant un secteur encore peu connu au Vietnam, rendant difficile la collecte de fonds et l’équipement des laboratoires. Et c’est sans oublier que la recherche scientifique demande un certain don de soi, où il est difficile pour une femme mariée de concilier travail et famille.

Malgré de nombreux obstacles, il est évident que la femme dans l’espace public a un impact particulièrement important aussi bien en France qu’au Vietnam.  Le droit doit contribuer à faire reculer les obstacles de l’évolution des femmes dans l’espace public notamment en politique et dans les sciences. -CVN/VNA

Voir plus

Le vice-Premier ministre Hô Quôc Dung préside la réunion consacrée à l’examen de la mise en œuvre du programme cible national d’édification de la nouvelle ruralité, de réduction durable de la pauvreté et de développement socio-économique des zones minoritaires ethniques et montagneuses pour la période 2026-2035. Photo: VNA

Les investissements doivent viser les volets essentiels du Programme cible national

Pour la période 2026-2030, le vice-Premier ministre Hô Quôc Dung a insisté sur la nécessité de donner la priorité aux ressources destinées aux minorités ethniques, aux régions montagneuses, frontalières et insulaires, en se concentrant sur des domaines essentiels tels que l’eau potable, les terres agricoles, les soins de santé, l’éducation et le logement, tout en évitant les investissements fragmentés.

Vue d’ensemble du projet du Musée de Truong Sa. Photo: VNA

Approbation du projet de construction du Musée de Truong Sa

Les autorités de Khanh Hoa ont approuvé le projet de construction du Musée de Truong Sa, un ouvrage destiné à renforcer l’éducation patriotique et la sensibilisation à la défense de la souveraineté maritime et insulaire du Vietnam. Entièrement financé par Vinhomes, le projet devrait être achevé au premier trimestre 2028.

Photo: vnexpress.net

En pleine forêt d’U Minh Ha, une expérience touristique bourdonnante

La forêt de mélaleucas d’U Minh Ha, d’une superficie d’environ 35 000 hectares dans la province de Ca Mau (Sud), est un lieu où les abeilles à miel viennent nicher en grand nombre à chaque saison de floraison. L’écosystème caractéristique de cette zone humide constitue la source du célèbre miel forestier du delta du Mékong.

20 types de bases de données nationales

20 types de bases de données nationales

La décision n° 11/2026/QD-TTg du 28 mars 2026 du Premier ministre promulgue la liste des bases de données nationales. Celle-ci comprend 20 types de bases de données nationales.

Le vice-ministre des Sciences et de la Technologie, Lê Xuân Dinh, prononce le discours d'ouverture, à Hanoi, le 21 avril. Photo : VNA

Le concours d’innovation scientifique s’ouvre aux Vietnamiens de l’étranger

En réponse à la Journée mondiale de la créativité et de l’innovation 2026, ce concours offre une plateforme aux individus et aux équipes de tout le pays passionnés par la recherche, la créativité et l’application pratique des sciences, tout en promouvant un mouvement de recherche scientifique au sein de la communauté, en particulier chez les jeunes.

La bibliothèque du lycée Kim Lien. Photo: VNA

Diffuser les valeurs du livre et poser les bases d’une société apprenante

À l’occasion de la Journée du livre et de la culture de la lecture (21 avril), le Vietnam intensifie ses efforts pour promouvoir l’habitude de lire et bâtir une société apprenante. Des initiatives variées, portées par les écoles, les éditeurs et les communautés, contribuent à ancrer durablement la lecture dans la vie quotidienne, malgré des défis persistants face à l’ère numérique.

Image du site web de l’Agence météorologique japonaise montrant l’alerte au tsunami après le séisme, le 20 avril 2026. Photo: Kyodo/VNA

Séisme au Japon : la communauté vietnamienne confirmée en sécurité

S’agissant de la communauté vietnamienne au Japon, les opérations de suivi et d’assistance ont été mises en œuvre sans délai. Selon Phan Tien Hoang, premier secrétaire et chef du bureau de gestion du travail de l’ambassade du Vietnam au Japon, des contacts ont été établis avec plusieurs syndicats dans les zones touchées, confirmant que tous les travailleurs vietnamiens étaient en sécurité.

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président de la République, To Lam, et les députés de la 16e législature issus des minorités ethniques. Photo: VNA

Le dirigeant To Lam appelle à renouveler en profondeur la pensée sur le travail ethnique

La grande union nationale constituait une ligne stratégique constante et une source déterminante de toutes les victoires, a souligné le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président de la République, To Lam, lors d’une rencontre tenue le 20 avril à Hanoï avec les députés de la 16e législature issus des minorités ethniques.

Des participants au programme "Le vietnamien au cœur de Kyushu, au Japon". Photo: VNA

Au Japon, la communauté vietnamienne s’engage pour transmettre sa langue aux jeunes générations

Malgré l’augmentation rapide du nombre d’enfants d’origine vietnamienne au Japon, l’usage du vietnamien tend à reculer. Beaucoup d’enfants comprennent la langue, mais répondent systématiquement en japonais. À Hiroshima, Kumamoto ou Okinawa, les parents constatent avec inquiétude que la langue maternelle devient progressivement une "langue secondaire" au sein même du foyer.